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ACIDE ACETIQUE .

ACIDE ACÉTIQUE .

fondes et de forme hémisphérique. Pendant tout letemps que la chaleur se maintient à peu près à 250 à300° centigrades, la masse en fusion doit être soigneu-sement remuée avec des râbles, opération qui dureenviron vingt-quatre heures pour 500 kilogrammes dematières. On doit éviter avec le plus grand soin d’éle-ver la température au point de décomposer l’acétate,et s’assurer que la chaleur est également distribuée ;car si un seul point de la masse entre en décomposi-tion, celle-ci se propage avec une si grande rapidité,qu’il devient excessivement difficile d’en arrêter lesprogrès et d’empêcher la destruction de la totalité dela charge. La chaleur ne doit jamais devenir assez fortepour qu’il se dégage la moindre fumée, même lorsquetout l’acétate est liquéfié. Lorsqu’il ne se forme plusd’écume à la surface et que la masse coule comme del’huile, l’opération est terminée; on laisse alors re-froidir en bloc, ou bien on coule dans des moules, cequi est préférable.

On dissout ensuite l’acétate torréfié dans l’eau et onen sépare la matière charbonneuse, provenant de la dé-composition du goudron, par filtration, ou en faisantbouillir la dissolution jusqu’à ce qu’elle ait été ramenéeà la densité de 1,11 4 ; alors la matière charbonneusetombe au fond; et en évaporant le liquide clarifié, onobtient un acétate parfaitement pur, qui donne de ma-gnifiques cristaux incolores par le refroidissement. Danscet état de pureté, on le décompose par l’acide sulfu-lique pour en séparer l’acide acétique.

Cette dernière opération, quoique simple en appa-rence, n’en exige pas moins beaucoup de soins et d’a-dresse. L’acétate do soude cristallisé et broyé est misdans une chaudière de cuivre, et on verse par-dessusde l’acide sulfurique à la densité de -1,842, en quantitésuffisante (environ *35 p. 100 du sel employé) pourdécomposer, sinon tout, du moins presque tout l’acé-tate. On laisse réagir entre elles les matières en pré-sence. L’acide acétique se sépare par degrés de sa com-binaison et vient à la surface. La plus grande partie dusulfate de sonde, qui résulte de la réaction, tombeau fond sous forme pulvérulente ou en petits cristauxgranulés; une autre portion reste dissoute dans le li-quide, qui a alors une densité spécifique de 1,08. Parla distillation, on sépare ce sulfate, et on obtient fina-lement dans le récipient un acide acétique ayant unepesanteur spécifique de 1,05, d’un goût et d’une odeuragréables, quoique vers la fin il passe un peu cmpyrcu-matique et coloré; c’est pourquoi on doit recueillir àpart les derniers produits de la distillation.

L’acide destiné aux usages culinaires doit être dis-tillé dans un alambic dont le chapiteau et le serpentinsont d’argent; et pour l’avoir parfaitement pur, ondoit le clarifier avec un peu de noir animal bien lavé.On l’obtient ordinairement ainsi assez concentré, maissi l’on désire l’avoir dans un plus grand état de con-centration, il suffit de le distiller sur du chlorure de cal-cium. On peut ensuite faire congeler l’acide ainsi con-centré, et la portion qui cristallisera sera celle qui aurale plus de force. On décantera, et les cristaux obtenusse fondront si on les expose à une température de 15 à21° centigrades. On répète l’opération jusqu’à ce quel’acide se congèle sans résidu à la température de 12 à13° degrés centigrades ; il a alors atteint son maximumde concentration et sa densité est de 1,063.

Nous ajouterons une observation sur le mode indiquéplus haut pour décomposer l’acétate de soude par l’acidesulfurique, et qui est assez délicat. Si on verse l’acidesulfurique par petites quantités à la fois, il se dégage desvapeurs acides tellement irritantes que les ouvrierssont obligés de quitter l’atelier. On prévient cet incon-vénient en versant tout l’acidc sulfurique à la fois, ilgagne alors le fond de la chaudière, et ne décomposeque la portion d’acétate qui est en contact avec lui. La

chaleur qui sc dégage par suite de la réaction se distri-bue dans toute la masse, et ne produit plus aucun clfetsensible.

On n’a pu jusqu’ici obtenir l’acide acétique anhydre,et l’acide le plus concentré que l’on puisse préparerrenferme encore un équivalent d’eau, ou 14,86 pour 100en poids. Les procèdes que l’on suit pour préparer l’a-cide acétique concentré tendent quelquefois à le priverde cette eau, sans laquelle il ne peut pas exister; il ar-rive alors qu’une partie de l’acide se décompose etfournit l’eau de constitution nécessaire à ce qui reste.Les principes constituants de la portion décomposéeforment alors un liquide particulier, d’une saveur âcreet brûlante, très inflammable, qu’on appelle esprit pyro-acétique, ou acétone (voyez ce mot).

L’acide le plus concentré a une densité de 1,063.Celle-ci augmente jusqu’à un certain point en ajoutantde l’eau, puis diminue ensuite. Selon Berzélius , l’équi-valent primitif de cet acide est de 643,189; l’oxvgèneétait représenté par 100. En conséquence l’acide le plusconcentré dont il s’agit se trouve formé d’un équivalentd'acide 643,189, et d’un équivalent d’eau 112,479.Lorsqu’il contient trois atomes d’eau, c’est-à-dire337,437 parties pour 643,189 d’acide, ou 34,41 ecntièmes d’eau pour 65,59 d’acide anhydre,en tout 100,00d’acide hydraté, il atteint son maximum de densité quiest de 1,079: mais si on ajoute encore de l’eau sa pe-santeur spécifique diminue, ainsi que l’indique la tablesuivante dressée par Mollerat. L’acidc primitif dont ilest question ici a une densité de 1,063, et contient14,86 d’eau.

ACIDE

au maximum

DE CONCKNTKATJON.

EAU

AJOUTÉE.

1

PESANTEUR \

spuiîlîquo 1

1

DU MELANGE. |

110 parties.

0,0 part.

i .0030

—

10,0 —

1.0712

—

22,5 —

■1.0770

—

32,5 —

1.0791

—

43.0 —

1,0703

—

55,0 —

1,0712

—

66,5 ■—

1.0728

—

97,5 —

1.0058

—

108,5 —

1,0037

—

118,-2 —

1,0030

L’acide acétique prend rapidement feu lorsqu’il estchauffé dans des vases ouverts, à la température de l’é-bullition ; il brûle alors avec une légère flamme bleue,presque semblable à celle de l’alcool. On doit le conser-ver en vases clos, autrement il perd sa force en attirant àlui l’humidité de l’air. A l’état de concentration, il n’estguère employé que comme excitant, sur les organes del’odorat, dans les indispositions et les défaillances. Scspropriétés anti-épidémiques sont apocryphes. Ce qu’ontrouve chez les marchands, sous le nom de sels de vi-naigre, n’est autre chose que du sulfate de potasse, ren-fermé dans de petits flacons et imprégné d’acide acéti-que, qu’on aromatise quelquefois avec de l’essence deromarin ou de lavande.

Lorsqu’on fait passer de l’acide acétique, réduit envapeur, à travers un tube de fer chauffe au rouge, il seconvertit en eau, en acide carbonique, en hydrogènecarboné, et principalement en acétone.

L’acide acétique dissout un grand nombre de pro-duits organiques, tels que le camphre, le gluten, lesgommes résinas, les résines, la fibrine du sang, le blancd’œuf, etc.