AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
La France , grâce à son étendue, à la diversité dehauteur et d'exposition des différentes parties de sonterritoire, offre le rapprochement de climats assezdifférents et des cultures les plus dissemblables; onpeut la partager, au point de vue de ses productionsnaturelles, comme Arthur Young parait, un des pre-miers, avoir essayé de le faire, en quatre zones ou ré-gions agricoles à peu près parallèles et dirigées du sud-ouest au nord-est. La première de ces zones, compriseentre la Méditerranée et une ligne droite passant parCarcassonne et Montélimart, est caractérisée par la cul-ture de l’olivier. La zone suivante produit la \igne etle maïs ; elle est limitée par la zone précédente, d’unepart, et de l’autre par une ligne passant par Bourges etl’embouchure de la GaTonne. La troisième zone estencore propre à la culture de la vigne, mais n’admetplus celle du maïs ; elle est limitée par une ligne menéede Guérande à Coucy. La dernière zone, enfin, ne pré-sente plus la culture de la vigne. Cette division, vraied’une manière générale, ne saurait, on le conçoit, sup-porter un examen de détail : les abris, les différencesde cultures, d’altitudes, de natures de terrain, et unefoule d’autres circonstances inutiles à détailler, trans-forment enlignes singulièrement contournées les limitesrectilignes indiquées par l’auteur que l’on vient de ci-ter. Mais cette division grossière suffit pour donnerune idée générale de la répartition de nos cultures,considérées dans leur ensemble, et méritait, sous cerapport, d'être mentionnée.
Cet aperçu général est du reste complètement insuffi-sant pour faire concevoir la variété de nos produits etîarichesse de notre sol. Chaque zone principale, sans per-dre ses caractères généraux, so partage en contrées d’unaspect particulier. Nos anciennes provinces présententpresque toutes les caractères spéciaux qui lesdistinguent,les caractérisent, et feront conserver longtemps encoreaux contrées qui les composaient les dénominations quenotre nouvelle division administrative semblait devoireffacer en peude temps. Des caractèresplusspéciaux en-core que ceux des prov inces agricoles appartiennent auxcontrées agricoles ; ils donnent à chacune d’elles sa phy-sionomie particulière, déterminent les conditions de se3cultureset la nature des améliorations à y exécuter. Unemonographieexacte et détaillée de nos principales con-trées agricoles serait un des travaux les plus utiles etles plus importants. Ces documents, ces portraits agri- Icoles, si l’on peut s’exprimer ainsi, sont malheureuse-ment encore ou trop peu nombreux, ou trop incom-plets, pour qu’il soit possible, en les réunissant ici, deproduire une esquisse de géographie agricole suffisam-ment exacte pour être de quelque utilité ; on se bor-nera donc, quant à présent, à une étude de chiffres,sauf à donner plus loin quelques renseignements surl’aspect général de l’agriculture de certaines localitésdont on devra s’occuper d’une manière particulière.
Les auteurs de la Statistique officielle de la France ontpartagé le territoire en quatre régions, déterminées parl’intersection du méridien de Paris et du 47 e paral-lèle. Cette division, fort commode pour les opérationsdu vaste travail que l’administration voulait entre-prendre, n’est nullement en rapport avec les faitsagricoles, et ne saurait donner à cet égard aucuj} ren-seignement positif; mais il était nécessaire de la con-naître pour l’intelligence de ce qui va suivre.
La surface totale de la France , d’après M. Moreaude Jonnès, auquel nous empruntons hi plupart deschiffres suivants, est de 52 millions 768,618 hectares,dont plus de 50 millions constituent le domaine agri-cole. Il convient d’étudier séparément, comme l’ontfait lès auteurs de la Statistique officielle, la productionvégétale et la production animale de cet immense terri-toire.. !
1° Production vëgrtile.
Nous avons réuni dans le tableau suivant les rensei-gnements qui forment le résumé sommaire placé à lalin de la Statistique officielle.
Les chiffres de ce tableau ne présentent pas tous lemême degré de certitude, comme le remarquent eux-mêmes les auteurs de la Statistique. Les renseignementsrelatifs aux céréales sont aussi exacts que possible ;mais diverses causes d’erreurs peuvent avoir influé surla détermination des quantités de plusieurs autres pro-duits. L’extrême division de la culture des pommes deterre, la grande variété des produits du jardinage,rendent presque impossible route évaluation complète-ment rigoureuse. La nouveauté et la division des cul-tures secondaires, telles que le colza, le houblon, etc.,laissent des doutes sur les chiffres qui s’y rapportent.Les produits des prairies artificielles, qui sont du trèfle,de la luzerne et du sainfoin, varient en quantité et envaleur suivant ces espèces, et comme on n’a pu en te-nir compte séparément, les termes généraux qui ontété adoptés ne sont que des approximations. On pour-rait faire au sujet d’autres chiffres encore des obser-vations analogues à celles qui précèdent ; néanmoinsles résultats fournis parla statistique générale offrentun degré d’exactitude qui n’avait jamais été obtenudans aucun travail de cette nature, et qui donne unpuissant intérêt aux renseignements qu’elle fournit.
L’administration s’est trouvée forcée d’omettre dansses tableaux quelques produits qu’elle n’a pu faireévaluer avec une exactitude convenable, notammentles pailles, les récoltes des oseraies, de certains ver-gers, etc. On est obligé pour ces diverses matièresd’avoir recours à des estimations basées sur des ob-servations plus ou moins complètes, mais ne présen-tant pas de caractère officiel. En ce qui concerne lespailles, M. Moreau de Jonnès estime que leur produc-tion se partage de la manière suivante entre les di-verses espèces :
Production annuelle. Production par hcct.
Froment. I 10,906,026q-m. I9qni.,7l
Seigle et méteil. 68,870,902 49 ,18
Avoine. 42,799,750 44 ,19
Maïs. 6,890,974 10 ,91
| 229, iG7,G52q »*>• 16q m-,00
La valeur totale de ces pailles, suivant le même au-teur, s’élèverait à 761,767,460 fr., soit environ 36pour 100 de la valeur totale des céréales elles-mêmes.
M. Royer a cherché à combler les lacunes que lais-saient subsister les omissions de la statistique officielleet à rectifier quelques-unes des évaluations présentéesdans ce grand travail. D’après cet auteur, on doitajouter aux estimations du grand tableau les sommessuivantes :
Additions par rectifications. . . . 1,433,082,814 fr.
Valeur des pailles, résidus, etc.,
non évalués. 524,279,924 fr.
Valeur du pâturage, etc., non éva-lué. 57,887,035 fr.
2,015,249,773 fr.
ce qui porterait à 6 milliards et demi environ par an lavaleur totale de la production végétale en France . Cechiffre ne paraît pas exagéré, quand on tient comptedelà faiblesse de certains prix d’estimation admisdansles calculs de la Statistique officielle] il est cependantun peu supérieur à l’évaluation de M. Moreau deJonnès.
On ne saurait examiner ici en détail la répartitiondes diverses cultures et les renseignements spéciaux qui! rapportent à chacune d’elles; mais l’importance du