AGRICULTURE
AGRICULTURE.
le morfil s il est trop long, puis dans tous les cas, enpassant légèrement l’outil sur une pierre à l'huile trèsdouce et à grain très fin. Voyez coutellerie.
AGARIC. Nom générique de certains champignonsappartenant aux genres bolctus et fungus; ils donnentune coloration noire avec les sels de fer. On dit qu’onpeut en fabriquer une espèce d'encre de Chine.
AGATE. Pierre siliceuse, ordinairement rubannée,qu’on taille en cachets ou sous toute autre forme, pourles articles grossiers de la joaillerie. Voyez pierrePRECIEUSE et QUARTZ.
AGRICULTURE. En présence du chiffre de nos im-portations annuelles de denrées alimentaires, et de1 accroissement continuel de notre population, on nesaurait mettre en doute l’impérieuse nécessité de s’oc-cuper des moyens d’augmenter la production agricolede la France , pour la mettre en rapport avec les besoinstoujours croissants de la consommation journalière.
Grâce à la vulgarisation des théories scientifiqueset aux encouragements qui lui ont été prodigués, l'in-dustrie française a reçu, depuis un demi-siècle, unadmirable développement. Il est temps de faire pourl’agriculture ce que l’on a fait pour l’industrie manu-facturière : il faut que les hommes d’instruction et d’é-nergie s’occupent enfin d’opérations agricoles, et quela science vienne éclairer la pratique du cultivateur.
Les travaux agricoles convenablement dirigés sontassez lucratifs—nous le démontrerons par des faits nom-breux—pour attirer l’attention des spéculateurs, et of-frent assez d’attrait pour occuper les hommes les pluscapables et les plus actifs. La science, de son côté,possède maintenant les éléments nécessaires pour ex-pliquer et prévoir la plupart des phénomènes.
Le rôle de chaque plante, de mieux en miçux connu,permet de réaliser autour d'elle les conditions les plusfavorables à son développement ; l’étude chimique del’alimentation végétale perfectionne la théorie des asso-lements et détermine les éléments qu’il faut ajouterou retrancher au sol pour le rendre propre à telle outelle culture.
La mécanique apporte chaque jour de nouveaux per-fectionnements aux instruments agricoles et utilise deplus en plus, au profit de l’homme, les forces naturelles.
La puissance de la vapeur livre, à la culture d’im-menses surfaces de terrains jusqu’alors recouverts parles eaux ; d’autres contrées sont arrosées, d’autres, enfin,assainies par d’ingénieux systèmes de travaux souter-rains , voient de magnifiques récoltes remplacer la sté-rilité la plus complète.
L’agriculture, par l’introduction dans la pratiquedes données scientifiques et des ressources de la méca-nique, constitue maintenant, par elle-même, une véri-table industrie manufacturière, et doit dès lors occuperdans le Dictionnaire une place en rapport avec son im-portance.
Nous ne prétendons pas, on le conçoit, enseigner icila pratique agricole; mais nous entrerons dans assezde détails pour nous faire entendre du cultivateur pra-ticien, lui faire comprendre la théorie de ses opérations,lui permettre d’apprécier sainement le but et les résul-tats de chacune d’elles, ainsi que les avantages et lesinconvénients des diverses méthodes qui lui seront pro-posées. Enfin, nous espérons que la dernière partie denotre travail mettra nos lecteurs à meme de poser lesbases et de diriger, au besoin, l'ensemble d’une entre-prise agricole, comme certains articles de cet ouvragepermettent de le faire pour d’autres industries.
Les opérations agricoles les plus importantes et lesplus lucratives sont basées sur l'aménagement des eauxde domaines, ou de contrées plus ou moins étendues,b es opérations exigent le concours de grands capitauxet de connaissances spéciales. Elles peuvent donner
lieu ii de véritables entreprises industrielles et à la fc-mation de puissantes associations. L’intérêt qui s'at-tache aujourd'hui aux irrigations, aux dessèchemeitset au drainage des terres, l'importance de ces dive-stravaux, au double point de vue dos intérêts généraixet des spéculations particulières, expliquent l’étendiode la partie de cet article consacrée à ce sujet, qicnous avons cherché à faire connaître le plus complet'•ment possible.
Obligés de réunir dans un cadre fort restreint d-sdocuments extrêmement nombreux, nous avons (ftchercher à les classer avec ordre, en évitant toute ré-pétition et tout développement d’une utilité douteusi.Après quelques données statistiques, qui pcrmettroitd’apprécier la valeur de la production territoriale ienotre pays et l’importance des questions qui s’y rap-portent, nous exposerons les principes les plus essentiesde la science agricole ; nous étudierons ensuite les tri-vaux d’aménagement des eaux, qui doivent souveitprécéder toute entreprise de culture. Ces notions pr--liminaires suffiront pour étudier rapidement, et cepci-dant d’une manière assez complète, les procédés agr-coles proprement dits et les constructions que réclaneune exploitation bien dirigée. Enfin l’exposé des prh-cipes généraux de l’économie agricole et l'indicatioide quelques améliorations faciles à réaliser formcroitle résumé et la conclusion de notre travail.
Voici, du reste, les divisions principales que nomavons cru devoir adopter; il est utile de les indiquerici pour en faire comprendre l’ensemble :
I. Statistique agricole delà France .
II. Principes généraux de la science agricole.
III. Aménagement des eaux au point de vue agri-cole.
IV. Opérations mécaniques de culture; machine*agricoles.
V. Alimentation végétale; engrais et amende-ments.
VI. Cultures; assolements.
VII. Animaux domestiques.
VIII. Constructions rurales*
IX. Economie agricole.
CHAPITRE I«r.
STATISTIQUE AGRICOLE DE LA FRANCE .
Il comiendrait sans doute, dans un traité complet,de présenter d'abord des notions historiques plus oumoins étendues sur l'agriculture, de rechercher l’ori-gine des divers procédés, de citer les auteurs des prin-cipales découvertes, de suivre les progrès successifs decet art, dont l'origine se perd dans la nuit des temps,et d’apprécier l’influence des institutions publiques surla position du cultivateur et sur le développement del’industrie qu’il exerce. A notre point de vue pure-ment pratique, cette étude rétrospective, d'une im-mensedifficulté, d'une étendue sans bovnes, ne présentoaucuneutilité réelle. Nous nous contenterons, par cou--séquent,de citer les faits historiques àcôtédes opinionsqu’ils tendront à justifier ou des pratiques dont ilspourront éclairer l’usage, sans nous occuper de lesgrouper dès l'abord d’une manière systématique. Maisil nous importe de connaître l’état actuel de l’agricul-ture française, et de le comparer à celui de nationsvoisines, placées dans des circonstances plus ou moinsanalogues à celles où nous nous trouvons nous-mêmes,pour reconnaître les améliorations à réaliser ou lesécueils à éviter. Rappelons donc d’une manière suc-cincte les données principales de la statistique agricole.