AGRICULTURE.
AGRICULTURE,
sans le concours d’une température convenable et d'un Icertain degré d'humùhté ; elle exige de plus la présencedu gaz oxygène, dont l'indispensable nécessité pourla production de ce phénomène a été constatée par denombreuses expériences, dans le détail desquelles ilserait inutile d’entrer ici. 11 parait meme qxrc la ger-mination est d'autant plus rapide que la jeune plantetrou\ e autour d’elle ce gaz à un plus grand état de pu-reté. C’est sans doute à l’action oxydante du chlore enprésence de l'eau que l’on doit attribuer l'influence dece gaz sur la germination de graines qui semblaientincapables de se développer et que l’on a fait lever,d'après les conseils de M. de Humboldt, en les mettantdans une pâte d’acide chlorhydrique et de peroxydede manganèse, mélange propre à dégager du chlore.Ce procédé n’a pas été, à notre connaissance, appliquésur une grande échelle, mais le bas prix des substancesemployées permettrait sans doute d’en étendre l’usageà des opérations importantes.
Quand on fait germer des graines dans un vasefermé, on reconnaît sans peine que, dans les premierstemps de la germination, une certaine quantité d’oxy-gène est remplacée par un volume à peu près égal d’a-cide carbonique. Mais les phénomènes de la germina-tion ne se bornent pas à une simple combustion, commesemblcraitrindiqiierl’observation précédente; un acideparticulier et quelques autres produits se développenten même temps que l’acide carbonique. La germina-tion, au point de vue chimique, constitue une réactiondes plus complexes, dont l’étude détaillée n’a pas en-core été faite d’une manière tout à fait complété. Onpeut dire seulement, d’une manière générale, que lajeune plante, dans les premiers temps de son dévelop-pement, se nourrit aux dépens d’une partie des sub-stances renfermées dans la graine, en produisant del’acide carbonique par un phénomène de combustioncomparable à celui de la respiration des animaux.
Peu de temps après la germination, les racines sedéveloppent et les parties vertes apparaissent. Les phé-nomènes chimiques de la nutrition du végétal se ma-nifestent alors d’une manière beaucoup plus nette quedans les premiers temps de son existence etdoivent êtreindiqués rapidement.
La découverte de la décomposition de l’acide carbo-nique par les plantes remonte nu dix-huitième siècle;elle suffirait pour illustrer l’histoire scientifique decette époque. Senebier , profitant des observations deBonnet et de Priestley , qui avaient reconnu que desfeuilles plongées dans de l’eau aérée dégageaient del’oxygène, rattacha ce phénomène à la nutrition desplantes, et posa le principe général qui préside à leurdéveloppement.
Les parties vertes des végétaux, en présence de lalumière, jouissent de la propriété de décomposer l’a-cide carbonique en fixant le carbone et en dégageantl’oxygène combiné avec lui. Il suffit pour établir cefait de placer une branche garnie de feuilles dans unecloche exposée à la lumière et contenant de l’acidecarbonique; on remarque, au bout de quelques heures,qu’une plus ou moins grande quantité d’acide carbo-nique a été décomposée et remplacée par un égal vo-lume de gaz oxygène. Mais, pour étudier directementl’action des plantes vivantes sur l'acide carboniqueexistant en si faible proportion dans l'air ordinaire, ilest nécessaire d’opérer sur un volume d'air très consi-dérable, en plaçant, autant que possible, la plante dansles conditions normales de son existence. M. Boussin-gault a exécuté cette expérience, en introduisant dansun ballon de verre de grande dimension un rameau devigne garni de ses feuilles. Un aspirateur, convena-blement disposé, faisait passer à travers le ballon uncourant d’air animé d’une vitesse uniforme. Dans lesconditions où l’expérience avait lieu, l’air renfermait
avant son entrée dans le ballon 0,004 de gaz icidocarbonique, et il n’en contenait plus, quand on opé-rait le jour, que 0,001 à 0,002 au moment de sa sor-tie. Les expériences de cette nature, variées et répétéesplusieurs fois, ont toujours donné des résultats ana-logues.
La lumière est indispensable à l'accomplissement duphénomène de décomposition dont on vient de parler.Pendant la nuit, les feuilles, au lieu de mettre del’oxygène en liberté, abandonnent au contraire unecertaine quantité d’acide carbonique dont l’originen’est peut-être pas encore parfaitement connue.
Une plante peut w\re et se développer avec le se-cours seul de l’eau et de l’acide carbonique qu’elfetrouve dans l’air. Il est facile de faire germer diffé-rentes graines dans du sable pur et calciné, en les ar-rosant avec de l’eau distillée, et en les préservant ducontact de toute substance, étrangère. Dans ces condi-tions, la croissance d’un végétal est toujours lente e*son développement incomplet; mais la végétation de-vient plus active si l’eau qui mouille les racines con-tient elle-même une plus ou moins grande quantitéd’acide carbonique en dissolution. Entraîné par lemouvement ascendant de la sève, ce gaz parvient dansles feuilles, où il subit, sous l’influence de la lumière,la même décomposition que celui que la plante absorbedirectement dans l’atmosphère. L’influence favorablesur la végétation de l’eau renfermant de l’acide carbo-nique, parfaitement établie par une foule d’observa-tions, et particulièrement par une expérience directede M. de Gasparin, explique l’utilité de la présencedans le sol de matières organiques en décomposition,et plusieurs autres phénomènes sur lesquels on aural’occasion de revenir.
On a dit que la lumière était nécessaire à la décom-position de l’acide carbonique par la matière verte desfeuilles, et par suite au développement des planteselles-mêmes. Certains végétaux dépourvus de partiesvertes, les champignons par exemple, peuvent, il estvrai, végéter et grossir dans l’obscurité; mais cesplantes ne vivent qu’aux dépens des matières organi-ques en décomposition au milieu desquelles s’accomplitleur végétation. Elles ne forment donc pas de matièresorganiques, elles ne font que trausformer celles qu’ellesabsorbent, et se rapprochent en cela de la manière d’êtredes animaux.
Les racines des plantes ont besoin d'être en contactavec le gaz oxygène, soit libre, soit en dissolutiondans l’eau, pour conserver leur vitalité et puiser dansle sol l’humidité qui forme la sève, dont la circulationconstitue la vie des végétaux. Les plantes plongéesdans de l’eau privée d’air par un procédé physique ouchimique, périssent rapidement. Ce fait permet decomprendre la pernicieuse influence des eaux stag-nantes et croupissantes sur la végétation, et d’appré-cier, en partie, les avantages d’un sol rendu poreux etfacilement perméable aux gaz par des préparations con-venables.
Les plantes ne se bornent pas à décomposer l’acide: carbonique pour s’assimiler du carbone; elles pai*ais-sent aussi décomposer l’eau pour se combiner avecl’hydrogène, que quelques-unes d’entre elles renfer-ment en proportion un peu plus considérable que cellequi serait nécessaire pour former de l'eau avec l’oxy-gène qu’elles contiennent. Mais cette partie de l'ali-mentation végétale, bien moins importante que la pré-cédente, a été beaucoup moins étudiée. Quant àl’oxygène que ces plantes renferment, il est naturel-lement fourni par l’eau qui baigne et pénètre tous lesorganes des végétaux.
L’oxygène, l’hydrogène et le carbone ne sont pasles seuls éléments constitutifs des végétaux ; l'azoteentre aussi dans leur composition. Ce dernier corps