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AGRICULTURE.
gréger et rendre soluble une nouvelle proportion desroches du terrain culti\é.
On vient de rappeler, aussi brièvement que possible,les notions (le chimie agricole les plus indispensables àl’explication des phénomènes dont nous avons à nous oc-cuper. On n’insistera pas davantage stir ces préliminairesqui seront dé\eloppésplus loin quand le sujet l’exigera.C’est dans les ouvrages spéciaux de botanique, dephysiologie et de chimie, qu’il faut chercher des no-tions étendues sur ces intéressantes questions, llàtons-nous donc d’entrer d’une manière plus intime dansnotre sujet en étudiant, avec les détails nécessaires, lesdeux milieux dans lesquels vivent et se développentles végétaux : le sol qui les supporte, et l’atmosphèredans laquelle ils étendent leurs rameaux ctlcursfcuillcs.
Deuxième section. — Terrains agricoles.
I. CONSTITUTION GEOLOGIQUE.
On trouvera à l’article Géologie du Dictionnaire desnotions étendues sur les différentes formations de notreglobe. Ou doit seulement ajouter ici quelques mots surla constitution de la couche arable la plus superficiellede la terre, quelquefois fort différente du terrain géo-logique sur lequel elle repose.
Les géologues ont été longtemps sans s’occuper desdépôts qui recouvrent une partie du globe. Ils nevoyaient dans ce mélange confus de roches brisées oudécomposées qu’un amas informe indigne de leur at-tention. L’importance des études de géologie agricole,mieux appréciée dans ces derniers temps, a porté plu-sieurs personnes à s’occuper d’une manière directe decet ordre d’idées. Tout fait espérer que de lionnes des-criptions géologiques de terrains agricoles ne tarderontjias à être moins rares qu’elles ne le sont aujourd’hui,et qu’elles pourront fournir à la pratique de précieusesindications.
Les couches des terres arables n’ont pas toutes lamémo origine. On peut, sous le rapport de leur modede formation, les partager en plusieurs classes princi-pales, parmi lesquelles nous citerons :
Les terrains formés sur place par la décompositionmême de la roche qui les supporte. Ils sont générale-ment peu profonds et d’une fertilité médiocre : lesforces qui tendent à désagréger une roche pour la trans-former en terre cultivable sont a<sez nombreuses. Lesgelées, la pesanteur, les propriétés plus ou moins hy-grométriques des partie%qui constituent le terrain, lesracines en pénétrant dans les fentes du rocher, l’actionde l’ox\gène, de beau, de l’acide carbonique, etc.,sont autant de causes qui tendent à décomposer lesminéraux, soit en modifiant leurs propriétés physi-ques, soit en altérant plus ou moins profondément leurconstitution chimique. Mais ces forces agissent tou-jours avec une extrême lenteur, et leur action décroîtrapidement d’intensité quand une couche (1e débris suf-fisamment épaisse recouvre la roche et la préserve denomclles attaques.
Les terrains diluviens . qui forment la plus grandepartie du sol cultivable de la France, et même de l’Eu-rope entière, offrent plusieurs caractères généraux, sou-vent modifiés par l'influence de circonstances locales,mais toujours assez nettement définis pour permettrede rattacher ces immenses dépôts à une même révolu-tion géologique.
Les terrains d'altuvion se forment encore chaquejour sous nos yeux : les galets, les graviers, les sa-bles et le limon entraînés par les fleuves et les rivières,se déposent en différents points de leur cours et for-ment des terrains composés de couches superposées ré-pondant aux diverses crues du cours d’eau. Les ter-rains les plus fertiles de nos vallées appartiennent à
cette formation qui constitue une portion de l’Egypte et des bassins du Rhin, de la Garonne , etc. On ne sau-rait assez sc préoccuper (le favoriser le dépôt de cesalluvions précieuses, dont des travaux d'endiguementmal dirigés facilitent trop souvent l'entraînement à lamer.
Les terrains d'atterrissement se produisent sur quel-ques points des côtes où les vents et les courants vien-nent déposer les matières terreuses et sablonneuses ap-portées par les fleuves, ou enlevées par les vagues àd’autres points de la côte. Les terrains ainsi formés nopeuvent pas s’élever au-dessus du niveau des grandesmarées ; pour devenir propres à la culture, ils doiventêtre défendus contre les eaux par des travaux d’endi-guement. Mais leur fertilité compense largement lesdé-penscs d’établissement et d’entretien de ces ouvragesde défense, dont le nord de la France , la Hollande etla Belgique offrent de si beaux exemples.
Les dunes, qui occupent en France une étendue con-sidérable sur les côtes de l’Océan, sont formées dograins de sable quartzeux d’un très petit volume. Cesmontagnes de sable, poussées par le vent, avancentgraduellement et recouvrent successivement les champset les villages qu elles rencontrent. L’art parvientmaintenant à fixer les dunes et à les transformer, dansquelques localités, en un sol cultivable très propre àcertains végétaux.
Les terrains paludéens, dont le nom indique l’origine,jouissent de propriétés aussi variées que le,s circon-stances locales qui leur ont donné naissance. La faci-lité que présente souvent l’amélioration de cette espècede terrains doit appeler sur eux toute l’attention descultivateurs.
II est nécessaire de dire ici quelques mots de la dis-pos lion des couches des terrains agricoles.
L’épaisseur (le la couche du sol où vivent et sc déve-loppent les racines des plantes est excessivement va-riable ; réduite à quelques centimètres dans les mauvaissols, elle atteint 0"','25 à O"',35 dans les sols profonds.On désigne sous le nom de sous-sol le terrain placé au-dessous de la couche agraire dont on vient de parler.Mais on conçoit que cette simple division en sol et sous-sol manque de précision, et ne suflit pas pour expri-mer la nature si variable des différentes couches qui sesuccèdent dans un terrain agricole. M. de Gasparin,pour préciser d’une manière plus complète leur consti-tution, les partage en quatre classes : « Nous appelle-rons, dit cet Imbile agronome, le sol la couche supé-rieure du terrain, jusqu’àla profondeur où elle conserveralu même nature minérale. Le sol sc divisera en : 1° solactif , celui qui est mêlé de terreau, qui reçoit les im-pressions de l’atmosphère, les sels solubles, dans lequelse passentles phénomènes de la végétation et qui est at-teint par les labours ; 2° au-dessous de cette première’couche, et quoique conservant la même compositionminérale, si le sol est profond, nous appellerons solinerte la seconde couche qui n’est pas entamée par lescultures. »
« Au-dessous du sol, au moment où une nouvellecouche de composition minérale différente se présente,nous avons le .sou.s-so/, qui peut être formé lui-même deplusieurs couches variables aussi dans leur composition,jusqu’à ce qu’on atteigne dans la profondeur la coucheimperméable. »
On conçoit d’ailleurs que dans certains cas particu-liers quelques-unes des couches précédentes n’existentpas ; ainsi le sol peut reposer directement sur la coucheimperméable, etc.
La profondeur du sol actif, d’après ce qui précède,dépend exclusivement de la profondeur des labours. Ilest avantageux que le sol actif soit assez profond ; maison ne peut poser aucune règle générale sur la couve-