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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

nance de le mélanger plus ou mcîîns souvent au solinerte en ramenant à la surface une partie de celui-ci.Le succès de cette opération dépend évidemment de lacomposition relative de ces deux parties du sol. Si lesol actif est épuisé et que le sol inerte soit doué d'unegrande fertilité, le mélange est avantageux. Si, au con-traire, le sol inerte était de mauvaise qualité et que lesol actif n'eut été amélioré qu'à force d'engrais et d’a-mendements, il est clair qu’il faudrait éviter avec sointoute espèce de mélange des deux couches.

Le sous-sol, quand surtout il est voisin de la surface,exerce une influence capitale sur la valeur du terrain,soit par sa nature meme, soit par son action sur l’é-coulement des eaux. Il y a telles contrées qui ne doi-vent leur infertilité qu'à la nature du sous-sol. Nousferons d’ailleurs une étude spéciale de ce sujet dans lechapitre III, en nous occupant de l’assainissement desterres.

Quanta la couche imperméable, il importe surtoutd’examiner son épaisseur pour reconnaître de combienelle sépare le sol du réservoir inférieur des eaux, dontl’action est si grande et quelquefois si favorable à lavégétation de la surface, soit parce qu’il conserve auterrain une fraîcheur constante, soit parce qu’il fournit,à l’aide de puits artésiens ou de machines, les eaux né-cessaires à l’irrigation.

II. COMPOSITION CHIMIQUE DES TERKAIN3.

Les terres cultivables diffèrent chimiquement beau-coup plus entre elles par les proportions relatives desmatières qui les constituent que par la nature même deces matières. Un ne rencontre, en effet, à de raresexceptions près, dans les sols arables, abstraction faitede l’eau, que les substances suivantes, soit isolées, soitcombinées entre elles ou avec certains acides :

Silice,

Alumine ,

Chaux,

Magnésie,

Potasse ,

Soude ,

Oxyde de fer,

Oxyde de manganèse,Azote,

Terreaux*

Les'propriétés chimiques de la plupart de ces composés sont décrites à l’article spécial qui les concerne.Il suffira de quelques mots pour compléter leur histoire,au point de vue particulier qui nous occupe.

La silice est une des substances les plus abondam-ment répandues dans la nature ; ses propriétés varientextrêmement avec son état d’agrégation : tout àfait in-soluble quand elleest en masses compactes, commedansle quartz pur, les silex et la plupart des minéraux oùdie se rencontre, elle est, au contraire, assez solubledans l’eau quand elle provient de la décomposition dessilicates. Elle peut donc dans cet état pénétrer dans lesvégétaux, où on la rencontre en effet presque toujours,et quelquefois en quantité tellement abondante qu’ellecommunique à leurs tissus une dureté considérable etun aspect particulier, comme on le remarque, parexemple, dans les prêles, le bambou, etc.

L 'alumine, à l’état de pureté, est extrêmement raredans la nature; mais, combinée avec de l'eau et de lasilice, elle constitue Y argile, si répandue à la surface dela terre, et dont le rôle est si important en agriculture.Il existe beaucoup d’espèces d’argiles formées de mé-langes en proportions variées de calcaire, d’oxyde defer, etc., avec la combinaison d’alumine et de silicedont on vient de parler. L’argile pure peut absorber 0,70de son poids d eau, fut pâte avec ce liquide, ne l'aban-donne que difficilement et durcit beaucoup par la des-siccation; de sorte qu’elle offre de grandes difficultésde travail pour les instruments de culture, soit à l’étatsec, soit à l'état hqnjide. L’argile brû)é$ absorbe éner-

giquement les gaz avec lesquels elle se trouve en con-tact ; mais sa propriété la plus remarquable, sous le rap-port des phénomènes de la végétation, est la facultéquelle possède de s’emparer des composés ammonia -• eaux et de les retenir jusqu’à ce qu’elle en soit en quel-que sorte saturée. Tous les agriculteurs savent, en ef-! fet, que les premières fumures sont presque sans effetsur les terres argileuses épuisées depuis longtemps ;les composés ammoniacaux restent combinés avec l’ar-gile et n'agissent pas sur la végétation. Mais après uncertain temps le fumier ajouté profite entièrement auxrécoltes, et on peut même obtenir alors, pendant un oudeux ans, d’abondants produits sans nouvelles fu-mures, en reprenant au sol la richesse qu’il s’était ap-propriée.

La chaux n’existe jamais pure dans la nature ; on larencontre en général dans les terres cultivées à l’étatde carbonate, de sulfate et de phosphate. Le premierde ces sels est de beaucoup le plus abondant dans lesterres arables ; il constitue même la base de certainssols et imprime toujours un caractère spécial à ceux oùil se trouve. Le carbonate et le phosphate de chaux sontsolubles dans l’eau chargée d’acide carbonique. Le sul-fate est assez soluble; en sait qu’il se rencontre dansles eaux de source ou de puits d’un grand nombre dolocalités. On étudiera attentivement le rôle et les pro-priétés des trois sels precedents dans le chapitre con-sacré aux engrais et amendements (chapitre Y).

La magnésie, à l’état de carbonate et de phosphate,existe en assez forte proportion dans un grand nombrode sols très fertiles, et se retrouve dans les plantes quivégètent dans ces terrains. Le carbonate de magnésieabsorbe beaucoup plus d’eau que le carbonate de chaux ;il tend par conséquent il rendre les terrains plus fraiset plus liants, quand il sc trouve en proportion conve-nable. Mais quand le sol est exclusivement formé dodébris de dolomie (carbonate double de chaux et de ma-gnésie), il présente la stérilité et les défauts des solscrayeux, dont il offre aussi l’aspect général.

La soude et la potasse présentent entre elles la plusgrande analogie ; ces deux alcalis peuvent même, jus-qu’à un certain point, sc substituer l’un à l’autre dansla constitution des plantes. Us exercent sur la végéta-tion une très grande influence, et leur emploi judicieuxpourrait souvent modifier de la manière la plus avanta-geuse les produits d’un terrain qui ne serait pas suffi-samment pourvu de matières alcalines. Une récolte defroment n’enlève pas au sol moins de trente et quelqueskilogrammes de potasse et de soude, et comme ces sub-stances n’existent en général" qu’en assez faibles pro-portions dans les terrains, on voit combien il importede restituer à la terre, par les fumiers ou autrement,une quantité de ces bases à peu près équivalente à cellequi a été enlevée par la récolte précédente. Cette ob-servation explique les heureux résultats obtenus dansquelques circonstances de l’emploi de çendres de boisou d'eaux de lessive répandues sur le sol.

Le fer oxydé se rencontre à peu près dans tous lesterrains; il leur donne différentes couleurs, variant durouge brun foncé au jaune clair. Le peroxyde de ferparaît jouir, comme les argiles, de la propriété de fixeret de conserver les composés ammoniacaux. Il exerce-rait par là une grande influence sur la végétation. Ona dit, dans ces derniers temps, que le fer à l’état desel de protoxyde existe en assez grande quantité dansdes terres fertiles. Si cette observation se vérifie, ellepourra servir à expliquer l’utilité de l’oxyde de ferdans les terres labourees et l'origine d’une partie desproduits ammoniacaux consommés par les plantes.Les composés de fer sont rarement employés dans lagrande culture comme amendement ; mais on a, parplusieurs expériences, constaté leur action favorable sur| les plantes étiolées ou atteintes d’une espèce de chlorose.