AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
de sol. Lu couleur foncée du terrain lui permet d’ab-sorber la chaleur avec facilité, et lu nature du sous-solassure à la couche superiicnlle une fraîcheur conti-nuelle.
(6) La terre de bruyère est un mélange do sable finsiliceux et de terreau, qui lui donne une couleur foncéeet des propriétés particulières. Ce genre de sol 11 e jouejusqu’à présent qu’un rôle très secondaire dans lagrande culture ; il est trop aride en été et généralementtrop peu profond. 11 occupe cependant en France d’as-sez vastes étendues pour attirer l’attention des culti-vateurs, et se trouve souvent assez à proximité desmoyens d'amélioration qui lui sont propres pour mé-riter une étude sérieuse.
L’analyse suivante, due &M. Payen, peut donnerune idée de la composition de cette espèce de terre;elle s’applique à un échantillon pris à Meudon , prèsParis :
Sable de grès. 62,0
Racines et débris végétaux. . . 20,0
Matière soluble à l'eau froide. . 1,2
Carbonate de chaux. 0,8
100,0
(7) Le sable siliceux pur recouvre , sur quelquesparties des côtes de France , de vastes étendues.Longtemps délaissées comme improductives, les dunescommencent à préoccuper sérieusement l’opinion ,depuis que les travaux de Brémontier ont prouvé lapossibilité de les fixer et de les planter en pins, etque d’autres essais ont établi que l’on pouvait, avec del’eau, en tirer un excellent parti. En Belgique et enHollande, on voit des terrains de sables, ensemencés enspergule, fournir d’abondantes récoltes de ce fourrageet se transformer peu à peu, sous l’influence d’uneculture éclairée, en sols d’une qualité remarquable.Un reviendra plus loin sur ce sujet, eu indiquant lesprocédés de fixation et d’amélioration des landes deGascogne.
C. Les sols calcaires sont ceux où le carbonate dechaux se rencontre en proportion prépondérante. Cessols sont maigres, arides, et généralement peu fertiles.Leur couleur, ordinairement blanche, les empêched’absorber la chaleur solaire. Ils consomment les fu-miers avec une grande rapidité. Il convient, autantque possible, de leur appliquer les engrais à l’état decomposts, formés avec l’argile et le terreau recueillisdans les mares et fossés où se dirigent les eaux plu-viales qui ont arrosé des terres de meilleures qualités.Une partie de la Champagne est formée d’un solcrayeux qui imprime à tout le pays une stérilité queremarque l'observateur le moins attentif.
Il est inutile d’examiner les sous-divisions de cegroupe de terrains, heureusement assez peu répandusen France .
D. Les sols tourbeux ou marécageux, dans leur étatnaturel, sont ordinairement impropres à la culture; ilsexigent presque toujours, pour devenir capables denourriries plantes cultivées, des travaux préliminaireset des améliorations que nous indiquerons dans leschapitres suivants.
La tourbe est le produit de la décomposition plusou moins avancée de végétaux, accumulés, par unecause ou par une autre, sous une couche d’eau. Elleest colorée en brun ou en noir, et présente souventune assez forte proportion do plantes non encore dé-composées. Elle contient de 80 à 93 p. 100 de matièresorganiques et seulement 7 à 20 p. 100 de matièresminérales; sable siliceux, argile, carbonate, sulfate etphosphate de chaux et de magnésie. Les tourbes nerenferment pas d’alcali et présentent, en général, une
réaction acide qui s’oppose au développement de tousles végétaux, autres que les quelques variétés spécialesu ce genre de terrains.
Les sols marécageux, quand ils ont été convena-blement desséchés, en leur conservant toutefois desmoyens d’arrosage, peuvent fournir d’excellentes terresd’une fertilité souvent remarquable. Les cultures degarance de nosdéparteraents méridionaux cxistentquel-quefois dans des terrains de cette nature , riches enmatières animales, et assez heureusement placés, parrapport au réservoir inférieur des eaux, pour conserverune humidité permanente et convenable.
E. Les sols magnésiens n’occupent pas en France une étendue assez importante pour qu’il soit néces-saire de s’en occuper ici. Ils sont, au contraire, assezabondants en Angleterre et en Italie . Ils proviennentde la décomposition d’une espèce de dolomie. Ils sedissolvent lentement dans l'acide chlorhydrique faible,et l’ammoniaque précipite abondamment la solution.Ces caractères suffisent pour les distinguer des solscalcaires.
M. de Gasparin, dans son grand ouvrage, proposeune classification nouvelle des terrains, assez différentede celle que nous venons de faire connaître. Cetteclassification est loin d’être généralement adoptée;mais elle présente un caractère remarquable de nettetéscientifique que tous nos lecteurs apprécieront.
Voici le tableau synoptique des divisions adoptéespar M. de Gasparin :
( Inconsistants.
'"Z » I
“S Ip I
( Tenaces.
1 5
0 co-j f
! 2. Argilo-calcaires.
j Argileux.
| Calcaires.
P.
O n ,
2. 3
|3. Craies.
( Fraîches.
| Seches.
S p? 3
4. Sables.
I Inconsistants.
1. Siliceux. .
2. Glaiseux. .
Secs.
Frais.
Tenaces.
C. Argiles.
J 1. Doux.
1 Terre de bruvère.2. Acides. J Terre de bois.
| Tourbe.
Les caractères propres de ces différentes classes deterrains sont les suivants :
A. Les terrains renfermant l’élément calcaire fonteffervescence avec les acides.
•I. Les limons, après avoir été traites par l’acide ni-trique ou chlorhydrique, donnent un résidu d’argile etde silice libre, qui séparées par la lévigation formentau moins chacune un dixième du poids de la terre.
Les limons se couvrent naturellement d'herbes, parmilesquelles dominent les bonnes graminées; ils offrentaux plantes un point d'appui suffisamment solide, etont assez d’affinité pour l’eau pour entretenir autourdes racines une fraîcheur convenable. Us sont d’ailleursinconsistants, meubles ou tenaces, selon que l'argile vexiste en proportion plus ou moins considérable.
Comme exemples de composition de terrains appar-