AGRICULTURE.
agriculture.
terres de natures exceptionnelles, telles que les tourbes,les dunes, etc. 11 est inutile d’insister sur tout ce <fueprésente de vague et d'insuffisant une pareille classi-fication; on conçoit qu’il est impossible de l’appli-quer avec succès dans toute étude tant soit peu pré-cise.
Une classification plus complète a été proposée parM. Oscar Lcclcrc-Thouin, dans la Maison rusttque dud x-nmd vie siècle, e t reproduite depuis lors, avec quel-ques légers changements, par la plupart des ouvragesélémentaires d’agriculture. Voici, en résumé, les divi-sons adoptées par l’auteur que nous citons. Elles ré-pondent assez bien, dans leur ensemble, aux dénomi-nations usuelles consacrées par l’habitude et employéespar beaucoup de cultivateurs :
1 1. Argile pure.
J 2. Argilo-ferrugineux.
A. Sols argileux. \ 3. Argilo-calcaire.
1 , , .. ,. | Terres fortes.
|4. Argilo-sableux. | __ jVancll0s .
1 .
2. Quarlzeux et graveleux.
1. Sablo-argilcux.
^ 3. Granitiques.
B. Sols sableux. 4. Volcaniques.
j o. Sablo-argilo-ferrugineux.f 6 . Terre de bruyère.
7. Sable pur.ç \. Sable calcaire.
~ c , , . 12. Crayeux.
C. buis calcaires. ' 3 Tu ff eux .
(.4. Marneux.
D. Sols tourbeux | ^ uR^neux.
et marécageux. ) «, A ,
0 f 3. Marécageux.
E. Sols magnésiens.
Nous indiquerons en peu de mots les caractères es-sentiels des cinq grandes classes du tableau précédentet de leurs principales subdivisions :
A (1). L’argile existe en forte quantité dans tous lessols de cette classe et leur imprime, à un plus ou moinshaut degré, suivant sa proportion, les caractères quilui sont propres. Les terres argileuses ont beaucoup deténacité et de compacité; elles restent en masses con-sistantes après le labour et exigent un travail fréquentet pénible. Par la cuisson, les fragments de terre ar-gileuse deviennent très durs et sonores comme de labrique.
Les terrains de cette espèce retiennent l’eau avecbeaucoup de force, et leur assainissement présente sou-vent de très grandes difficultés. La sécheresse y pro-duit des gerçures profondes, les resserre fortement, ets’oppose ainsi au développement des racines des végé-taux. Les défauts que l’on vient de signaler appartien-nent aux terrains d'argile presque pure; mais ils dis-paraissent plus ou moins complètement lorsque cettesubstance est intimement mêlée de sable et de calcaire,qui lui donnent des qualités précieuses pour la culture,lorsqu’ils existent en quantités convenables dans lesol, comme cela arrive dans quelques-unes des variétéssuivantes.
(2) Les terres argilo-ferrugineuses contiennent uneplus ou moins forte proportion de fer ; elles acquièrentpar la cuisson une couleur rouge brun très prononcée.A l’état naturel, elles sont noirâtres, rouges ou jaunes ;ces dernières sont généralement fort impropres à laculture.
Comme exemple de composition de terrain argilo-ierrugineux, nous rapporterons l’analyse d’une terred'une île de la Seine, en amont de Rouen , par M. J. Gi-ravdin :
0 ,, n \ Siliceux. 11.28
J Calcaire. 0 , 1 /
Débris organiques grossiers et coquilles. . 1,00
1 Humus soluble azoté. * . . .
Matières | Carbonate et chlorures alca-
solubles lins.> 0,85
dans l'eau. 1 Sulfate alcalin et seis magné-
I siens..
1 Ilumus insoluble. 17,30
\ Argile. 34,60
Terre ténue, v Calcaire avec carbonate de ma-
j gnésie. 42,18
1 Teroxyde de fer. 16,02
100,00
(3) Les terres argilo-calcairns se partagent en plu-sieurs variétés, suivant l’état de division du calcaire.Lorsqu'il est en petits fragments, le terrain se rap-proche, quant à ses propriétés physiques, des terresargilo-sableuses ; lorsque, au contraire, le calcaire setrouve dans un état d’extrême division, il constitueune argile marneuse, terrain qui absorbe l’eau avecune grande facilité et la retient avec une telle éner-gie, qu’il est à peu près impropre à la culture daus lespays humides, ou dans les années pluvieuses.
(4) La lévigation extrait des terres argilo-sableusesune plus ou moins grande proportion de sable. O 11 lespartage en terres fortes et en terres franches; ces der-nières renferment de 10 à 30 p. 100 de calcaire et au-tant de sable. Elles conviennent à la-'plupart des vé-gétaux usuels et jouissent habituellement d'une assezgrande fertilité.
B. Les sols sableux possèdent des propriétés oppo-sées à celles des sols argileux. Us sont légers, ne pré-sentent aucune consistance, n’adhèrent pas aux in-struments. lisse dessèchent avec une facilité si grande,qu’ils 11 e peuvent souvent produire aucune récolte sansle secours des irrigations.
(1) Les sols sablo-urgdeux se confondent, par destransitions insensibles, avec la dernière variété de lapremière classe. On place dans l’espèce qui nous oc-cupe les terrains les plus fertiles et les plus propres àla culture, telles que les alluvions récentes de nosprincipales vallées. Tous les engrais conviennent à cesterrains, déjà riches, en général, en matières organi-ques et en calcaire.
(2) Les terres quartzeuscs, composées de cailloux oude graviers plus ou moins volumineux, sont peu propresà la culture. Elles acquièrent cependant une grandevaleur si l'ensemble des circonstances locales permet,comme dans le Bordelais, d’y cultiver la vigne, dontles racines pénètrent assez profondément pour trouverdans ces sols arides une nourriture suffisante, ou bienencore si le voisinage d'un cours d’eau permet d’y ap-pliquer les procédés du colmatage ou du terrement.
(3 et 4) Les sols granitiques et volcaniques provien-nent, comme leurs noms l’indiquent, de la décomposi-tion plus ou moins complète des roches de granité, oudes produits d’éruptions volcaniques anciennes ou mo-dernes.
Les terrains produits par la décomposition de gra-nités feldspathiques, quand ils acquièrent une épaisseurconvenable, comme dans certaines parties du Limousin ,sont d’une grande fécondité. Mais ces circonstancesheureuses se présentent rarement, et, dans le plus grandnombre des cas l'abondance des fragments siliceuxenlève aux terrains granitiques toute leur fertilité.
Les terrains volcaniques présentent presque toujoursune grande valeur; ils constituent d’excellentes terrescultivables quand ils possèdent une certaine humidité.La belle plaine de la Lhnagne d’Auvergne offre, enFrance , l’exemple le plus remarquable de cette espèce