AGRICULTURE.
AGRICULTURE..
lîonncmcnts apportés depuis quelques années, dans leRoyaume-Uni , à l'assainissement des terres cultivées(drainage of lands, agricultural drainage), ont appelé«rime manière toute particulière sur ce genre de tra-vaux l'attention des cultivateurs et ont fait générale-ment adopter, en France , pour les désigner, l’expres-sion employée en Angleterre. Nous nous conformeronsen partie à cette habitude déjà consacrée par l’usage,en précisant cependant un peu plus pion no le faithabituellement le sens que nous dor aérons aux motsassainissement et drainage. Nous appliquerons le pre-mier à l'égouttage des terres effectué au moyen derigoles ourer/M, et, pour éviter toute confusion, nousnous servirons du second et de ses dérivés, pour indi-quer les assainissements opérés au moyen de rigoles• -ouvertes , bien que depuis fort longtemps l’emploi deces rigoles, exécutées de diverses manières, soit parfai-tement connu et appliqué dans plusieurs parties de laFrance sous les noms dcpierreVs, de coulisse*, etc.
Tous les agriculteurs connaissent les inconvénientsdes terrains trop humides, c’est-à-dire des terres rete-nant en toute saison plus de 20 à 22 p. 100 d’eau.Les opérations d’assainissement et de drainage ontpour but de faire cesser ces inconvénients, c’est assezdire Leur importance et le nombre de localités où ellesseraientnécessaires. L’humidité surabondante qui existedans beaucoup do terres cultivables est duo à un certainnombre de circonstances différentes qu’il n’est pasutile d’énuméror ici. En exposant les méthodes à suivrepour l’assainissement, on fera connaître les cas où cha-cune d’elles est applicable, et, par cela meme, les diffé-rents ordres de causes qui produisent un degré excessifd’humidité..
I. CURAGE DES COURS D’EAU.
Nous plaçons en tête des opérations d’assainissementle curage des cours d’eau naturels. Ce sont, en effet,les colateurs auxquels doivent aboutir les différentesrigoles d’égouttement de la vallée. Et, d’un autre côté,l’expérience nous a montré l’utilité de ces travaux prisen eux-mêmes, travaux trop souvent négligés et surlesquels il importe d’autant plus d’appeler sans cessel’attention quo l’autorité administrative possède dés àprésent tous les pouvoirs nécessaires pour en assurerl’exécution. Les lois des 12 et 20 août 1790 et du 1 i flo-réal an xi imposent, en effet, aux préfets le devoird’assurer le libre écoulement des eaux des rivières etruisseaux non navigables ni flottables, et leur fournis-sent le moyen de subvenir aux dépenses des travauxnécessaires pour atteindre ce but.
L’encombrement du lit d’un ruisseau par les herbesqui y croissent ouïes terres qui s’y déposent, suffitsouvent pour s’opposer à l’écoulement de l’eau et trans-former en marécages, sur une plus ou moins grandeétendue, tout le fond d’une vallée. Le curage, et quel-quefois le faucardement seul du ruisseau, font dispa-raître ce fâcheux état de choses. Le curage à \ if d’unruisseau est en lui-même uuc opération très facile,mais qui exige cependant une certaine attention pourêtre exécutée de la manière la plus économique et laplus satisfaisante. Il convient de profiter de l’opérationdu curage pour opérer le redressement du lit du coursd’eau, supprimer les coudes brusques et les sinuositésqui, en allongeant le parcours, réduisent la pente parmètre. Avant de commencer les travaux, quand ils’agit d’un ruisseau de quelque importance, il faut tou-jours lever un profil en long très exact du cours d’eauet une série de profils eu travers. A cet effet, ou en-lbrice sur la rive du ruisseau une série de forts piquetsen bois numérotés et distants de 20 à 100 mètres lesuns des autres. On fait un nivellement exact sur latète de ces piquets, on lève un profil en travers du lit au
droit de chacun d’eux et on le rapporte sur le papier àuuc échelle déterminée, 0,005 par exemple. On tracesur les profils ainsi dessinés la forme actuelle du lit,et celle que l’on veut lui donner. Ces profils servent àcalculer les volumes des terrassements à effectuer et àdresser l’estimation de la dépense à faire. La sectionprojetée no doit pas, en général, rester la même danstoute l’étendue du cours du ruisseau : elle doit varierd’un point à un autre, en raison de la pente, de ma-nière à assurer toujours un mémo débit à l’eau. Lesdifférentes sections sc calculent au moyen de l’une desformules qui seront indiquées plus loin en parlant descanauxdedesséchemcntoud’irrigation. Cette remarquepermet souvent de diminuer notablement le cube desterres à remuer. On adopte habituellement, pour lasection du lit du cours d’eau, un plafond horizontal etdeux berges présentant une inclinaison variant de 1 à2 de base pour 1 de hauteur. U serait peut-être préfé-rable de donner au fond du ruis-cau la forme courbequ’il tend à prendre naturellement.
Le curage d’un ruisseau doit sc faire en remontantdo l’aval à l’amont. On se débarrasse ainsi plus faci-lement des eaux afîluentes. Les vases et les terres ex-traites du lit sont jetées sur les rives par les ouvrierscureurs. Ces terres forment pre-que toujours un bonamendement quo les propriétaires riverains s’empressentde répandre sur leurs champs. S’ils ne le faisaient pas,on devrait faire enlever cos terres par des ouvriers spé-ciaux, car les espèces do digues que les produits ducurage formeraient, en se desséchant sur les berges duruisseau, présenteraient presque toujours dans la suitedes inconvénients plus ou moins graves.
Les bourrelets, dont on vient de parler, produits parles résidus des curages déposés le long des rives descours d’eau, ontquclquefois une véritable utilité en for-mant de petites digues qui protègent les terres contreles faibles crues du printemps. On doit alors les con-server et les entretenir avec soin ; mais pour qu’ellesne produisent aucun effet nuisible en s’opposant entemps ordinaire à l’égouttement des champs voisins, ilfaut les couper de place en place et garnir les ouver-tures ainsi formées de petits clapets que l’on ferme seu-lement pendant les crues et que l’on laisse ouvertsquand les eaux du ruisseau sont rentrées dans leur litordinaire.
On trouvera dans la dernière section de ce chapitrel’indication des principales dispositions des lois relativesau curage des cours d’eau non navigables ni flottables.
II. RIGOLES D’ASSAINISSEMENT OUVERTES.
Les sections des rigoles d’assainissement ouvertes va-rient avec le volume d’eau dont elles doivent assurer 1 é-coulement. Ces rigoles, dans certains cas, sont de vérita-bles canaux de dessèchement dont on étudiera plusloin le mode de tracé et d’exécution, et dans lesquelssc réunissent les eaux d’un plus ou moins grand nom-bre de rigoles de petites dimensions. Ce sont ces der-nières seulement qu’il s’agit d’examiner ici.
Les rigoles ouvertes présentent un assez grand nom-bre d’inconvénients inhérents à leur nature même.Elles occupent une plus ou moins grande partie duterrain, elles opposent à la culture de véritables obs-tacles, elles exigent un entretien continuel et n’attei-gnent que d’une manière imparfaite le but proposé,puisqu’elles n’enlcvent, en général, que les eaux de lasurface du sol qui s’écoulent en entraînant une partiedes principes fertilisants de la terre et des fumiers.'Mais la facilité de leur exécution et les services qu’ellespeuvent rendre dans un grand nombre de circon-stances, quand elles sont convenablement disposées,doivent appeler sur elles l’attention sérieuse des culti-vateurs