AGRICULTURE,
AGRICULTURE.
On se demmvlc souvent comment des canaux pla- |cés à une grande profondeur sous des sols argileux,compactes et imperméables, peuvent recevoir les eauxqui tombent à la surface; comment, en un mot, depareils terrains acquièrent par le drainage une porositérelative qui paraissait opposée à leur constitution. Lanature même de l’argile explique ce résultat. Quandcette espèce de terre est lmmide, elle forme une mas<ehomogène compacte; mais quand elle se dessèche, ellese fendille d’elle même, et les tissures produite-, com-muniquant les une- avec les autres, se ramifient entous sens et donnent Ma terre une \éritablc porosité.Or, quand on ouvre une tranchée dans une masse ar-gileu c et que l’on place des tuyaux ou des pierresdans cette tranchée, l’argile, qui forme les parois duconduit, se trouve en contact avec l’air, se dessèchepartiellement et se fendille jusqu’à une certaine pro-fondeur. L’action ain^i commencée s’étend ensuite deproche en proche, à une plus ou moins grande dis-tance, dans toute la masse, chaque fissure déterminantl'assèchement des parties qu elle avoisine et détermi-nant la formation de nouvelles fis-ures. La marcheprogressive de cette action de fendillement se manifesteclairement par l’accroissement successif du produit del'écoulement des drain- pendant les premiers mois, etquelquefois même pendant le- premières années de leurformai ion, aussi bien que par les modifications etl’amélioration continue de la nature du sol.
L’accroissement de porosité du sol et son assainis-sement sont les résultats immédiats de l’opération dudrainage; mais de ces premiers résultats découlentd'importantes conséquences et de- phénomènes consé-cutifs non moin.j intéressants, au point de vue physi-que et chimique de la végétation.
L’évaporation de l'eau à la surface du terrainabnis e considérablement sa température, par l’absorp-tion de la chaleur latente nécessaire à la vaporisation.La formation d’un seul kilogramme de vapeur enlèveas.-ez de chaleur à 230 kil. de terre pour abaisser deo° leur température. D’un autre côté, pendant la plusgrande partie de Tannée, la température de l’eau depluie au moment de sa chute, ou au moins après avoirtraversé la couche la plus superficielle du terrain, estsupérieure à la température moyenne de la masse dusol arable. On comprend dès lors qu’en diminuantl’évaporation à la surface et en obligeant l’eau depluie à pénétrer profondément dans le sol aussitôtaprès sa chute, on augmente la température de ce sol,et de la chaleur que lui communique l’eau et de celleque lui aurait enlevée l’évaporation Or, c’est là préci-sément le double effet que produit le drainage, puis-que, d’une part, les canaux d’assèchement attirant àeux, aspirant en quelque sorte, l’eau de la masse ter-reuse obligent l’eau de pluie à la traverser rapidement,et que, d’un autre côté, en abaissant le niveau del’eau stagnante à une profondeur supérieure à Tascen- Ision capillaire, il diminue dans une forte proportionl'évaporation produite à la surface. Ce ne sont point Ilà, du reste, de simples inductions théoriques ; des oxpé- Iricnces rigoureuses et l’ensemble des phénomènes agri- *coles établissent d’une manière positive l’élévation detempérature du sol produite par le drainage. Quelquesfaits suffiront pour fixer sur ce point l’attention.
Nous citerons d’abord, sans rappeler les expériencesde M. Charnock, déjà mentionnées, quelques essaisscientifiques de M. Parkes, exécutés dans un maraistourbeux nommé le lîrd-Moss. Le terrain était parfai-tement découvert, de sorte que rien ne pouvait trou-bler les observation.-; il n'existait d’ailleurs aucuneeau de source de nature à modifier la température dusous-sol. Toutes les précautions, en un mot, semblaientavoir été prises pour assurer l’exactitude des résultats;malheureusement les expériences ont été peu nom- I
breuses. M. Parkes les résume de la manière sui-vante : La température du sol naturel non drainé étaitde 7°,7, depuis 0 m ,3l) jusqu’à Ü n, ,76 de profondeur.Le thermomètre, enfoncé à 0 m ,18, a constammentmarqué 8°,3. Le thermomètre, enfoncé à ü'",78 dansla terre drainée, marqua jusqu’à 9 ',0 et semblait encores’élever; le thermomètre, enfoncé à 0"Vl8, s’éleva à18",8 après un orage, indiquant ainsi un excès de 9”,8sur l’autre thermomètre; et, sur trente-cinq observa-tions. il a donné une surélévation de 5°,6. Le détail desobservations dcM. Parkes établit, du reste, un autre faitnon moins important, ce sont les variations énormesde température qui ont lieu d’une époque à l’autre dansun terrain drainé.
M. Modden évalue à 6° 1 /2 la différence moyenne detempérature entre deux sols semblables, l’un drainé etl’autre ne l’étant pas. Cette différence répond à unenl.itude de 59i mètres environ.
Des effets physiques du drainage que Ton vient d’in-diquer découlent, au point de vue chimique, d'autresavantages : 1 eau de pluie contient toujours de l’air,de l’acide carbonique et de l’ammoniaque en dissolu-tion. Ces divers agents exercent une action que Ton adéjà exposée, soit en concourant directement à l’ali-mentation végétale, soit en facilitant la désagrégationdes éléments du sol et les amenant à l’état soluble, quiles rend assimilables par les organes des végétaux; desorte que le drainage, en amenant la terre à l’état desécheresse convenable au développement des racines,leur fournit en même temps l'accroissement de nourri-ture que leur refuse un sol impénétrable aux gaz etconstamment imbibé d’eau stagnante. En résumé, lesopérations de drainage produisent le rapide écoulementde l’eau de pluie à travers le sol devenu poreux, et ellesabaissent le plan d’eau stagnante à la profondeur laplus convenable pour le succès des diverses cultures. Deces deux premiers faits résulte un accroissement no-table delà chaleur du sol, et lin accroissement énormede sa fertilité par l’introduction des gaz et des sub-stances les plus nécessaires au développement de toutesles récoltes. Quelques exemples authentiques, choisisentre mille, de résultats obtenus en grand suffirontpour établir la réalité de ces assertions.
De fortes argiles d'Ecosse , citées par M. Smith, oùles navets ne réussissaient jamais et où les pommes deterre manquaient souvent, produisent maintenant ré-gulièrement ces deux récoltes, que Ton fait alterneravec la culture du froment. Dans les terres fortes etmarécageuses du nord de l’Ecosse , on ne parvenaitpresque jamais à recueillir les récoltes, et la nielle faisaitde tels ravages que Ton renonçait à la culture des cé-réales. Dans les terres drainées cette maladie disparaît,et les récoltes se font sans difficulté. M. Neilson pos-sédait un champ où il ne pouvait obtenir plus de troistonnes de navets par mi ; ce terrain drainé en fournitmaintenant plus de vingt-sept.
Le drainage exerce sur le climat des contrées où ilest exécuté sur une échelle un peu considérable les ré-sultats les plus avantageux. Ainsi la ferme deDcanston,de 200 acres, sur laquelle M. Smith fit ses premiersessais, était très fréquemment plongée dans les brouil-lards les plus épais. Ces phénomènes locaux ont dis-paru et on ne souffre plus que des brouillards qui s’é-tendent sur tout le pays.
Un terrain marécageux existait autrefois près deBîrkenhead ; tous les soirs il était couvert d’un brouil-lard des plus épais, un drainage profond, poussé à2 m ,13 de profondeur, a fait disparaître ces brouillards.
I La valeur de ce terrain situé près de cette intéressante: cité, appelée depuis quelques années à un si prodi-j gieux développement, a plus oue quadruplé de valeurpar cette opération.
Les épidémies qui attaquaient périodiquement les