AGRICULTURE.
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laissés entre elles, sont naturellement remplis d air. Lagraine, ou les racines des plantes, sont parfaitementapprovisionnées do ce gaz, mais tout à fait privéesd'eau. Dans la figure suivante, au contraire, les poreset les canaux ,ont remplis d’eau, indiquée par la teintenoire, qui a pris la place de l’air. Le sol est très moutl é,et les plantes aquatiques pourraient seules y prospé-rer. Dans la fig. 61, l'eau n’existe plus que dans lespores et les canaux sont remplis d'air. La grainese trouve alors dans les conditions les plus favorables;elle est en contact à la fois avec l’air et avec l’eau ; lesol est alors/ium'dr, mais il n’est pas mouUlè; c estl’état le plus favorable à la végétation, la terre paraitalors imbibée d’eau, mais elle s'écrase sans faire pâteentre les mains.
La fig. 65 permet de comprendre un autre étatdu sol, malheureusement trop fréquent : après unegrande pluie, ou par toute autre circonstance, lesparticules du terrain se sont agglomérées les unes auxautres et forment des mottes plus ou moins volu-mineuses. Les pores de ces mottes contiennent del’eau, mais les canaux sont oblitérés et l'air ne peutplus traverser la masse! L’eau elle-mC'me est en quel-que sorte devenue inutile, puisque les racines ne peu-vent pénétrer ces mottes, qui ne different de la pierreque parce qu’elles contiennent de l'eau. La pulvérisa-tion de la terre pur les opérations mécaniques de laculture fait cesser ce fâcheux état de choses, et l’onconçoit dès lors, sous le rapport seulement qui nousoccupe, toute l’importance, pour la végétation, d'uneparfaite division du sol par les opérations de labou-rage et autres dont il sera question plus loin (cha-pitre iv).
La considération abstraite de ces quatre états du solpermet de se rendre assez nettement compte d'un cer-tain nombre de phénomènes. En y réfléchissant, oncomprend, par exemple, que du rapport des porcs auxcanaux résultent la plupart des différences physiquesconstatées dans les prop-ïëtéa des sols, par rapport àl’eau. Cherchons à tirer do ces considérations quelquesconclusions pratiques.
Fig. 61. Fig. 63.
Fig. 62 Fig. 65.
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Le premier cas est celai de l’extrême sécheresse; iln’y a pas à l’examiner maintenant. Si l’on ajoute del’eau à un sol dans cet état, elle pénétrera dans lescanaux, et de là, par suite de l’attraction capillaire,dans les pores. De sorte que si le liquide n’arrhequ’en proportion convenable, les canaux se 'iderontd’eau et se rempliront d’air, et on aura le sol humidede la fig. 64. Si, au contraire» l’eau arrive eu excès,
après avoir rempli les porcs, elle remplira les canauxet la terre sera mouillée (fig. 63); cVt l’état des terresnon drainées, soit artificiellement, soit naturellementpar leur position sur un sous-sol perméable.
Cela po é, l’action, sur un terrain mouillé, d’unetranchée garnie d'un tuyau d’écoulement est facile àconcevoir : l'eau contenue dans le- canaux ou 6s»sures du sol, sollicitée par l’action de la pesanteur,s’écoulera dans le drain par ces canaux eux-mêmes»tandis que l’eau des pores, retenue par une action ca-pillaire énergique, n’obéira point à l’action do la pe-santeur et restera dans le sol ; de sorte que le drai-nage peut empêcher une terre d’être mouillée sans luiôter sa fraîcheur.
On peut se rendre compte, d’après ce qui précède,de la hauteur à laquelle le plan d’eau, dans les canauxcapillaires du sol, s’arrêtera dans un champ drainé.Il est clair, en effet, que le niveau de cette eau stag-nante sera supérieur à celui du drain d'une quantitéégale à la surélévation produite par la force capil-laire, et que cette hauteur s’accroît, en s’éloignant dudrain, d’une quantité égale à la pente néce «aire pourassurer l’écoulement de l’eau dans les fissures, euégard au frottement qu’elles opposent au mouvementdu liquide.
Les deux fig. 66 et 67 feront mieux concevoir qu’unelongue explication la différence qui existe entre unchamp drainé et celui qui ne l’est pas. Dans ce dernier(fig. 66), le plan d’eau est assez élevé pour gêner le
Fig. 66.
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Fig. 67.
développement des racines des végétaux et faciliter,par l’ascension capillaire du liquide, une évaporationrapide, et, par suite, un refroidissement notable à lasurface du sol. Dans le terrain drainé, au contraire(fig. 67), le plan de l'eau stagnante et celui de l’eauélevée par capillarité sont assez abaissés pour que lesinconvénients précédent* no se produisent pas, et queles racines puissent prendre tout leur développement.
Dans tous les terrains sujets à souffrir d’un excèsd'eau, même passager, le drainage rendra donc cetimmense service de faciliter la division du sol, par leslabours ou autrement, en empêchant la terre de gar-der l’excès d'eau qui la transforme en pâte, et fait quel’action des instruments de culture, bien loin d’ac-croître la perméabilité du terrain, ne sert qu’à le trans-; former en mottes plus compactes et plus dures. Cesmottes se gercent par le dessèchement et se divisenten fragments plus ou moins volumineux, niais inca-pables d’absorber l'humidité atmosphérique, et for-ment pendant l’été des sols brûlés. Le drainage, des-tiné à enlever l’excès d'eau, assure donc aussi, jusqu’àun certain point, l’humidité des terres.
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