AGRICULTURE.
AGRICULTURE,
canal est un trapèze dont les bases parallèles sonthorizontales et dont les cotés ont une inclinaison quidépend de la tenue des terres qui forment la berge.Cette inclinaison varie ordinairement entre \ et 3 deDaso peur 1 de hauteur.
Quand il y a une différence très notable entre ledébit à l'étiage et le débit pendant les crues ou lespluies d'orage accidentelles , comme il y a intérêtà rassembler les eaux d’étiage dans un lit où ellespuissent conserver une hauteur suffisante pour avoirun écoulement facile, on évase seulement à la partiesupérieure le lit préparé pour l’étiage. De sorte quele profil de la section présente deux trapèzes superpo-sés; l'excès de la base inférieure du grand sur la basesupérieure du petit, forme deux banquettes qui nesont atteintes par les eaux qu’au moment des crues.
D'ailleurs, comme on ne calcule les débouchés quepour les crues produites par les orages d'intensitémoyenne, il peut arriver que les canaux soient insuf-fisants dans le cas d’orages extraordinaires; si l'inon-dation qui doit en résulter ne peut occasionner, d’aprèsla disposition des lieux, que de faibles dommages, onne tient pas compte de cette prévision. Dans le 'cascontraire, on peut établir à droite et à gauche, et àune certaine distance de l’axe du canal, des diguesformant un nouveau lit majeur destiné à contenir cesdébordements accidentels.
La nature et la forme des terrains à traverser doi-vent avoir une grande influence sur le choix de l’em-placement des canaux. Il faut éviter avec Sbin de lesfaire passer sur les parties tremblantes et présentantune grande profondeur dü vase, qu’on rencontre fré-quemment aux approches ou dans l'enceinte des marais,sur des terrains spongieux ou compressibles, à traversdes roches qui en rendraient l’ouverture extrêmementcoûteuse, etc.; d’un autre côté, l’établissement despentes convenables impose deseonditions nouvelles quidoivent se coordonner avec les précédentes.
On connaît les cotes du point de départ et celles dupoint d’arrivée de chaque canal; on sait donc la hau-teur de chute qu’on doit racheter par les pentes; cellesque l’on adopte sont déterminées par la vitesse qu’onpeut ou quon veut admettre. A l’époque des crues oudes orages, la plupart des nflluents arrivent dans lescanaux chargés de matières en suspension qu’ils lais-sent retomber en tout ou en partie, suivant que# leurvitesse disparaît ou diminue ; il est donc très impor-tant, pour éwter les atterrissements, que la vitesse deseaux, après lcuravrivée dans les canaux, soit constante,ou même croissante jusqu’à leur sortie.
Il paraîtrait naturel, pour satisfaire à cette con-dition et à celle d’un débit plus rapide des eaux, deréunir les deux points extrêmes par la ligue la plusdirecte, lorsque la disposition des lieux s’y prête ; maisil est d’autres considérations qui imposent à la vitessequ’on doit admettre une limite supérieure.
Il faut éviter que la vitesse de l’eau, au fond descanaux, devienne assez grande pour dégrader leurs lits.On a dressé le tableau suivant des limites supérieures«ie la vitesse que l’eau peut prendre dans les canaux,6elon la nature de leur fond, sans les dégrader.
Limites de la vitesse.
Nature du fond. au fond, moyenne.
m. m.
Terres détrempées, brunes. . . • 0,076 0,101
Argiles tendres.0,15 2 0,202
Sables.0,305 0,406
Graviers. 0,609 0,810
Cailloux.0,614 0,817
Pierres cassées, silex. -1,220 -1,623
Cailloux agglom., schistes tendres. -1,520 2,021
Roches en couches. 4,830 2,434
Roches dures. 3,050 4,060
On peut donc dire que dans la plupart des cas lasitesse se trouve limitée entre 0 n, ,80 et 1 mètre purseconde ; du reste, dans cette limite le limon et le sa&cfin tenus en suspension ne se déposent pas, et on peuttoujours s’arranger de manière que les matières plusgrossières s’arrêtent avant l’entrée de l’eau dans lescanaux.
Dessèchement du marais proprement dit. Le canal deceinture, eu arrêtant, pour les conduire au dehors,toutes les eaux qui se dirigeaient dans le marais, ré»duit autant que possible la tâche du desséclieur, puis-qu’il ne reste plus qu’à se débarrasser des eaux depluie qui tombent directement sur le marais et dessources qui peuvent y déboucher. Les procédés, pourcette dernière partie de l’opération, dépendent de laposition des lieux. Si la surface du marais est infé-rieure à celles de toutes les musses d’eau environ-nantes, il faut avoir recours aux machines d'épuise-ment; si au contraire elle est assez élevée pour queles eaux puissent couler au dehors, il suffit d’ouvrirdes canaux convenablement disposés pour leur donnerpassage.
I. Dessèchements à Vaide de canaux d’écoulement. Cûpremier cas se divise lui-même en deux autres : celuioù l'écoulement dans les canaux peut être permanent,et celui où il est intermittent, ce qui a lieu dans lesmarais dont les canaux débouchent dans l'Océan oudans les fleuves à marées.
On examinera successivement dans ce qui va suivreccs deux classes de dessèchements.
(a). Marais dont l'écoulement par les canaux émis-saires peut être permanent.
Pour donner un écoulement aux eaux qui naissentou tombent à la surface proprement dite du marais,ou établit d abord un canal central, dirigé, sauf lalégère variation que peut rendre obligatoire l’état deslieux, suivant l’axe principal d’écoulement. On dé-signe ainsi le lieu des points où tendent à se ras-sembler les eaux pluviales tombant sur toute l’étenduedu marais. Cet axe se détermine facilement au moyendes nivellements généraux du terrain.
On doit, comme on l’a déjà dit, éviter en généralde faire arriver dans ce canal les eaux pérennes ; ce-pendant il convient de se ménager le moyen d’y in-troduire, en temps do sécheresse, un volume d’eauvive suffisant pour entraîner les eaux croupissantes ets’opposer aux atterrissements.
On amène les eaux dans le canal principal, tracécomme on vient de le dire, par des fossés auxiliairesplacés entre eux, et par rapport au canal central, àdes distances telles que l’eau tombant sur un point quel-conque du marais ait toujours un récipient inférieuroù elle puisse arriver avant que son mouvement soitéteint par les obstacles qu’elle rencontre sur cette sur-face. Le tracé de ces fossés ne comporte d'autre loigénérale que l’obligation de présenter une pente suiviedepuis leur origine jusqu’à leur embouchure dans lecanal central. Leur direction doit être inclinée surcelle du canal central de telle sorte que les lignes doplus grande pente des surfaces qui aboutissent authalweg général soient coupées par plusieurs fossés àla fois.
Enfin d’autres rigoles intermédiaires et d’une di-mension moins considérable s’embranchent sur cesfossés et complètent l’ensemble des moyens d’assèche-ment de la surface.
Les dimensions du canal central qu’il est importantde déterminer, à priori , dans les différents points deson parcours, se déduisent de la double condition defournir un écoulement suffisant pour les pluies d’oragemaxima, sans amener de débordement, et de ne laisseraux eaux ordinaires qu'un lit assez rétréci pour qu’elle?