AGRICULTURE.
AGRICULTURE*
de largeur, peut élever CO mètres cubes d’eau à 1 mètre |en une minute. Us peuvent travailler soixante jours ;par an environ; mais dans les calculs on compte seu- !lcment que chaque moulin élève par an 3 millions jde mètres cubes d’eau à 1 mètre.
Quelques exemples éclairciront mieux, du reste, laquestion des dessèchements par épuisement que nepourraient le faire de plus longues explications.
Moères françaises . Les moères formaient autrefois,aux environs de Dunkerque, un immense lac de plus de3,000 hectares. Il fut en partie desséché nu commen-cement du dix-septième siècle ; mais bientôt après, enICI G, le gouverneur de la ville de Dunkerque , quiétait assiégée, lit ouvrir les écluses comme moyen dedéfense de la place, et tous les travaux, envahis par-les eaux, furent en partie détruits. Vers 17S0, on en-treprit de nouveau de dessécher les moères; la révo-lution interrompit le travail, qui fut repris en 1802 etterminé bientôt après.
La moère française, dont la surface est de 1,700à 1,800 hectares, est maintenant entourée d’un canalde ceinture ; des canaux de dessèchement, tracés per-pendiculairement les uns aux autres, sillonnent le ma-rais et conduisent les eaux vers differents points de lacirconférence où sontétablisdeux moulinsàvent à rouesix palettes échelonnées, et six moulins à vis plus oumoins éloignés les uns des autres.
Les canaux secondaires de dessèchement ont environ
1 mètre de largeur moyenne. La section des canauxprincipaux augmente en approchant des moulins. Leurlargeur moyenne est de 5 à 7 mètres. Les vis et lesroues à palettes jettent les eaux dans le canal de cein-ture, qui débouche lui-même dans un autre canal allantà la mer.
Los moulins à vent ont quatre ailes de 13 mètres delongueur chacune et de 2 mètres de largeur, dont1 m ,50 en toile et 0‘",50 en planches. Les vis sont àtrois filets'; elles ont 8 mètres de longueur, 2 mètres dediamètre extérieur; le noyau a 0 m ,50 de diamètre. Lahauteur à laquelle elles élèvent l’eau varie de. 1 '",70 à
2 mètres, suivant les saisons. Les roues à palettes,quoique d’un grand diamètre, ne peuvent pas éleverl'eau à beaucoup plus de 1 mètre, de sorte qu’il fautdeux moulins avec roue à palettes pour élever l’eau àla hauteur nécessaire.
Dessèchements hollandais. Une grande partie de laHollande est, comme on sait, au-dessous du niveau dela mer. Ce n’est qu’à force d’art que ces riches centréesont été conquises sur les eaux, et qu’on peut les dé-fendre contre ce terrible ennemi. C’est dans ce paysqu’il faut étudier les dessèchements, nulle part on neles fait plus simplement et sur une plus grande échelle.D’excellents ouvrages, écrits par les ingénieurs lesplus expériineutés, ont rendu classique dans ce paysce genre de travaux.
Il existait en Hollande, en 1844, pour le service desdessèchements, 2,445 moulins à vent de grande dimen-sion, dont 61 à vis et les autres avec roues à palettes.Ces chiffres indiquent assez les immenses services querendent ces machines.
De toutes les opérations modernes de dessèchement,la plus gigantesque est celle du lac de Harlem , quis’exécute en ce moment.
Le lac de Harlem occupait, au commencement duseizième siècle, moins de 4,000 hectares de superficie.Depuis lors il n’a cessé de s’agrandir avec une ef-frayante rapidité . en 1641, il occupait déjà uneétendue de près de 14,000 hectares, lorsque JanAdriaanszen Leegwatcr dressa un projet complet dedessèchement auquel il ne fut pas donné suite.
Les envahissements successifs du lac continuaientleurs ravages, lorsque, enfin, par une loi votée le
2 avril 1838, le gouvernement hollandais, aprèsbien des tentatives infructueuses et des projets restéssans résultat, se décida à supprimer do l'intérieurdu pays cette plaie dévorante. Les ouvrages furentcommencés en 18 40 et touchent aujourd’hui à leurterme.
La fig. 68 représente la forme générale du lac de Har-lem et de son canal de ceinture destiné à recevoir et àconduire à la mer les eaux que les machines enlèventdu lac, et une partie de celles qui y atHuaient autrefois.Ce canal de ceinture forme une voie de grande naviga-tion, dont la fig. 60 indique le profil. U a 29 mètres auplafond, 45mètresaa ni\eaudu plan horizontal passantpar le o de l'échelle d’Amsterdam (plan que nous dési-gnerons, pour abréger, conformément à l'usage hol-landais , par A. P.), et 3 mètres de profondeur. Le pla-fond est, à peu près, à la cote, 3'",90—A. P. La crêtede la digue entre le canal et le lac est arrasée à peuprès à une hauteur de 2"',20 -j- A. P.
La profondeur du lac de Harlem varie de 3 à 4 mè-tres au-dessous de A. P. La cote inférieure des eauxdans les canaux de dessèchement, pendant l’été, seracomprise entre 4 ,n ,90 et 5“*,00 — A. P.
La masse d’eau contenue dans le lac, au commen-cement du dessèchement, était de 700 millions de mè-tres cubes environ. La plus grande différence entrel'épaisseur de la couche tombée et l’eau évaporée aété en un mois, sur une période de quatre-vingt-dix-huit uns, de 0 m , 1657; on a ajouté à cette couche d’eau,pour tcnircompte des infiltrations possibles à traversles digues, une épaisseur de 0"',0343, de sorte que lesmachines d’épuisement ont été établies de manière àpouvoir enlever après le dessèchement, par mois, unvolume d’eau égale à la surface du lac multipliéepar 0 U1 ,20, c’est-à-dire 181000000 m. c., X 0“y20= 30200000 mètres cubes d’eau. Le volume total àenlever chaque année, déduction faite de l’évapora-tion, est estimé à 54845000 mètres cubes.
On a reconnu qu’en raison de l’irrégularité et du peude durée de leur action, les moulins à vent devaientêtre remplacés, dans cette grande opération, par desmachines à vapeur. Ces machines sont au nombre detrois, comme l’indique le plan (fig. 68), nommées Leeg-watcr, Cruquiuset Van Lepeden. La première fait mou-voir 1 î pompes, les deux autres chacune 8 d'un plusgrand diamètre.
La machine de Leegwater, peu différente des deuxautres, a deux cylindres concentriques assis sur la mêmeplaque inférieure et communiquant entre eux par la par-tie supérieure du plus petit, qui a 0"’,037 de hauteur demoins que le plus grand. Le cylindre extérieur a 3"‘,66de diamètre, et le cylindre intérieur 2’", 140. La coursedu piston est de 3"',047. Le petit cylindre est alésé in-térieurementet extérieurement, pour recevoir un pistonintérieur et le piston annulaire qui frotte sur lui et surle grand cylindre. Le piston du petit cylindre porte unetige de 0“',304 de diamètre, etle piston annulaire quatretiges traversant, comme la première, le couvercle descylindres à travers des boîtes à graisse. Ces cinq tigesde piston sont fixées à leur partie supérieure dans uneimmense masse de fonte. Ce bloc de fonte appuie, parsa face inférieure et par l’interméliaire de galets eufonte, sur l’extrémité des balanciers qui font mouvoirles pompes.
La machine a cinq chaudières de 9"’,14 de longueurchacune, et de l m ,83 de diamètre. Un tube cylindri-que de 1 n ',2l de diamètre traverse cette chaudière danstoute sa longueur La flamme et les produits de la com-bustion reviennent sous la chaudière, passent devantsa partie antérieure et vont gagner la cheminée pardeux carneaux latéraux. Une chambre à vapeur de12 m ,80 de longueur et de 1 ‘",84 de diamètre est placéeau-dessus des bouilleurs, perpendiculairement à leur