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AGRICULTURE.

dans lo sol par une de leurs extrémités, et alors toutl'ouvrage, composé de végétaux vivants, acquiert deplu., en plus de force. Quand le terrain est un peudur, il convient de préparer, avec un piquet en fer, lestrous des piquets et des clayons pour que la reprise aitlieu plus facilement.

Si la rive corrodée reposait sur un sol pierreux où lespiquets ne pourraient pas s’enfoncer, on commenceraitpar couler au fond de l’eau une couche suffisammentépaisse de fascines chargées de pierre et de gravier, etTon enfoncerait dans c.-tte masse, facile à pénétrer, lespiqu.ts d’un clayonnage analogue aux précédents.

Il n’est pas toujours nécessaire de remblayer l’espacecompris entre les clav onnages et le pied des rives attaquées. Il arrive quelquefois que les eaux laissent dé-poser dans ces espaces fermés les matières qu’elles entraînent pendant les crues, et qu’elles les comblentassez rapidement.

Les travaux dont il vient d’ètre question, endigue-ment, défense des rives, etc., ne doivent être exécutésqu’avec beaucoup de précaution, pour ne pas provo-quer les plaintes et les réclamations des propriétairesriverains plus ou moins rapprochés.

On ne parlera pas ici des travaux de défense des côtesdelà mer; ils exigent, en général, une connaissanceapprofondie de l’art des constructions et des dépensestrès considérables. Les grands travaux de la pointe deGrave et la fixation des dunes se rattachent ji^qu’à uncertain point aux ouvrages dont il s’agit ; mais ils sontcônliés aux ingénieurs de l'État, et il serait trop longde les étudier dans cet article.

Quatrième section. — Irrigations .

Les sections précédentes ont été consacrées à l’étudedes procédés propres à se préserver des eaux nuisibles;celle-ci aura pour objet l’emploi des eaux utiles à l’a-griculture. Les avantages des irrigations sont mainte-nant assez connus pour qu’il soit inutile de s’y arrêteren commençant. Nous passerons donc immédiatement àl’examen des eaux d’irrigation et des moyens de lesemployer.

I. QUALITES DES EAUX EMFLOTÉES AUXIRRIGATIONS.

L’eau n’agît pas seulement quand elle est de bonnequalité en entretenant les végétaux dans 1 état d’humi-dite nécessaire à leur développement ; elle tient toujoursen dissolution, dans son état naturel, de l’oxygène,de l'acide carbonique et des sels qui exercent, commeon sait, une action énergique sur la végétation, enfournissant aux plantes les aliments dont elles ont be-soin. Certaines eaux, au contraire, renferment des pro-duits, ou se trouvent dans certaines conditions qui lesrendent funestes aux plantes. Il convient donc, avanttout, d’examiner la composition des eaux, d’indiquerles caractères qui permettent d’apprécier leurs qualitéset les moyens de corriger leurs défauts

On a déjà parlé, à propos des colmatages, des sub-stances tenues en suspension dans les eaux ; on re-viendra sur ce point au sujet des limonages. Il nesY.git ici que des matières tenues en dissolution, etque l’on trouve dans les eaux parfaitement claires Lesanalyses bien faites d’eaux de source ou de rivièreapplicables à l'irrigation sont assez peu nombreuses.Ce genre de recherches serait cependant fort utile auxprogrès des travaux agricoles. Nous nous bornerons àciter les exemples suivants :

Les eaux du bassin de Paris ont été naturellementexaminées avec un soin scrupuleux. Voici les composi-tions de quelques-unes d’entre elles déterminées par

AGRICULTURE .

MM. Henri et Bouchardat (voyez le tableau page sui-vante).

Les eaux de la Meuse , employées à l’irrigation de laCampine, ont été étudiées par M. Chaudelon, de Liège ,par ordre du gouv ernement belgo. lire ultodecetra ail,très important pour l’objet qui nous occupe, quo lessels contenus dans l’eau vont en décroissant quand ons éloigne de la prise d’eau, excepté le chlorure de so-dium, dont la proportion suit une progression inverse,et que la quantité de matières organiques est tout àfait insignifiante. Voici d’ailleurs les chiffres obtenus:

•

SUBSTANCES

contenue*

dans dix litres d’eau.

N° 1.

N° 2.

N° 3.

N» 4.

Résidu salin provenant de

gr-

gf-

gf*

l'évaporation.

2,300

2,100

1,050

0,730

Carbonate de chaux. . , .

1,360

1,253

0,498

0,321

Carbonate de magnésie. .

0,27 )

0,241

0,089

0,055

Sulfate de chaux.

0.122

0,136

0,203

0,124

[Sulfate de magnésie.. . .

0,043 0,030

0,021

0,012

'Chlorure de sodium.. . .

n,150 0,140

0,100

0,092

Silice..

0/200

0,182

0,104

0,028

Alumine et oxyde de fer.

0,030

0,040 0,024

0,023

,bels de potasse.

traces

traces.traces

traces

Matières organiques.. . .

—

—

—

—

2,204

2,024 1,039

1

0,655

N° t. Eau recueillie à Hocht, dans le bassin de la Meuse ,immédiatement en amont de la prise d’eau.

N© 2. Eau recueillie à Hucholt, dans recluse n° ts, à rem-branchement du canal de la Campine et à 39 kilomètres dela prise d’eau

No 3 . Eau recueillie à la Pierre-Bleue, à 69 kilomètres dela prise d’eau.

No 4 . Eau recueillie à Àrendonck, canal d’embranchementvers Turnhuut, à 84 Kilomètres de la prise d’eau.

Nota. Le> écluses étaient fermées depuis quinze joursquand on a puisé les échantillons n° 9 3 et 4 .

La composition des sels contenus dans l’eau dépenddes terrains quelle traverse. Les eaux des terrainsanciens sont généralement préférables à celles des ter-rains tertiaires. Ces qualités cependant sont relatives,et, pour un terrain donné, la meilleure eau est celle quirenferme surtout les principes manquant à ce terrain;ainsi, des eaux riches en calcaire pourront être trèsavantageuses sur un terrain argileux et détestablessur un sol crayeux; des eaux riches en potasse con-viendraient parfaitement sur les sols calcaires.

L’analyse chimique de l’eau fournit sur sa valeuragricole les renseignements les plus précis ; mais cetteopération délicate est d’une exécution difficile, et l’onpeut, en général, se guider sur les indices suivants quiparaissent assez certains pour caractériser les qualitésdes eaux courantes. L’eau est de très bonne qualitéquand on y rencontre le cresson de fontaine (nuatur*tium o//îc<nu/c), les épis d’eau {potamogeton perfinlatus et(luitans ), les véroniques ( rerowca anagallis et béera*bungœ ), la renoncule aquatique (ranuw ulus aquatil's).Elle est moins bonne lorsqu’elle produit les roseaux(aruudo), les patiences (rutne./), les ciguës (mru/o), lessalicaires ( lythrum ), les menthes ( mnüha ), les scirpes(«ct'rpu», les joncs (jun>us i, etc. Enfin, l’eau est demauvaise nature quand il n’y végète que quelquescarets ( arex acuta , arex stricta ) et des mousses. Lescharas indiquent souvent une eau fortement calcaire.

Les eaux provenant de marécages, de tourbières oude hautes bruyères renferment, en général, des prin-