AGRICULTURE.
AGRICULTURE.
pied du jalon s’obtient en ajoutant il la largeur ausommet un ■ fois ou une fois et demie la hauteur dujalou lui-même.
Le piquetage ainsi terminé, on commence parenlever les gazons et une partie de la terre végétale8ur toute la largeur que doit occuper la digue, enmettant de c«"té ces matériaux qui serviront à sonrevêtement. On apporte alors les terres qui doiventformer le remblai, et on les pilonne fortement, en lesarrosant au besoin , par couches de 0 U ',20 à 0"’30d’épaisseur, en leur donnant le profil adopté, moinsVépaLseur que doit occuper le revêtement de terre etde gazons. Quand on a du gra icr à sa disposition, ilest très convenable d’ n mettre, au centre de la di-gue, un noyau enraciné dans le terrain naturel pours’opposer au passage des taupes dont les ravages sontfunestes aux ouvrages de cette espèce. On peut égale-ment, pour des travaux très soignés, quand on déposefi la fois de terre franche et de gravier, déposer surchaque couche de terre une couche de gravier à peuprès* de même épaisseur et que l’on pilonne jusqu’à cequ’elle ait pénétré dans la couche de terre. On remetune seconde couche de terre, puis une couche de gra-vier, et l’on continue ainsi jusqu’à l'achèvementdu travail. Dans les tnv aux difficiles, où l’on necraint point une légère augmentation de dépense, onpeut aricser la terre graveleuse ou le sable avec un laitde chaux, au lieu d’eau pure, avant le pilonnage. Onforme ainsi des niasses d’une -extrême compacité.Quand la digue est formée comme on vient de le dire,on lu recouvre de la terre végétale mise de côté, quel’on bat bien également, et enfin on applique les ga-zons mis d’abord en réserve, ou pris sur les terrainsvoisins.
Pour éviter de transporter les terres nécessaires à laconstruction de la digue, on les prend habituellementdans un large fossé ouvert parallèlement à la directionde l’ou rage, du côté des terres. En donnant à ce fosséune faible profondeur et en le raccordant par unepente douce avec le terrain, on peut le conserver enculture et ne pas perdre la surface qu’il occupe.
Latig.78 représente la section d'une digue construite
Fig. 78.
comme oti vient de le dire. Quand le sol sur lequel onétablit une digue est très poreux et que l’on peut crain-dre que l’eau ne s’infiltre sous la digue, on l'enracineau sol par une tranchée creusée à une certaine pro-fondeur, et que l’on remplit de terres bien pilonnées,comme la digue tout entière.
Si l’on craint une crue avant que les gazons de re-vêtement n’aient fait prise, on les fixe au moyen dechevilles en branchages enfoncées dans le corps de ladigue , ou bien par de grandes perches couchées sur lesol et fixées, de place en place, par des piquets. Onpeut économiser les gazons en ne les posant pas join-tivement, les espaces vides s’herbent assez facilement,quand le temps est convenable, et que l’on a bienbattu les mottes de gazon pour les faire taller sur leursbords.
Il convient de ménager de place en place dans lesdigues de petites buses en bois, fermées par des cla-pets, pour permettre l’écoulement au ruisseau des eaux
de pluie et autres qui pourraient, sans cela, s’accumu*1er derrière les digues.
Les digues élevées le long des côtes de la mer, pourdéfendre des inondations les terrains submersibles, sontbeaucoup plus fortes que celles dont on vient de par»1er. Leur sommet doit ô.re arrasé à une as^ez grandehauteur au-dessus des plus hautes mers, pour que lesvagues ne puissent pas le dégrader. L’inclinaison dutalus exposé à la mer est extrêmement inihle, il estréglé en général à raison de ï à 6 mètres et même plusde base pour 1 mètre de hauteur. Du côté de la terre,le talus peut n’avoir que l mètre 12 de ba^e pour 1mètre de hauteur. Un fossé est creusé à une certainedistance et par Uèlement à la digue du côté de< terres.Les déblais de ce fossé servent à l’établissement de ladigue elle-même.
La fondation de ces d'gnes, quand le terrain n’estpoint solide, doit erre poussée assez profondément pouréviter tout accident. Le mode de construction de l’ou-vrage dépend de la nature des matériaux dont on dis-pose; le corps de la digue est presque toujours en terreou en gravier, mais la nature des revêtements est ex-trêmement variable ; quelquefois on emploie des pierresdisposées en perrés, ou en enrochements, d’autres foisdes fascines ou des clayonnages; enfin, dans certainescirconstances, il faut protéger la digue contre les flotset la fortifier de place en place par des épis d'unoconstruction plus ou moins compliquée. L’exécutionde ces différents ouvrages est fort difficile; elle exigedes précautions multipliées, et ne saurait être confiéequ’à des constructeurs expérimentés. On ne pourrait,du reste, entrer ici dans les développements néces-saires à cet égard sans sortir des limites qui nouasont imposées. Les traités spéciaux de constructionpeuvent seuls fournir sur cette matière des détails cir-constanciés.
Corrosions. Les eaux des ruisseaux torrentiels ne sobornent pas toujours à se répandre en nappes plus oumoins épaisses et plus ou moins rapides sur les terrainsqu’elles inondent. Souvent elles corrodent leurs rives,même en basses eaux, et enlèvent successivement àl’agriculture des surfaces plus ou moins considérables.Les rives ain-i attaquées peu veut être défendues aumoyen d'enrochements, de perrés, de fascinages, etc.Nous n’indiquerons que les plus simples et les piméconomiq .es des travaux de oette espèce, ceux, en unmot, que les particuliers peuvent avoir à exécuter surleurs propriétés pour remédier aux corrosions par-tielles produites par les ruisseaux qui traversent leursterrains.
On se borne quelquefois à défendre les rives corro-dées au moyen d’enrochements jetés à leur pied, oubien en dressant en pente douce la surface du sol eten la recouvrant d’un perré posé avec soin sur unlit de gravier. Mais ces deux méthodes exigent unentretien continuel et sont trop coûteuses, pourconvenir dans les cas ordinaires. Il convient, engénéral, de se borner à battre au pied et un peu enavant de la rive attaquée une rangée de fortspiquets un peu inclinés, entre lesquels on entrelacedes clayons; on remblaie l’espace compris entre leclayonnage et la rive en pierrailles ou en terre forte;puis on raccorde par une pente douce, revêtue de ga-zons, la partie supérieure de ce remblai avec la surfacedu sol. Si l’action destructive du courant était forténergique, on pourrait employer un double rang depiquets séparés par un intervalle de 0 ro ,80 à I mètre,rempli de forts graviers bien tassés. On fait ordinaire-ment les piquets dont on vient de parler en brandiesde saule, qui reprennent bien dans l’eau, et for-ment, au bout d’un certain temps, une haie vive trèsrésistante# Les clayons eux-mêmes peuvent s’engager