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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

cipes acides et astringents qui les rendent très nuisi-bles à la végétation. On peut les améliorer en lesfaisant passer dan- des bassins contenant de la chaux,ou bien en les mélangeant avec des eaux alcalines defumier.

Les eaux très froides sont également de mauvaisequalité. 11 faut, avant de les employer, les faire cir-culer dans de longs canaux, ou les laisser séjournerdans des bassins peu profonds, ou elles se réchauffent.

Enfin les eaux tuffeuses, c’est-à-dire celles qui con-tiennent un excès de sels calcaires qu’elles abandon-nent à l’air, produisent sur la terre des incrustationsqui nuisent à la culture. Il faut les faire passer encouches minces, avant de les utiliser, sur des fagotsou autres matériaux qui les divisent et les exposent àl’air dans toutes leurs parties, pour les dépouiller dutuf qu’elles entraînent. On reconnaît facilement leseaux de cette espèce à la difficulté qu elles ont à dis-soudre le savon et à cuire les légumes.

Les différentes espèces d’eaux de mauvaise qualitédont nous venons de parler s’améliorent, en général,en s’éloignant de leur point de départ, par leur con-tact avec l’air et le sol. Cependant, employées seules,elles ne donnent jamais que do médiocres résultats,mais elles peuvent rendre de grands services pour lerépandage des engrais liquides dont nous parleronsplus loin, et l’on doit toujours s’estimer heureux deposséder de l’eau sur une exploitation, quelque mé-diocre que soit sa qualité.

IL Moyens d'obtenir les eaux tour

L’IRRIGATION.

Les eaux que Ton peut employer aux irrigationsproviennent des puits artésiens, des opérations de drai-nage, des sources, des pluies et enfin des rivières etruisseaux.

' 1 . Puits artésiens. On n’ajoutera rien à ce qui setrouve dans l’article spécial consacré aux puits arté-siens (voy. ce mot). Nous dirons seulement qu’il existeplusieurs exemples remarquables de l’application deseaux de cette nature à l’irrigation; mais l’incertitudedu succès des sondages s’opposera longtemps encoreà la généralisation de ce moyen d’arrosage.

2. Eauxjyfovenant des travaux de drainage. Nous avonsindiqué déjà l’application des eaux de cette espèce enfaisant remarquer combien leur composition les ren-drait quelquefois propres à cet usage. Les drains four-nissent presque toujours leur plus grand débit lorsqueles irrigations sont suspendues. Il faut donc, en gé-néral, recueillir les eaux de drainage comme les eauxde pluie dans des réservoirs pour les utiliser au be-soin. Quand les drains ne débouchent pas à un niveauassez élevé pour que Ton puisse conduire directementles eaux sur les terres à arroser, il faut, en outre,recourir à l’emploi des machines élévatoires. Nousrenvoyons, par conséquent, à l’article des eaux depluie et aux machines élévatoires pour ce qui se rap-porte aux eaux dont il s’agit.

3. Eaux de source. Les eaux de source proprementdites sont rarement assez abondantes à leur origine, eth une température convenable pour servir aux irriga-tions. Leur emploi n’exige, du reste, aucun ouvrageparticulier ; nous voulons seulement parler ici d’unprocédé fréquemment employé en Italie pour réunirles eaux de source et les employer en irrigations. Ceprocédé consiste à ouvrir une tranchée atteignant leniveau où sourdent les sources, à observer attentive-ment les points où l’eau arrive en plus grande quantité,et à entourer ces points de tonneaux ouverts par lesdeux bouts, pour protéger la source contre les envase-ments et les éboulements de graviers. Quelquefois le

bouillonnement de l’eau n’est pas assez énergique pourindiquer nettement Templacement le plus convenabledes tonneaux; dans ce cas, les fontainiers milanaisabandonnent la fouille à elle-même pendant un an, etaprès ce temps ils placent les tonneaux aux points oùles touffes de cresson présentent la plus belle végéta-tion.

Plusieurs grands canaux de la Lombardie sont, enpartie, alimentés par des sources artificielles obtenuescomme nous venons de l’indiquer. Dans plusieursparties de la France ce procédé serait susceptibled’application.

i. Eaux de p/tue, étangs et réservoirs. Les réservoirsd’eaux destinés aux besoins de l’irrigation sont, sansaucun doute, l’un des plus puissants moyens de pro-pager cette utile pratique et d’apporter de précieuseset importantes modifications au régime général deseaux d’une vaste contrée. L’état morcelé de la pro-priété en France leur donne, en effet, un intérêt toutparticulier au point de vue des travaux privés, etl’heureuse disposition du terrain, dans quelques-uns denos départements montagneux, permet à T Etat de lesutiliser à peu de frais, et sur une très grande échelle,pour l’amélioration du régime des eaux, de la naviga-tion et de l’agriculture sur d'immenses étendues depays. « Partout, dît M. de Gaspnrin, où un vallon,recevant les eaux d'une vaste surface de collines,laisse échapper, lors des pluies ou des orages, un tor-rent passager qui souvent dégrade les terres inférieu-res ; partout où un ruisseau trop peu abondant pourêtre utile peut être retenu, et scs eaux mises en ré-serve pour le besoin, la création d’un réservoir peutdevenir une source de richesse. Il suffit de calculeret la quantité d’eau que Ton peut recevoir, et l’étenduedu bassin que Ton doit former, et les frais que coûterasa construction, puis balancer ces dépenses avec l’ac-croissement de valeur qu’acquerront les terres à arro-ser. »

La capacité d’un réservoir dépend et de la quantitéd’eau qu’il peut recevoir et de celle dont on a besoin.On donnera plus loin tous les détails nécessaires à ladétermination du volume d’eau d’irrigation nécessairepar hectare, c’est-à-dire le moyen de fixer la limite in-férieure de la capacité d’un réservoir projeté. Pour lemoment on ne s’occupera que du moyen de détermi-ner le maximum de sa capacité, c’est-à-dire lu quantitéd’eau qu'il est sage d’attendre de l'établissement d’unouvrage de cette nature.

La détermination de la capacité d’un réservoir estun problème extrêmement complexe, et qu’il est im-possible de traiter d’une manière complètement rigou-reuse ; on essayera donc seulement d’indiquer ici lesprincipaux éléments de la question. On ne manquerapas de remarquer l’analogie de ce sujet avec celuiqui a été précédemment traité en parlant des marais.Les différences entre les règles qui seront poséesmaintenant, et celles qui ont été données dans lepremier cas, s'expliquent facilement en observantqu’il convenait, pour éviter tout mécompte, d’arriverà une évaluation du maximum de la quantité d'eau àrecevoir dans le premier cas; tandis que clans celuidont il s’agit maintenant, il importe d'autant plus des’arrêter à un minimum , que c’est précisément dansles années où le réservoir recevra le moins d’eau queles terres en auront le plus besoin.

L’eau des réservoirs a deux origines différentes : lessources ou ruisseaux à débit plus ou moins régulier,et les eaux de pluie coulant à la surface du sol. Ilsuffit de jauger, pendant une assez longue période detemps, les courants permanents, en un point voisin duréservoir projeté, pour évaluer le volume d’eau qu’ilslui fourniront ; la détermination du produit des eauxde pluie coulant à la surface du sol ou se réunissant