AGRICULTURE,
AGRICULTURE.
dans les rigoles qui les amènent au réservoir, pré lenteplus de difficulté et d incertitude. Voici comment ilconvient de procéder à cette recherche.
On doit déterminer d’abord l’étendue de la surfaceversant dans le réservoir projeté. On y parvient fa-cilement en traçant, par quelqu s nivellements, la lignedéfaite qui circonscrit le bassin; ou, plus simplementencore, au moyen d’une bonne carte topographique dela localité, quand il ■ n existe. La carte de l’état-majorsu lit, dans beaucoup de cas, pour les recherches decet ordre.
Lorsque la surface du bassin versant a été dé-terminée, si l’on veut opérer avec beaucoup de ri-gueur, quand il s’agit d'ouvrages d’une grande im-portance, il faut déterminer la hauteur d’eau de pluietombant annuellement sur différents points du bassin(voy.chnp. II, sect. 3% V), et prendre la moyennedes résultats obtenus. Mais cette méthode est beau-coup trop longue et trop compliquée pour des tra-vaux particuliers d’une faible importance. On doitdonc se borner à prendre pour la hauteur d’eautombée dans le lieu que l’on considère, celle qui a étéobservée dans une localité analogue et voisine, autantque pos ible, de celle où l'on se trouve. Le tableau dela troisième section du chapitre II est assez étendupour donner «à cet égard, dans toutes les parties de laFrance , des indications suffisantes. Les moyennesfournies par le tableau ou par de- observations directesdoi eut être réduites, dans un eertain rapport, pouréviter tout mécompte dans les années de sécheresse.Il serait difticile de fixer ce rapport d’une manièreabsolue ; mais, en pratique, il paraît suffisant de prendre,pour la hauteur d’eau tombant dans le bassin consi-déré, les 3/4 ou les 5/6, dans les pays très secs, de lamoyenne fournie par plusieurs années d’observations.Celte hauteur d’eau ainsi corrigée, multipliée parl’étendue de la surface versante, représenterait laquantité d’eau sur laquelle on pourrait compter, si ellearrivait entièrement au réservoir, et s’y conservaitsans perte. Mais l'évaporation et les infiltrations quise produisent soit à la surface du sol, soit dans leréserv oir lui-même, réduisent dans une forte proportion,comme on va l’indiquer, les eaux disponibles.
Les expériences positives pour déterminer la fractionde l’eau tombée sur un bassin qui arriv e au point le plusbas de ce-bassin, sont assez rares. Voici les principalesévaluations fournies à cet égard par les auteurs lesplus accrédités.
Au canal de Bourgogne on a jaugé la Brenno, avectous les soins convenables, pendant 1,120 jours, enobservant, en même temps, les hauteurs d’eau tombéesà Pouilly, et l’on a obtenu les résultats suivants, tropimportants pour n’êtrc pas intégralement rappelés :
ANNEES.
HAUTEUR
d’oau
fournie par la
Prenne,
par m. carré.
PLUIE
tombée
à Pouilly.
RAPPORT
1834 (trois mois)
| 1835: 1836
j 1837 (dix mois)
($36
0,432
0,729
0,377
m.
0,110
0,856
1,019
0,705
0,32
0,50
0,70
0,53
Les rapports de l’eau recueillie à l’eau tombée surle bassin versant sont respectivement 0,45, 0,19,0,15 et 0,22 pour les réservoirs de Grosbois, dePoultier, de Tillot et de Chazilly au canal de Bour-gogne . Sur le canal du Centre, on a trouvé 0,34pour l’étang de Torcy, et 0,25 pour l’étang Ber-
thnud, en admettant que la hauteur d’eau de pluietombée était de (l"',65 dans la vallée de ce dernier réservoir. Enfin, on admet que les réservoirs de la mon-tagne Noire reçoivent les deux tiers de l'eau tombéedans les bassins qui les alimentent.
La couche d’eau qui tombe annuellement dans le dé-partement du Cher , évaluée d’après une moyenne devingt années d observations, a 0"',53 d’épai-eur. Lesréservoirs du canal du Berry ont été construits dansl’hypothèse, continuée maintenant par l’expérience,que le tiers de cette quantité, c’est-à-dire 1,706 mètrescubes par hectare, arri érait aux réservoirs.
Les chiffres précédents permettent, par analogie, defixer le volume d’eau fourni à un réservoir par hectareversant. On peut admettre en résumé, et comme ré-sultat moyen pratique pour les petites opérations, que,dans le centre de la France , on ne doit compter quesur le tiers ou la moitié au plus du volume tombé, enprenant bien entendu pour ce volume les 3'4 ou le^ 5/6seulement, comme on la d-jù dit, de la hauteur moyennede pluie obtenue par un grand nombre d’années d’ob-servations.
Pour évaluer le volume d’eau qui restera disponiblepour les irrigations, il faut encore déduire du résultat,calculé comme on vient de le dire, le volume d’eauenlevé par évaporatiou à la surface du réservoir. Cettedernière quantité entrés variable d’un point à un au-tre. Voici quelques chiffres ù ajouter à ceux qui ontété précédemment donnés au sujet du drainage et desdessèchements. M. Surell estime que l’évaporation,pendant la période estivale, est de Ü" l ,U07 par vingt-quatre heures dans les étangs de la Camargue . Latempérature de cetto partie de la France explique l’é-lévation de ce chiffre, qui est presque double de celuique l’on peut adopter dans le centre. On admet gé-néralement que l’évaporation aunuclle, en France , en-lève une couche d’e.m de beaucoup supérieure ùcelle queverse la pluie. Cependant, des expériences récemmentpubliées et qui paraissent fort bien faites ont fourni,de 1839 à 1845. les résultats moyens suivants, qu'ilpeut être utile de donner à titre de renseignement :
ALTITUDE.
PLUIE.
BYAPORATIOJ.
Saint-Jean de Losne.
iDijon.
Pouillv.
m.
185
241
4(i0
85
m.
0,85830,75180,80 '80,5410
0,5658
0,6282
0,5648
0,4900
On sait d’ailleurs que le volume d’eau enlevé parl’évaporation est égal au produit de la surface moyennede l’eau dans le réservoir, par le coelficient d’évapora-tion applicable à la contrée où I on se trouve. En re-tranchant ce produit du volume d’eau reçu dans le ré-servoir, on obtient le volume réellement disponible.
Dans tout ce qui précède, on s’est borné à indiquerla marche à suivre pour le calcul du volume d’eaurendu annuellement disponible par un réservoir, et «àréunir les principales données numériques relatives àcette que-tion. Mais un dernier élément est nécessaireà la solution, c’est l’ordre de succès ion des arro-ageset le nombre de fois que l’on pourra remplir et viderle réservoir chaque année. Cette dernh-ro considéra-tion permettra de fixer sa capacité et d’évaluer laquantité d’eau disponible dans chaque saison. On nedoit pas d’ailleurs oublier qu’il faut toujours laisserdans le réservoir un certain volume d’eau, indispen-sable à la conservation des terrassements et à l’entre-tien de la salubrité de 1 air environnant.
Les explications précédentes permettent de faire en-