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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

trer en ligne de compte, dans le projet d’un réservoir,les principaux éléments de la question, et suffisentpour montrer les données préliminaires nécessaires àune solution complète du problème. Mais, pour for-muler une règle pratique qui puisse être immédiate-ment appliquée à la construction de petits réservoirs,par les personnes qui ne voudraient pas se livrer auxrecherches que nécessite une étude complète, nousdirons que, dans la plus grande partie de la France ,on peut admettre, sans crainte d’être au-dessus de lavérité, qu’en moyenne, et dans les circonstances ordi-naires , un réservoir fournit annuellement 4,000 à4,200 mètres cubes d’eau par hectare versant.

On peut accroître beaucoup la quantité d’eau amenéeà un réservoir, en ouvrant , dans l’étendue du bassinqui lui verse les eaux, une série de fossés à faible pentecommuniquant les uns avec les autres et avec le réser-voir, et destinés à recueillir les eaux après leur chute,sans leur laisser le temps de se perdre par infiltration,et par évaporation à la surface du sol. Parmi les appli-cations assez nombreuses que l’on pourrait citer de cegenre de travaux, pous rappellerons seulement que laplus grande partie des eaux de Versailles sont ainsirecueillies dans les plaines voisines.

On calcule le nombre d’hectares arrosables à l’aided’un réservoir donné, en divisant le volume d’eau qu’ilpeut fournir par le nombre de mètres cubes nécessairesà l’irrigation dun hectare. Ce dernier chiffre est égalau produit du nombre d’arrosages annuels par le volumed’eau que chacun d’eux exige. On reviendra plus loinsur l’étude des volumes d’eau nécessaires aux irriga-tions ; on va seulement rapporter quelques indicationsfournies au sujet des réservoirs par différents auteurs.M. de Gasparin admet que les réservoirs de profondeurmoyenne doivent contenir par hectare a arroser autantde fois \ ,000 mètres cubes d’eau qu’il convient do faired’arrosages. Cette formule donne évidemment une ca-pacité beaucoup trop considérable dans la plus grandepartie de la France. M.Polonceau estime que, dans lecentre, chaque arrosagede 24hcuresexige, par hectare,,200 mètres cubes d’eau pour les terres argileuse?, 300pour les terres franches, et 4 à 500 dans les terres sa-bleuses et perméables. Il base sur ces chiffres la capa-cité de ses réservoirs.

M. Pareto estime qu’en Sologne les réservoirs doi-vent contenir 2,000 mètres chbo-; d’eau environ parhectare de pré h arroser. Ce chiffre, pour cette localité,nous paraît largement suffisant; c’est à peu près, denotre côté, celui que nous avions adopté.

Construction des réservoirs. Lorsqu’il est possible d’a-mener les eaux au-dessus du niveau du terrain à irri-guer, et qu’il s’agit de former un petit réservoir, onpeut se borner a creuser le sol à une certaine profon-deur, et employer la terre provenant de ce déblai àformer une digue d’enceinte. On donne au talus de lafouille une pente de 1 1/2 à 2 de base pour 1 de hau-teur, et on établit le pied de la digue à 0“',30 ou 0“,40en arrière de l’arête de la fouille. Cette digue d’en-ceinte présente à peu près le profil des digues de dé-fense des rives. Son sommet doit être arrasé à 0 m 2bou 0"',40 au-dessus du niveau de l’eau. Quand le solest imperméable, il suffit de bien piloner les terres de ladigue pour qu elle conserve l’eau. Mais si la terreest facilement perméable, il faut recouvrir les paroisde la fouille et des digues d’un corroi imperméable forméde sable gras naturel, ou d’un mélange d’argile enbouillie ct de sable, arrosé d’un fort lait de chaux. Ontaille alors les parois de la digue et ceux de la fouilleen redans, et on pilone par couches successives le cor-roi précédent, sur une épaisseur de 0 m ,08 à 0 m ,10.L’addition de chaux au corroi, même en très faiblequantité, a le double avantage de lui donner beaucoupde consistance et d’empêcher les vers et autres insectes

de le traverser. Le prix d’établissement d'un réser-voir construit comme nous venons de le dire est facileà calculer dans chaque localité. Presque toujours leurconstruction, bien qu’assez dispendieuse, constitue ce-pendant une opération lucrative. Il convient de ne pasdonner à ces- réservoirs moins de 3 à 6 mètres de pro-fondeur.

Les réservoirs ou les grands étangs, destinés à rete-nir des quantités d’eau considérables, s’établissent dansdes vallées ou des plis de terrain que l’on ferme à leurpartie inférieure par un barrage. On doit d’abord étu-dier avec soin l’emplacement le plus convenable à laconstruction, c’est-à-dire celui où, toutes choses égalesd’ailleurs, on retiendra le plus grand volume d’eau avecla moindre dépense. Le point où la vallée est la plusresserrée et la plus profonde est celui qu’il convientordinairement de choisir pour l’établissement du réser-voir. Les digues ou barrages du réservoir peuvent seconstruire, suivant les circonstances locales ou leurimportance en maçonnerie, en terre seule ou en terrerevêtue de maçonnerie sèche ou à mortier. Les barra-ges en maçonnerie ne conviennent, en général, quepour des ouvrages d’une grande importance. Nous nedécrirons pas ici en détail leur construction, qui pré-sente assez de difficultés; nous dirons seulement qu’ilfaut établir leurs fondations sur un sol parfaitementsolide et incompressible. Ils s’enracinent dans le solpar redans. Ils peuvent avoir, en plan, une forme rec-tiligne, ou concave du côté de l’eau, ce qui, du reste,ne semble pas présenter d’avantage réel. L’épaisseurdu barrage augmente du sommet à la base. Le pare-ment extérieur doit présenter un fruit plus ou moinsconsidérable ou une courbe concave; le parementdu côté de l’eau offre une inclinaison régulière ou unecourbure plus ou moins prononcée, ou bien une sériede redans.

Un procédé géométrique très simple, analogue àcelui que l’on emploie pour vérifier la stabilité desvoûtes, permet de déterminer l’épaisseur à donner aubarrage. La résultante du poids du mur et de la pous-sée de l’eau, par unité de longueur, doit venir pas-ser à une distance telle de l’arête extérieure du mur,que les 2/3 de cette résultante, répartie sur cette dis-tance, ne donnent pas une pression supérieure à la résis-tance du sol de fondation ou à celle de la maçonnerieelle-même. Cette pression, en général, ne doit guèredépasser 5 à 6 kilogrammes; elle est de 6 k ,l9 au bar-rage de Bosmeléac, de 6 k ,48 à celui de Vioreau; elleétait de plus de -13 kilogrammes à celui de Grosbois,qu’il a été nécessaire de renforcer. Quand le sol n’estpoint très résistant, il convient que la résultante passeprès du milieu de la fondation. La maçonnerie desbarrages doit être exécutée d’ailleurs avec le plus grandsoin, et en employant de très bonne chaux hydrauli-que, au moins dans une certaine épaisseur du côté dol’eau.

Les digues en terre pour les réservoirs dont nousnous occupons ici, et dont les profondeurs n’excèdentpas 5 à 7 mètres, sont presque toujours plus économi-ques que les barrages en maçonnerie. Leur constructionexige un assez grand nombre de précautions.

Quand on a choisi l’emplacement du barrage, onindique par un piquetage fait avec soin, et en suivantla marche indiquée pour les digues des rivière?, l’em-placement que doit occuper le remblai auquel il con-vient de donner une certaine convexité du côté de l’eau.L’inclinaison du talus de ces digues dépend do leur élé-vation et de la nature des terres que l’on emploie. Dansles circonstances ordinaires, le talus du côté de l’eaudoit avoir 2 m ,50 «à 3 mètres de base pour 1 de hauteur,et le talus extérieur I à 2 mètres do hase pour 1 dehauteur. Dans les digues très élevées, on pour-rait ménager du côté de l’eau une ou deux banquettes