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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

tant que possible de faire des barrages de plus de 2 mè-tres ou 2'",50 de hauteur, car la construction devien-drait alors très difficile.

Les barrages mobiles ont l’avantage de s’enlevercomplètement en temps de crues, et de lais»er h l'eautout l'espace nécessaire à son écoulement. U existe untrès grand nombre de dispositions de barrages mobiles.L’un des plus simples et des plus employés dans cesderniers temps a été imaginé par M. Poiréc. On entrouve maintenant la description dans tous les ou-vrages de navigation ; mais pour les petits travauxdont nous parlons maintenant, une vantillerie, sem-blable à celle que nous avons décrite ci-dessus(fig. 82), est ce qu’il y a de plus convenable. Onmanœuvre les vannes en raison du remous dont on abesoin, et on les lève complètement en temps decrue. Quand lu vantillerie n’a qu’une dizaine de mètresde largeur, on la met en ligne droite ; si elle est plusconsidérable, il convient de la disposer, comme le*barrage» fixes, en chevron brîsé dont le sommet estdu coté d’amont. On lui donne ainsi plus de rigiditéet de force pour résister à la poussée.

La construction des barrages est toujours difficileet demande beaucoup de soins et de précautions quenous ne saurions indiquer ici. Nous recommanderonsseulement, comme l’une des précautions les plus in-dispensables, de bien enraciner les ouvrages dans lesdeux rives, où se trouvent presque toujours les pointsles plus exposés.

Canaux et rigoles d’irrigation. Après avoir indiquéles différents moyens de se procurer de l’eau, il fautétudier les dispositions des ouvrages qui servent àconduire cette eau du point où elle est réunie jusqu'auxchamps à arroser.

On distingue plusieurs classes de canaux d'irriga-tion, qui diffèrent les uns des autres par leurs dimen-sions et la nature des ouvrages qu’ils nécessitent. Lesuns conduisent l’eau depuis la prise jusqu’au point oùcommencent les irrigations. Ce sont les canaux d’ame-née proprement dits ; leur débit est à peu près constantsur toute leur étendue. Les canaux d’arrosage leur fontsuite ; sur ces derniers s’embranchent les différentesrigoles ou canaux secondaire», dont les ramificationsplus ou moins nombreuses portent l’eau jusqu’aux ri-goles du dernier ordre qui sillonnent les terres arrosa-bles. — On indiquera plus loin la disposition du sol àirriguer; pour le moment, il ne s’agit que d’examinerles canaux et les rigoles qui apportent l’eau au culti-vateur.

On ne saurait donner de règles générales pour dé-terminer, dans chaque cas particulier, le tracé des ca-naux et des rigoles principales d’irrigation. On ne pontqu’indiquer les conditions générales auxquelles doiventsatisfaire ce* travaux, dont les études exigent tonte lasagacité de l’ingénieur.

Le volume Q, d’eau à débiter par seconde, la pentepar mètre I, et la section fl d’un canal sont liés entreeux par les relations que nous avons précédemmentindiquées (2 e section), savoir :

RI = 0,00002-iu -h 0,000366 u*

n

R = ~ Q =Ou.

X

dans lesquelles, comme on sait, «représente la vitessemoyenne, et y. le périmètre mouillé. Mais il ne fautpas croire que l’une de ces quantités étant donnée,toutes lc-s autres peuvent être choisies arbitrairement.Les vitesses de l’eau dans les canaux , et, par suite,les pentes par mètre, sont renfermées dans des limitesassez étroites. Le tableau que nous avons donné à pro-pos des canaux de dessèchement, et qui indique les

vitesses que l’eau ne doit pas dépa-ser dans différentsterrain*, est également applicable au ca* actuel.

Plus la vitesse est grande, plus la section du canalpour un débit donné peut être faible, et plus par con-séquent sont réduits les frais d’ouverture des canauxet les pertes d’eau par infiltration et par évaporation.Mais, d’un autre coté, les grandes vitessesi nécessitentde fortes pentes qui réduisent d’autant la hauteur àlaquelle on peut amener les eaux d’arrosage, et entraî-nent d ailleurs d’autres inconvénients. Le choix de lapente des différentes parties d’un canal ou d’une rigoled’irrigation se trouve ainsi déterminé par un grandnombre de circonstances et de considérations qui doi-vent être soigneusement étudiées dans chaque casparticulier. Les auteurs donnent, du reste, à cet égarddes indications très variables, et les travaux exécutésmontrent qu’en effet il serait impossible d'indiquer parun seul nombre les pentes les plus convenables. Engénéral, on peut admettre que la vitesse, dans les grandscanaux, doit être comprise entre 0 m ,20 et 0“,50 parseconde.

Les pentes des grands canaux d’arrosage peuventvarier de 0"y10 à 0 ,u ,30 par kilomètre. Celles des ri-goles secondaires peuvent atteindre 1 mètre ou 1"'20;mais il est rare qu’il convienne de dépasser cette der-nière limite, à moins de circonstances exceptionnelles,quoiqu’on en rencontre plusieurs exemples dans le ta-bleau suivant, où se trouvent réunis quelques chiffresrelatifs aux pentes de certains canaux existants.

Désignation des canaux: paramètre:

Rigoles d’arrosage en pays de mon-tagnes, dans le Tyrol, les parties m . m.

hautes des Alpes , etc.2,00 à 6,00

Canaux d’Alaric, de la Gespc et de

Tarbes. 2,22 5,00

Canal du Bazcr (Haute-Garonne ). . 0,24 0,40

Canal de Craponne. 0,86 2,30

Canal des Alpines (parties modernes). 0,30 0,50

Canaux de Saint-Julien, de Cavail-

lon, etc.0,45 1,60

Canal de Marseille. 0,30 1,00

Canal de Pierrelatc.0,13 0,41

Canal dTvrée (Piémont).0,52 1,28

Canaux particuliers modernes dans

le Piémont. 0,36 0,84

Naviglio-Grande (Milanais). . . . 0,20 1,55

Caual de Pavie.0,18 0,41

Canaux particuliersmodernesduMi- •

lanais. 0,27 0,62

Quand on a fixé, à l’aide des considérations précé-dentes et de l’etude sur le terrain, le profil en longd’un canal ou d’une rigole, et que l’on connaît d’ail-leurs la portée qu’il doit avoir, la détermination duprofil en travers ne présente plus eu général de diffi-culté et ne demande que quelques essais. On donnepresque toujours à la section d’un canal la forme d'untrapèze dont les côtés qui forment les berges sontégalement inclinés. Cette inclinaison dépend de la na-ture des terres ; elle varie de 1 à 2 mètre» de base pour1 mètre de hauteur. Dans les terrains très peu résis-tants on est même obligé d’adopter des talus à pentesencore plus douces ; dans lessols très compactes, on peutau contraire rapprocher les talus de la verticale. Cer-tains canaux ouverts dans le rocher, ou garnis de re-vêtements en maçonnerie, présentent même une sectionrectangulaire. —U serait avantageux, comme nousl’avons déjà remarqué, de donner aux canaux, aumoment de leur creusement, la forme concave que l’eautend à leur faire prendre. Dans tous les cas, la crêtede la berge doit être à 0 m ,30 ou 0°*,40 au moins au-dessus du niveau de l’eau.