AGRICULTURE.
agriculture.
En supposant la journée des hommes occupés aubattage fixée à 2 fr. 50 c., M. de Gasparin donne lesprix de revient suivants pour les trois méthodes pré-cédentes :
1 hectolitre battu au fléau.1 fr. 30 c.
1- dépiqué par les chevaux. .1 11
1--par rouleau . . 1 15
Machines à battre. On a fait de nombreuses tenta-tives pour imiter par une machine le mouvement or-dinaire des fléaux; tous ces essais, y compris memeune machine d’ailleurs très ingénieusement disposéequi figurait à la dernière exposition de l’industrie,n'ont donné que des résultats défavorables. On y acomplètement renoncé. La partie essentielle des ma-chines ii battre généralement employées est un cylin-dre horizontal, armé d’un plus ou moins grand nombrede barres dirigées suivant ces arêtes et animé d’unmouvement rapide de rotation.Les épis reçoivent lechoc de ces battants et se dépouillent de leurs grains.On annexe quelquefois aux machines à battre des ap-pareils ii vanner et à nettoyer le grain. Ces mécanismesadditionnels absorbent beaucoup de force, et paraissentdevoir rester séparés de la machine à battre proprementdite. Nous allons décrire d'abord une machine à battrecomplète et de grande dimension, pour faire connaîtretous les éléments que peut présenter un appareil de cegenre, et ensuite nofis indiquerons quelques machinesplus simples et plus convenables que celle-là, pour leplus grand nombre de nos exploitations agricoles.
Cette machine et les suivantes peuvent Être misesen mouvement par une machine à vapeur, un manègeou tout autre moteur.
Les gerbes dans la machine représentée en coupeet en plan par les fig. 128 et 129 sont disposées surune espèce de table a, un peu inclinée et garnie derebords, et livrées par les ouvriers à l’action des cy-lindres cannelés h qui les entraînent vers le batteur c.Ce batteur est formé de deux couronnes en fer sur les-quelles sont fixées quatre barres unies; il fait 3 ou 4-00tours par minute et reçoit son mouvemeut, à l’aided’un pignon de 20 dents, de la grande roue d, garniede 120 dents, dont l’arbre communique directementavec le moteur et fait environ soixante tours par mi-nute. Toutes les autres transmissions de mouvementde la machine ont lieu au meyen de chaînes à la Vau-canson h. La paille, saisie par le batteur, est lancéeavec le grain dans le second compartiment de la ma-chine et sort en glissant sur le plan incliné#, aprèsavoir été successivement soumise à l'action des deuxfaneurs cylindriques armés de dents, /y, faisant à peuprès trente tours par minute. Le grain passe à traversles vides laissés entre les barres tt, tombe dans la tré-mie;, et delà dans le ventilateur A, placé au-dessous.Ce ventilateur est formé de quatre ailes, faisant envi-ron 230 tours par minute; il reçoit son mouvementd’une corde sans fin /, passant sur une poulie montéesur l’arbre du batteur. Les grains imparfaitement sé-parés de leurs enveloppes sont entraînés par le cou-rant d’air et recueillis par les petites hottes de la noria
qui les rejette sur les gerbes pour les soumettreune seconde fois à l’action du batteur et des faneurs.Le grain bien purifié est repris en m par une autrepetite noria p, qui le porte au tarare ordinaire u, r, /, s,que l’on voit à droite de la figure, dans lequel s’effectuele dernier nettoyage.
Les fig. 130 et 131 représentent une machine un peumoins compliquée que la précédente, dont elle diffèreessentiellement par la disposition du cylindre batteurc, qui; au lieu d’être formé de quatre barres unies,comme celui dont on vient de parler, est garni dehuit barres armées de fortes dents en fer. La partie ia-
I féricurc de l'enveloppe fixe de ce batteur est également| garnie de dents en fer disposées en quinconce, et entreJ lesquelles passent celles du batteur. Ces deux systèmesde dents ont pour but de soumettre les gerbes à deschocs plus multipliés, et de détacher ainsi plus complétement le grain des épis. Les machines de cette es-pèce fonctionnent bien, mais clics sont peu répanduesen France ; l’expérience démontre d’ailleurs que lesbarres unies suffisent parfaitement pour atteindre lebut proposé. Le second faneur a été supprimé dans lamachine qui nous occupe, ainsi que les cylindres can-nelés. Le batteur attaque les gerbes de haut en bas etles entraîne facilement dans la rapidité de son mou-vement. Le grain, comme dans la première machine,tombe dans la trémie #, et passe ensuite dans le tarareplacé au niveau du sol.
Les mêmes lettres s’appliquent, dans les dessinsprécédents, aux pièces analogues, et les flèches indi-quent le «ens du mouvement de chaque tambour. Losfigures expliquent d’ailleurs assez les détails du mé-canisme pour qu’il soit inutile de s’y arrêter davan-tage.
La machine à battre la plus simple est celle quel’on désigne sous le nom de machine de Itansome,(fig. 132). Elle est formée seulement d’un batteur àquatre bras renfermé dans une espèce de caisse rec-tangulaire en bois. On engage les gerbes en avant dubatteur : la paille sort à l'extrémité opposée, et legrain passe à travers les barres du contre-batteur.Cette machine est la plus convenable dans la plupartde nos exploitations.
Dans les machines que l’on vient de décrire, les cy-lindres batteurs ont de 0 m ,40 à 0"',80 de diamètre:cette dernière dimension paraît un maximum que cer-tains constructeurs ont eu le tort de dépasser. Les ma-chines à battre peuvent, en général, donner à volontéla paille froissée ou entière, suivant que l’on présenteles gerbes perpendiculairement ou parallèlement auxbatteurs.
Les machines à battre augmentent le rendement engrains, fournissent de la paille bien dégagée de pous-sière, d’une mastication facile, et par conséquent, quoiqu’on en dise, très convenable pour la nourriture desbestiaux. Elles substituent le travail des moteurs :icelui de l’homme, facilitent, par la promptitude de leuraction, les affaires commerciales, et rendent, en un mot,de grands services à l’agriculture.
Dos expériences faites à l’aide du dynanomètre doRégnier, par une commission de la Société d’agricul-ture de Seîne-et Oise, sur différentes machines établiesdans ce département, ont fourni quelques donnéesque nous extrayons du rapport de M. Pigeon. Les es-sais de la commission ont porté sur les appareils sui-vants :
1° Deux machines de M. Loriot, avec secouenr ettarare. Le manège de la première avait 7 mètres dediamètre. Les chevaux faisaient douze tours en cinqminutes. En supprimant le secoucur et le tarare, latraction tombait de 110 kil. à 75, à vide, ci de 210 à125, en charge.
2° Une machine de M. Papillon. L’arbre du batteurtournait sur des galets.
3° Une machine de M. "Winter , avec batteur «le 0 n ',33de diamètre seulement.
4° Une machine de M. Cambrav, avec batteur dedeux mètres.
5° Une machine de M. Mothes.
G° Une machine anglaise du Conservatoire des arts etmétiers . Elle était conduite par six chevaux faisanttrois ou quatre tours par minute, et donnant au bat-teur une vitesse de neuf àdouze cents tours par minute.
Le tableau suivant résume les principaux faits con-tenus dans le mémoire dont nous parlons :