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AGRICULTURE.

AGRICULTURE,

porte sept ou neuf séries d’alvéoles répondant chacuneh un tube qui descend à terre. Quand on veut semerune graine particulière, il faut lie la laisser arriverque dans les alvéoles qui lui sont destinées, et l’empê-cher de se perdre dans les autres# Pour atteindre cebut, le cylindre est recouvert d’une feuille mince decuivre, percée d’autant de trous qu’il y a de séries d’al-véoles. Une seconde plaque de cuivre peut glisser surla première, et fermer ou ouvrir à volonté les ouver-tures correspondant à telle ou telle série d’alvéoles. Onconçoit, dès lors, qu’en mettant la machine en mouve-ment, les graines se logent seulement dans les alvéolesdécouvertes, qui, en tournant avec le cylindre où ellessont pratiquées, les laissent tomber dans les tubes qui,enfin, les conduisent au sol. Chaque tube semeurest précédé d’un petit soc, pour ouvrir le sol, et suivid’une petite ratissoire qui recouvre la graine. Le se-moir Ilugues, à sept tubes, coûte 450 fr. Il peut semerenviron 4 hectolitres en un jour. Le grand modèle, àneuf tubes, coûte 500 fr.

Le semoir liarault se rapproche ù la fois des semoirsà cuillère et des .semoirs à alvéoles. Il est fort ingénieu-sement disposé, et peut so prêter à la semence detoute espèce de graine, par un mécanisme très simple.Il nous paraît supérieur aux autres instruments demôme espèce que nous connaissons, bien que nousn’ayons point eu l’occasion de le voir fonctionner engrand.

Semoirs d brossas. Le fond de la trémie de ces semoirs est fermé (fig. 127) par une brosse dure qui re-

Fig. 427.

tient les graines. Un cylindre garni de pointes ou decavités tourne au fond de cette même trémie ; chaquepointe ou cavité passe à travers la brosse, et quelquesgraines, passant en même temps, tombent dans lestubes semeurs. Fellemberg et quelques autres cons-tructeurs ont établi des semoirs sur ce principe; maisils sont, comme les autres, un peu trop compliqués.

Sejnoirs à soupapes. Dans ces appareils, au lieu d’é-carter les poils d’une brosse, les dents du cylindreagissent sur des touches, qui font ouvrir de petitessoupapes en cuir, placées au fond de la trémie à se-mence. Cette disposition rappelle celle des cylindresdes orgues organisés et autres instruments analogues.

Semoirs à barillet. Ccsderniers instruments consistenten un cylindre percé de trous à sa circonférence. Enfaisant tourner ces cylindres, il sort une ou plusieursgraines par chaque trou arrivant à la partie inférieuredu cylindre. Le semoir à turneps des Anglais , et plu-sieurs autres, sont établis sur ce principe. Leur mar-che n’est pas en général très régulière.

Troisième section» — Instruments pour recueillir etpréparer les récoltes.

Instruments tranchants. Les pailles et les herbes sccounent avec la faucille, la sape ou la faux. On trou-

vera à ce dernier mot des renseignements suffisants ausujet de cet instrument.

On a souvent essayé de construire des machines àfaucher. Toutes celles connues jusqu'à ce jour ne don-nent que de mauvais résultats, ou sont trop compli-quées et trop chères pour entrer dans la pratiqueagricole.

On indiquera, en parlant des cultures, les procédésde fanage et do séchage, et, dans le cliap. VIII, lesprocédés de conservation des récoltes.

Instruments pour le battage des grams. Le battagedes céréales est une opération importante, et qui mé-rite une étude d’autant plus attentive qu’elle peuts’exécuter facilement, et avec économie, au moyen demachines, dont l’introduction dans les fermes constitueun progrès véritable. Nous allons passer en revue lesprincipaux moyens employés actuellement pour sépa-rer le grain de la paille.

Fléau. Tout le monde connaît cet instrument, forméde deux pièces de bois réunies par des courroies. Unbatteur au fléau peut battre par jour de soixante-dix àquatre-vingt-huit gerbes fournissant 2 hectolitres à2hect. 50 de grains. On réunit généralement plusieursbatteurs en grange qui frappent en mesure sur le grain.Le rapport du prix du battage à la valeur vénale dugrain est assez variable. Il s’élève, en moyenne, à :

3 p. 100 dans le département de la Haute-Vienne ;

5 — — de Tarn-et-Garonne ;

5 1/2 p. 100 dans le département des Pyrcnées-

Orientales ;

6 1/2 p. 100 dans le département du Jura et dans

celui de la Savthe ;

6 1/3 p. 100 dans le département du Puy-de Dôme;

6 2/3 — — de la Ilautc-Vienne ;

8 1/2 — — de l’Isère .

Dépiquage. Ce mode de séparation du grain et dela paille n’est employé que dans quelques-uns de nosdépartements méridionaux. Il consiste à faire marcherou trotter des chevaux ou des mulets sur les gerbes,étendues sur le sol en plein air. Le dépiquage emploieenviron un homme par deux chevaux. Chaque cheval,ainsi surveillé, ne produit pas plus de 5 hect. de grainspar jour. Les loueurs do chevaux, dans le Midi, pren-nent 4 p. 100 du grain, et on est obligé de leur fournirla main-d’œuvre. Ce procédé est donc, en général, aumoins aussi coûteux que le précédent.

Bouleau à dépiquer. L’emploi de ces machines, commela méthode précédente, est restreint dans quelques dé-partements du Midi où la disposition des aires à battre,et surtout l’état de parfaite dessiccation des gerbes, ren-dent leur action aussi facile que possible. Les rouleauxsont cannelés ou unis. Ces derniers paraissent réussiraussi bien, et sont plus simples de construction et plusfaciles à manœuvrer. On donne à ces rouleaux la formed’un tronc de cône, pour qu’ils décrivent plus facile-ment le cercle ou les spirales qu’ils doivent parcourir.Le poids du rouleau doit être tel, quand on opère surune couche de gerbes de 0"\06 d’épaisseur, que chaquetranche de 0 m ,()1 de ce rouleau pèse 22 kil. au moins.Le rouleau peut s’employer de différentes manières.Sur une aire carrée on peut faire décrire à l’instrumentune seule circonférence, et disposer les gerbes sur labande annulaire qu’il décrit, ou bien couvrir de gerbestoute l’aire, et faire décrire au rouleau une spirale tellequ’il passe successivement sur toutes les gerbes. Onobtient facilement ce résultat en attachant à la tête ducheval une longe qui s’enroule autour d’un pieu placéau centre, et qui ramène ainsi peu à peu cet animalen ce point. Enfin, dans une aire rectangulaire, on faitdécrire au rouleau une espèce de cycloïdc, telle quel’action s’exerce successivement sur toute la surface.