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AGRICULTURE.

AGRICULTURE.

L'expérience, d’accord avec la théorie, est venue jdémentir les promesses des prospectus de ces divers jengrais. Ces mélanges, bien que brevetés, ne sauraientassurément constituer une invention. Tout le mondea le droit d’en composer, et de s’en servir au besoin.

Os et autres engrais phosphatés. Les récoltes enlèventau sol une forte proportion d’acide phosphorique né-cessaire à leur constitution et à leur complet dévelop-pement. La plus grande partie de cet acide ne se re-trouve pas dans les fumiers de l’exploitation, puisqueles phosphates se concentrent principalement dans lesproduits exportés, c’est-à-dire dans les grains, le lai-tage et les animaux. Il est donc indispensable de res-tituer ou de fournir à la terre les phosphates essentielsà sa fertilité. La valeur des os, commecngrais et commeamendement, n’est pas assez connue dans la plusgrande partie de la France ; tandis que nous laissonsperdre ou exporter des quantités énormes d’os, nosvoisins, comprenant mieux leurs intérêts, les recueil-lent avec soin, les font venir à grands frais, et enri-chissent leurs terres arables de tous les phosphatesdont les nôtres s’appauvrissent. Les agriculteurs pour-raient facilement réaliser, dans beaucoup de localités,des bénéfioes importants, en faisant recueillir les osdans leur voisinage, et en les employant à fumer leursterres.

Les os entiers ou en gros fragments ne se décom-posent qu’avec une extrême lenteur. 11 convient doncde les réduire en poudre avant de les employer. Quandon n’opère que sur de petites quantités, on peut lespulvériser sur une pierre, ou un bloc de bois garni declous à têtes pointues, avec un fort maillet de bois durcerclé en fer et garni de clous, ou d’une plaque de fontedure taillée en pointes de diamant. Mais si on opèreun peu en grand, ce procédé serait trop dispendieux,et il devient nécessaire de recourir aux machines. Il aété proposé un assez grand nombre d’appareils pourécraser les os. Le plus simple consiste en une paire demeules verticales, en fonte ou en pierre dure, dispo-sées comme celles des huileries. En Auvergne , où l’en-grais d’os est assez employé, on se sert, pour les écra-ser, d’un appareil fort simple, composé d’une espècede râpe circulaire, mise en mouvement par une rouehydraulique, et sur laquelle on appuie fortement lesos placés dans une trémie, au moyen d’un levier en ■bois. En Angleterre, et dans une ou deux fabriques |françaises, le moulin à broyer les os sc compose detrois ou quatre paires de cylindres cannelés en fontedo plus en plus rapprochés, et entre lesquels les ossont obliges de passer. On broie, par heure, et paiforce de cheval, de 100 à 15W kilog. d’os.

Depuis quelques années on emploie avec succès,sous le nom de superphosphate de chaux , un mélanged’os en poudre, calcinés ou naturels, avec le tiers oula moitié de leur poids d’acide sulfurique ordinaire.Pour préparer ce mélange, on humecte légèrement lapoudre d’os, et on la met dans des cuviers, puis onajoute peu à peu, et en remuant sans cesse, la quantitévoulue d'acide sulfurique. Le superphosphate de chauxdes fabriques anglaises, quand il n’est pas sophistiqué,contient, en moyenne : j

Phosphate de chaux. 35 à 4-0

Sulfate de chaux,.20 25

Eau. 20

Matière animale. 20

On a proposé de remplacer l’acide sulfurique parles acides chlorhydrique ou acétique impurs ; mais il est \évident que l'acide sulfurique est, en général, debeaucoup préférable. j

Les os ne sont pas la seule source de phosphates .dont puisse disposer l’agriculture. Nous avons trouvé iune certaine proportion de ces sels dans plusieurs sables •

de mer que nous avons eu l’occasion d’examiner, etqui sont employés par les cultivateurs du littoral de laManche. Les excellents effets bien constatés de cetteespèce d’amendement sont probablement dus, en par-tie, à la présence de ce compose. On a découvert, de-puis deux ans, en Angleterre, des marnes phospha-tées; elles paraissent produire d’excellents résultats.Tout me porte à croire qu’il existe en France beau-coup de marnes analogues; leur recherche serait assu-rément une des études les plus utiles à entreprendre.Enfin, il existe, dans certaines contrées, et notammenten Espagne , des dépôts considérables de phosphate dechaux, que les minéralogistes désignent sous le nomà'apatite. Il serait à désirer que l’on connût beaucoupde gisements de cette roche. Il suffirait de la réduireen poudre, et au besoin de la traiter par l'acide sulfu-rique, pour obtenir un excellent amendement qui pour-rait rendre la fertilité à bien des terres dépourvuesd’acide phosphorique.

La quantité de phosphates employée par hectarevarie de 10 à 40 hectolitres.En général, il suffit d’unefumure tous les trois ou quatre ans.

Pour donner une idée de l’importance du commercedes os en Angleterre, nous nous bornerons à citer leschiffres officiels de l’importation, pendant une périodede cinq années :

Poids importés.

1813. 42,036 tonneaux.

1844.

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1845. ....

1846.

. . . . 34,050

1847.

. . . . 29.646

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Transport des engrais. On a déjà donné, en parlantdes irrigations, quelques renseignements sur le répan-dage économique des engrais liquides plus ou moinsétendus; mais dans le Nord on les emploie beaucoupplus concentrés, et on les transporte dans les champsau moyen de tonneaux montés sur deux roues, ou sim-plement placés sur un liaquet. En Allemagne , on se

«

Fig. 139 (0,02)

Fig. 140 (0,02).

sert pour ce transport d'une cuve, mixitée comme l'indi-quent les fig. '139etli0. Cette disposition est très simple,