AGRICULTURE.
AGRICULTURE
4,000, 5,000 et meme H,000 francs. On conserve, pourla reproduction, les plus beaux individus; les autres
Fig. 172.
sont vendus ou exportés pour servir à différents tra-vaux.
II n’existe pas d’expériences sur la consommationet le travail de Fane; mais sa sobriété, sa force, et laqualité de son fumier, le rendraient certainement pré-cieux dans beaucoup de localités trop pauvres et troparides pour entretenir des chevaux.
IV. RACE OVINE.
La race ovine fournit à l’homme de la chair, de lalaine et quelquefois du lait. Elle offre ainsi des produitsnombreux et importants; mais elle exige des soins at-tentifs, et est soumise à un assez grand nombre d’affec-tions qui font éprouver aux propriétaires des pertesconsidérables, qui ont souvent découragé beaucoupd’agriculteurs.
Guidés par les mêmes principes pour tous les ani-maux de boucherie, les Anglais ont obtenu une raceîle moutons (tig. 173) remarquable par son aptitude à
l'engraissement, et par la qualité de la laine de cer-taines variétés.
Les races ou variétés les plus répandues en France sont désignées par le nom des contrées où on lesrencontre principalement; tels sont les moutons duRoussillon, de l’Auvergne, du Poitou, des Ardennes ,du Berry, de Sologne, etc. En Angleterre, on estimesurtout les south-down, les new-kent et les dishleys.Ces derniers commencent à se multiplier en France ,ainsi que les mérinos et divers produits de leurs croi-sements.
Le pâturage estle régime le plus convenable à la santé
des troupeaux de moutons ; mais il doit être dirigé avecbeaucoup de soins et d’intelligence. Un bon berger estde toute nécessité pour arriver à avoir un bon trou-peau. Un berger et son aide suffisent à un troupeau detrois cents têtes. Le mouton craint surtout l’humiditéet le brouillard ; on peut lui faire passer la nuit dehors,l’été; mais, en général, il est plus sûr de le rentrerchaque soir; il faut éviter de le laisser le jour à l’ar-deur du soleil.
Un mouton de taille moyenne mange, par jour,4 kilog. d’herbes vertes ou 1 kilog. de foin sec. Cettedernière nourriture ne lui est pas propice. Il est bonde la varier en mettant une quantité de racines équi-valente à la demi-ration.
On engraisse les moutons par un pâturage abon-dant, à l’étable, ou en combinant ces deux méthodes.L’engrais à l’herbage n’exige que deux mois ou deuxmois et demi, dans des circonstances favorables. Laluzerne, le trèfle et le sainfoin sont les plantes qui en-graissent le plus vite ; mais les deux premières produi-! sent facilement la météorisation,j L’engraissement à l’étable se fait de différentes ma-l nières, suivant les lieux et le prix des denrées : tantôt: avec des résidus de sucreries, tantôt avec du grain oudos graines légumineuses concassées. Dans beaucoupde localités, la ration se compose, par jour, de1 kil. de foin, et de 400 à 500 grammes de tour-teaux et d’avoine. On supprime les tourteaux, et onles remplace, pendant les quinze derniers jours de l’en-graissement, par du grain, pour éviter le goût dés-agréable qu’ils donnent à la viande. Les navets con-viennent parfaitement à l’engraissement des moutons ;ils communiquent à la viande de très bonnes qualités.On peut les faire consommer sur place ou à l’étable,après les avoir fait couper et mêler avec de la paille, dufoin haché, ou des balles et un peu de sel, dont l'u-sage paraît, en général, très avantageux dans l’en-graissement du mouton. D’après M. Barrai, il faut parjour à un mouton du poids de 25 kil. une dose de selcomprise entre 3 et 9 grammes, et dans les plus or-dinaires de 5 grammes, en supposant qu’il n’y ait pasde sel naturellement renfermé dans la ration alimen-taire.
La ration journalière des moutons à l’engrais estréglée, en moyenne, à raison de 3 kil. de foin, oud’une quantité équivalente d’autres matières, pour100 de poids vivant. L’augmentation de poids, dansde bonnes conditions, varie de 7 à 8 kil. par 100 kil.de foin consommé.
Le fumier produit par les moutons présente unegrande importance quand on le recueille convenable-ment. Le parcage est le moyen le plus économiqued’atteindre ce résultat. Il consiste, comme on sait, àrenfermer, pendant la nuit, les moutons dans une en-ceinte facile à déplacer, et établie sur le champ labouréque l’on veut fumer. On regarde la fumure comme trèsforte quand chaque mouton, occupant un mètre carréde surface, en moyenne, reste deux nuits sur le mêmechamp; elle est déjà forte quand il n’y passe qu’unenuit.
Les moutons abattus donnent de 40 à 50 kil. deviande de boucherie pour 100 kil. de poids vivant.
La quantité de laine produite annuellement par unmouton n’est pas moins variable que sa qualité. Elledépend à la fois de la nourriture de l’animal, deson espèce et des soins qui lui sont donnés. Onestime qu’un mouton produit par an, en moyenne,1 kîl. de laine ; mais cette quantité s’élève quelquefois; jusqu’à 4 et 5 kil. On trouvera au mot laine le modede lavage et de préparation des toisons. Pour donnerune idée des différences qui existent d’une laine à l’autre,nous reproduirons seulement les quelques chiffres sui-vants.