ALAMBIC.
ALAMBIC.
Il convient pour diminuer la tension de l’air com-primé dans le puits d’adapter au bas du tube de déga-gement de l’eau (JO et sur Tune de ses parois un robi-net permettant l'introduction de l’air; par ce moyen,il s’échappe par l’extrémité de ce tube un mélange ar-tificiel d’eau et d’air qui, étant spécifiquement plus légerque l’eau, peut être élevé à une hauteur plus considé-rable, sous la même pression.
ALAMBIC (angl. still, ail. blase). L’alambic est unappareil dont on se sert pour distiller les liquides; ilest formé de deux pièces : la cucurbitc, où s’opère ladistillation, et le réfrigérant où les vapeurs se conden-sent. Il sert surtout dans la préparation des spiritueux.
Un des grands progrès faits dans les distilleries mo-dernes est d'avoir réussi à extraire l’alcool en uneseule opération des liqueurs qui le renfermaient. Leschimistes, habitués depuis longtemps à se servir del’appareil de Woolf lorsqu’ils voulaient charger de ma-tières gazeuses un liquide contenu dans une série deflacons, n’avaient jamais songé à l’appliquer à la dis-tillation. Edouard Adam, simple ouvrier de Montpel-lier , après avoir assisté par hasard à une séance dechimie, eut le premier l’idée de s’en servir au lieud’alambic. Il Ht passer successivement d’un flacon dansun autre les vapeurs alcooliques, et recueillit dans ccsdifférents vases, avec un seul foyer, des esprits quiavaient les divers degrés de pureté et de concentrationdésirés. Il prit à ce sujet, en 1801, un brevet d’inven-tion, et ses succès, obtenus d’abord sur une petiteéchelle, le mirent bientôt à même de fonder dans suville natale une magnifique distillerie qui excita l’ad-miration de tous les chimistes-manufacturicrs d’alors.En novembre 1805, il prit un nouveau brevet putircertains perfectionnements qui lui permettaient d’ex-traire en une seule opération tout l’alcool contenu dansle viu. Adam conçut une telle joie de l’heureux succèsde ses premières expériences qu’il ne put s’empêcherd’en parler à toutes les personnes qu’il rencontrait;aussi eut-il bientôt plusieurs concurrents : Solimani,professeur de chimie de Montpellier , et Isaac Bérard,distillateur dans le département du Gard , imaginèrentd’autreis alambics, permettant d’extraire on une seulefois tout l’alcool contenu dans la liqueur soumise à ladistillation, et vinrent aussi diminuer les bénéfices dupremier inventeur. Mais aucun de ces appareils n’étaitcontinu, et c’est M. Cellier-Ulumenthal, dont le nomdoit être cher à l’industrie, qui eut l’idée de combinertout ce qu’il y avait de bon dans les systèmes quil’avaient précédé, et d’appliquer à l’appareil qui en estrésulté le système de la continuité si fécond danstoutes les opérations industrielles.
Les principes de la distillation des spiritueux re-posent sur le fait, que l’on peut séparer par. l’actionde la chaleur l’alcool des matières aqueuses avec les-quelles il est mélangé, et que cette séparation est d’au-tant plus complète que la température à laquelle onopère est plus basse. Cela est rendu évident par le jtableau ci-joint dû à Grœning.
La teneur alcoolique d’un liquide augmentant, dansune proportion très rapide, au fur et à mesure que lepoint d’ébullition s’abaisse, comme le montre ce ta-bleau, il s’ensuit que dans le procédé d’Adam, quiemploie une série de condenseurs successifs, les pro-duits de la distillation venant de l’alambic, sontd’abordcondensés dans le premier flacon ; mais celui-ci s’é-chauffant peu à peu, acquerra bientôt une températurenormale inférieure à celle de l’alambic, par suite de la-quelle il passera dans le second condenseur un liquidealcoolique d’une tenc\vr plus considérable, etc. Et endéfinitive, on obtiendra dans les divers flacons desproduits de plus en plus riches en alcool.
D’après le même auteur, l’alcool absolu a une den-sité de 0,791 à la température de — 20° centigrades et
LIQUEURS ALCOOLIQUES.
TENEUR ALCOOLIQUE
TEMPÉRATURE
de
DU LIQUIDE
DK LA VAPEUR
l'ébullition.
en ébullition
qui se dégage
pour 100.
pour 100 .
76” ,7 e
92
93
77”,7 e
90
92
11",S’
85
91
78",2 e
80
90 1/2
79”,0 e
70
90
79",2'
70
89
80",')'
65
87
■81”, 3'
50
83
82”,7'
40
82
83”, 9”
35
80
83",0'
30
78
86”,3'
25
76
87",7'
20
71
88”, 9”
18
68
90”,0'
15
,66
91”, 3'
12
• 61
92”, o'
. 10
55
93”,9'
7
50
93”,0'
5
42
96", 3'
3
36
97”, 6'
<2
28
98”,9'
1
13
100",0 e
0
0
bout à 75° 8 centigrades; ce qui ne s’accorde pas toutà fait avec les nombres donnés parM. Gay-Lussac (voy.alcool).
L’appareil de M. Cellier-Blumenthal est certaine-ment de tous les alambics de distillation celui qui réu-nit les plus grands avantages ; on peut le dire sans exa-gération, il est en quelque sorte le type de la perfection :il marche avec continuité sans exiger presque de sur-veillance, il donne de l’alcool rectifié ou non rectifié àun degré voulu, enfin et surtout il dépense très peu decombustible. Cette dépense qui s’élève souvent dans lesalambics discontinus jusqu’à trois fois le poids de l’al-cool à trois-six ou à 33" Cartier obtenu,n’est dans les ap-pareils construits d’aprèsle système Cellicr-Blumcnthal,que le quart environ du poids de cet alcool, c’est-à-direplus de dix fois moins considérable. La description quenous allons donner d’un de ces appareils continus,construit par M. Derôsne, montrera par quels moyenson est arrivé à cette grande économie.
AetB (flg. G5) sont deux chaudières de distillation ; lapremière A est placée immédiatement au-dessusdu foyer,la seconde B est chauffée par la chaleur perdue des pro-duits delà combustion. La chaudière Ase vidange par lerobinet a, et se remplit par le robinet c avec le contenu dela chaudière B ; le tube T conduit les vapeurs de la chau-dière A dans la chaudière B. Les niveaux r, r indi-quent la hauteur du liquide dans les deux cucurbites.Le trou d’homme b sert au besoin à nettoyer la chau-dière A. Au-dessus de la chaudière B se trouve fixéela colonne de distillation C ; cette colonne renferme dixcouples superposées de calottes mobiles, présentant al-ternativement leur concavité en haut et en bas, et rayon-nées à leur surface par des fils de cuivre soudés quitransmettent goutte à goutte le liquide condensé, d’unecalotte supérieure sur la calotte inférieure; chacun des