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ALLIAGES .

ALLIAGES .

plus grande quantité que la partie supérieure. Aussia i-on soin de faire les lingotières larges et peu pro-tondes pour diminuer autant que possible cet effet.

Lu pesanteur n’est pas la seule cause de la sépa-ration qui se produit pendant la solidification. Dèsque l’alliage commence à se figer, il se partage le plussouvent en un alliage moins fusible qui se solidifie lelong des surfaces suivant lesquelles le refroidissement alieu, et un autre alliage plus fusible et plus léger quiremonte vers le haut. C’est cet effet de séparation quifait la grande difîiculté de la fabrication des bouches àfeu, dans lesquelles se rencontrent parfois des tachesblanche», composées d’un alliage très riche en étain etqui forment des cavités lorsque la chaleur produite parl’explosion de la poudre les a fait fondre. Le seulmoyen de lutter contre de semblables effets par le modede moulage est d’activer le refroidissement; il n’y apas de séparation, si le métal est solidifié presque aus-sitôt qu’il a touché le moule.

Un autre effet qui cause souvent une altération fâ-cheuse dans la ténacité des alliages, c’est la cristallisa-tion qu’engendre le refroidissement lent qui se produitlors de la solidification dans des moules non métalliques.

L’alliage'chimique forme alors dans la masse, descristaux qui augmentent généralement la dureté de lamasse, mais en diminuent considérablement la ténacité.Il faut éviter autant que possible cet effet de cristalli-sation, qui trop considérable dans certains alliages, con-traint h renoncer à leur emploi dans beaucoup de cas.On y parvient en accélérant le refroidissement et aussiquelquefois en soumettant l’alliage pendant son refroi-dissement à une forte pression qui gêne ce mouvementmoléculaire. Cet effet s’obtient souvent en partie parl’emploi do masselottes ou masses considérables qu’oncoule à la partie supérieure des pièces qu’il s’agit defondre. Dans d’autres cas, cet effet est produit, et plussûrement par une percussion sur la masse fluide, aumoment où elle va se figer. C’est sur des alliages fon-dus dans ccttc condition que devraient être faites lescomparaisons de densité, de dureté, de ténacité qui sefont trop souvent sur des produits fondus dans desconditions différentes, ce qui ne peut conduire à aucunrésultat.

De la liquation. Si l’on chauffe un alliage a unetempérature insuffisante pour déterminer sa fusion, ets’il peut se former par certaines proportions des métauxun alliage fusible à cette température, celui-ci prendranaissance et abandonnera la masse métallique qui sub-sistera sous forme d’une carcasse. C’est sur cette pro-priété qu’est basé le procédé de liquation fort usitédans la métallurgie. Ainsi pour séparer l’argent ducuivre, on commence par fondre cet alliage avec unequantité de plomb, telle que le plomb et le cuivre soientatome a atome dans le composé. Lorsqu’on vient àchauffer l’alliage à un certain degré de chaleur, il scforme 2 alliages dont l’un beaucoup plus fusible, con-tient 12 atomes de plomb et I atome de cuivre ; etl’autre moins fusible renferme au contraire 12 atomesde cuivre et 1 atome de plomb. Le premier entraîne lesdouze treizièmes de l’argent, que l’on peut en retirer parla coupellation.

Importance de l’ordre de préparation des

ALLIAGES ÉLÉMENTAIRES QUI CONSTITUENT L’àL-liage composé. De la séparation d’un alliage simpleou compliqué en plusieurs alliages suivant leur ordrede fusibilité, il nous paraît qu’on doit en tirer uneconséquence importante relativement à leur prépara-tion et qui ne se trouvant pas jusqu’à ce jour nette-ment formulée, est cependant la hase de recettes pourla préparation de qualités estimées dans le commerce ;c’est qu’il n’est ptillement indifférent de préparer unalliage en ajoutant les métaux dans un ordre quelcon-que, et que deux alliages dans lesquels l’analyse chi-

mique fait reconnaître des proportions identiques desmômes métaux peuvent néanmoins être doués de pro-priétés très différentes. Un exemple nous servira à bienfaire comprendre notre idée.

C’est une chose bien connue dans l’artillerie que Lisbouches à feu en bronze fabriquées aujourd'hui, nevalent pas celles fondues sous le règne de Louis XIV ,par les frères Relier. Le général Gassendi le dit positi-vement dans son aide-inémoirc, et il ne faisait que pro-clamer un résultat que venait de constater l’usure denombre de pièces de canon de cette époque. Rien n’étaitplus facile néanmoins que défaire l’analyse du métal em-ployé par les frères Relier, et on reconnut qu’il contenait2 à 3 parties de zinc. M. Dusaussoy, qui fit en 1825des expériences nombreuses en vue do déterminer lesavantages qui résulteraient de l’addition du zinc dansl’alliage, a conclu des résultats obtenus qu’elle ne produisait pas d’effet utile. La tradition s’était-elle trom-pée? Nous ne le pensons pas.

Ce n’était pas du zinc que les frères Relier ajou-taient à leur bronze, mais bien un alliage de cuivre etde zinc déjà préparé. Leurs proportions étaient :100 parties de cuivre, 9 d’étain, (j de laiton. Or, n’ya-t-il pas grande différence d’ajouter à un bain decuivre et d’étain quelques centièmes de zinc, ce quiconstituera un alliage ternaire, ou du laiton, composéde cuivre et de zinc intimement alliés, qui, restantunis, formeront un alliage quaternaire. Il est probableque des expériences faites dans cette direction eussentdonné des résultats plus avantageux, et qu’on eût po-sitivement reconnu (ce que les expériences ont à peineindiqué) que le mélange plus intime qui résultait del’introduction du laiton, diminuait l’effet des liqua-tions intérieures.

On peut par une expérience bien simple constaterl’influence de l’ordre suivi dans la préparation des al-liages. Qu’on combine 90 étain et 10 de cuivre, et qu’àcet alliage on ajoute 10 parties d’antimoine, ou qu’oncombine 10 parties d’antimoine à 10 parties de cuivre,et qu’on ajoute 90 parties d’étain ; on aura deux alliageschimiquement les mêmes, et pourtant il sera facile dereconnaître que sous tous les autres rapports, fusibilité,ténacité, etc., ils diffèrent totalement. D’où cela peut-ilrésulter? Evidemment de la nature de leur combinai-son qui résulte de l’ordre suivi dans la préparation, etqui persiste après le mélange. L’expérience indique en-core dans beaucoup de cas, notamment dans la prépa-ration des alliages de plomb et d’antimoine, que si ouélève la température de l’alliage à un degré bien supé-rieur au point de fusion, l’alliage devient aigre et cas-sant. Cela provient probablement d’alliages qui se sontformés à cette température élevée qui ne peuvent plusensuite se redissoudre dans la masse.

Alliages divers. Passons en revue succincte-ment les principaux alliages qui ont fait l’objet de quel-ques travaux intéressants. On trouvera des détails pluscomplets sur ceux qui sont d’un grand intérêt dans l’in-dustrie aux divers articles qui en traitent plus spéciale-ment (Voir bronze, laiton).

Les métaux similaires n’ayant en général que desréactions insignifiantes les uns sur les autres, et don-nant lieu plutôt à de simples mélanges qu’à des allia-ges, tandis que les métaux de nature différente don-nent des produits d’un grand intérêt, il importe degrouper les métaux dans un ordre qui simplifie l’é-tude, au point de vue des propriétés physiques des com-posés.

Les métaux d’un usage réel et étendu, en ne comp-tant pas le platine qui ne s’emploie guère qu’à l’étatde pureté, sont au nombre de 11. Ce sont les seuls dontil y ait à s’occuper au point de vue de l’application.

Nouslcs diviserons on cinq classes, d’après leurs pro-priétés physiques.