quelquefois chauffée jusqu’au rouge. Les alliages duc-tiles furent ensuite étirés, les autres furent calibrés à lalime.
Chaque alliage a été soumis à l’analyse chimique,quoique, pour la plupart d’entre eux, les métaux eussentété combinés dans le rapport de leurs poids atomiquesou des multiples les plus simples de ces poids. Maisl’inégale oxydabilité des constituants, ou la volatilitéde l’un d’eux avait souvent notablement changé cesrapports. Il a fallu avoir égard, en outre, à la non ho-mogénéité de leur composition ; ceux surtout dans les-quels entrent des métaux dont les poids spécifiquesdifférent beaucoup entre eux, offrent souvent de grandesinégalités de composition, qui se trahissent déjà pardes différences de couleur et de malléabilité, mais quel’on reconnaît sûrement au moyen de deux analysesfaites sur des parties que l’on prend aux deux extrémi-tés, des verges. L’auteur a rejeté toutes celles qui of-fraient de trop grandes inégalités.
Les expériences de M. AVertheim portent sur 54 al-liages binaires et 9 alliages ternaires de compositionsimple et connue ; dans ce nombre se trouvent la plu-part des alliages qu’on emploie si fréquemment dansles arts, sans bien connaître leurs propriétés mécani-ques; tels sont le laiton, le bronze, le tombac, le paek-fdng, le métal des tam-tam trempé et non trempé,l’alliage des caractères d’imprimerie.
Ces expériences ont conduit l'auteur aux résultatssuivants :
I" Les coefficients d’élasticité des alliages s'accor-dent assez bien avec la moyenne des coefficients d’éla-sticité des métaux constituants; les condensations etles dilatations qui ont lieu pendant la formation del’alliage n’influent pas sensiblement sur ce coefficient.
On peut donc déterminer d’avance quelle doit être lacomposition d’un alliage pour qu'il ait une certaineélasticité, ou pour qu’il conduise le sou avec une vi-tesse donnée; pourvu que cette élasticité ou cette vi-tesse tombe entre les v aleurs extrêmes des memes quan-tités des métaux connus.
2" Ni la cohésion, ni la limite d’élasticité, ni l’allon-gement maximum ne peuvent être déterminés à prioriau moyen des quantités connues pour les métaux sim-ples qui les composent.
3" Les alliages se comportent comme les métauxsimples quant aux vibrations et quant à l'allonge-ment.
4° Si l’on suppose que toutes les molécules des al-liages sont à la même distance les unes des autres, ontrouve que plus cette moyenne distance est petite,plus le coefficient d’élasticité est grand. Toutefois,cet accord n’est pas suffisamment exact pour qu’on enpuisse conclure avec sûreté (pie l’arrangement molécu-laire est réellement tel qu’il a été supposé.
fusibilité. Les alliages sont toujours plus fusibles quele moins fusible des métaux composants et très souventplus que chacun d’eux pris séparément. L’alliage fusi-ble de Darcet , en est un exemple remarquable.
Chaleur spécifique. M. Régnault dans ses belles re-cherches sur les chaleurs spécifiques, a démontré quela chaleur spécifique des alliages était exactement lamoyenne des chaleurs spécifiques des métaux compo-sants ; les observations étant faites à une distance suf-fisante des points de fusion et de ramollissement.
Chaleur latente . Un beau travail de M. Kudberg, leplus curieux qui ait été fait dans ces dernières annéessur les alliages en général repose sur les propriétés dela chaleur latente.
Il a observé que quand on laisse refroidir un alliagefondu, le thermomètre devenait en général deux fois sta-tionnaire entre le point de fusion et de solidification,s’arrêtant une fois à un point commun à tous les allia-ges des deux mûmes métaux et une autre fois a un point
ALLIAGES.
qui varie avec leurs proportions. Il explique ainsi cephénomène.
Deux métaux fondus ensemble et bien mélangés doi-vent former une combinaison à proportions définies, quise trouve répandue dans celui d’entre eux qui est enexcès. L’alliage chimique quand il est seul, se solidifieà un degré déterminé que M. Rudberg appelle le pointfire. Mais quand il y a excès d’un des métaux, la soli-dification du métal et de l'alliage n’ayant plus lieu aumême degré, l’excès de métal qui généralement se soli-difie le premier, dégage alors sa chaleur latente, ce quiproduit un retard dans la marche du thermomètre. Cemétal solidifié reste ainsi disséminé dans l’alliage chi-mique encore fluide, qui lors de sa solidification occa-sionne à son tour un second arrêt du thermomètre, parle dégagement de sa chaleur latente. Ainsi d’aprèsM. Rudberg le plomb se solidifie à 325“, l’étain à 228"et pour les alliages d’étain et de plomb le point fixe està 187°, c’est le point de fusion de l’alliage chimiqueRb Sn 3 .
PROPRIETES CHIMIQUES DES ALLIAGES. Lu géné-ral les alliages se comportent comme le feraient les mé-taux séparés. L’état de combinaison modifie cependantdans certains cas, d'une manière très notable, l’actiondes divers agents chimiques.
Oxydation. L’action de l’air est en général moindresur les alliages que sur les métaux qui les composent. Ily a Cependant des cas où elle est plus grande, ainsil’alliage de 3 parties de plomb et l d’étain brûle ets’oxyde au rouge avec une extrême rapidité. Cet effetparaît résulter de la combinaison rapide qui sc produitentre les deux oxydes avec dégagement de chaleur, etsans doute d’un état électrique favorable à l’oxydationqui en provient.
Quand l’un des métaux qui entre dans un alliages’oxyde avec facilité, tandis que le second n’est pas oxy-dable, on peut les séparer en convertissant le premieren oxyde, tandis que le second reste intact ; c’est surcette propriété que reposent les procédés de coupella-tion qui permettent do séparer l’argent du plomb.
On séparerait encore en grande partie par ce procédédeux métaux différemment oxydables, celui qui jouitde cette propriété au plus haut degré, s’oxydant bienj plus rapidement que le second. O’cst ainsi qu’on estparvenu pendant la Révolution a séparer le cuivre del'étain, pour convertir en bronze à canons le métal descloches.
Action des acides, lis agirent en général sur l’alliagecomme sur le métal prédominant.
Pkkiwratiox des alliages. Premier procédé.— Le procédé le plus généralement suivi consiste àfondre ensemble les deux métaux à allier, soit en lesrenfermant tous deux dans le même creus.-t, soit enajoutant l’un des métaux au premier quand il est fondu.Il se développe une forte chaleur au moment du mé-lange.
Deuxième prn é</i\ — Quand l'un des îm-taux est vo-latil, ou que la réduction des oxydes isolés est très dif-ficile, on prépare les alliages en réduisant par le char-bon les oxydes des métaux à allier mélangés, ou l’undes métaux à l’état d’oxyde mélangé avec l’autre àl’état métallique. Le mélange des oxydes a sur le mé-lange dos métaux l'avantage de fournir des alliagesbeaucoup plus homogènes, néanmoins ce procédé estbien [dns fréquemment employé dans les laboratoiresque dans les ateliers. .
Mort. agi; des alliages. Quand un alliage a étéformé, on le coule dans des moules de formes détermi-nées, ou dans des lingotières. Avant de le coulev, ilfaut brasser le bain avec soin, autrement l’alliage neserait pas homogène, s'il y avait une grande différencede pesanteur spécifique entre les métaux alliés; la par-i tic inférieure contiendrait le métal le plus pesant eu
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