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ALUMINE.

ALUMINE.

oïl le fait égoutter, on le dessèche à une assez Lassotempérature, et on le calcine très légèrement jusqu’il cequ’il ne retienne plus à peu près que 10 pour 100 d’eau.Si l’on poussait plus loin la dessiccation, l’alumine,comme on le sait, deviendrait difficilement attaquablepar les acides. La dissolution de sulfate de soude estévaporée dans des chaudières en plomb, ou mémo entôle, et on doit terminer sa dessiccation sur la tôle d’unfour à réverbère. Dans ce procédé, il est évident que lecarbonate de soude employé est à pou près complètementperdu; en effet 100 kilogr. de carbonate cristallisécoûtent 33 fi\, on en retire à peu près 50 kilogr. de sul-fate sec à 10 fr. les 100 kilogr., soit 8 fi\; la perteest donc des trois quarts. Or, comme il faut près de500 kil. de carbonate de soude pour produire 100 kil.d’alumine, on voit que le prix do revient de cette der-nière en est sensiblement augmenté; malgré ces fraisconsidérables, les teinturiers trouvent déjà de l’avan-tage à préparer leur acétate avec l’alumine pure plu-tôt qu’avec l’alun; si donc on parvient par un procédéquelconque à éviter la perte de la soude, il est évidentque les débouchés ne pourront que s’agrandir. Les fa-bricants doivent diriger leurs recherches sur ce pointimportant, car il nous paraît probable que l’avenir desaluns et du sulfate d’alumine est en grande partie su-bordonné à celui do l'alumine pure.

alumine (sulfate d’). Le sulfate neutre d'alumineest composé de 3 équivalents d’acide sulfurique, d’unéquivalent d’oxyde d’aluminium et de 18 équivalents«l’eau; ou bien, 100 de sulfate renferment : 30 pour 100d’acide sulfurique anhydre, 15 pour 100 d’alumine et40 d’eau. Ce sel est très soluble, déliquescent môme, ensorte qu’il est impossible de le faire bien cristalliser engrand. On l’obtient et on le livre au commerce en mor-ceaux amorphes.

Le sulfate d’alumine est un produit tout nouveau dansl’industrie, et qui a pris en deux ou trois ans une grandeextension. Il est destiné à remplacer les aluns à base dopotasse ou d’ammoniaque , qui ch définitive n’agissentque par l’alumine qu’ils contiennent. L’emploi du sul-fate d’alumine présente donc cela d’avantageux, qu’iléconomise tout à fait les sulfates de potasse ou d’ammo-niaque qui entrent dans la composition des aluns, etque par conséquent l’alumine qu’il contient revient à unprix beaucoup moins élevé que celle de ces sels doubles.

Malheureusement, il y a un revers à la médaille : lesulfate d’alumine que l’on trouve dans le commerce n’apas toujours une composition identique; souvent il ren-ferme un grand excès d’acide sulfurique et une quantitéd’eau plus ou moins considérable. L’alun cristallisé, aucontraire, a une composition invariable et qui ne dépendpas de la volonté ou de l'habileté des ouvriers.

Un autre inconvénient du sulfate d’alumine, que n’ontpas les aluns, c’est que les qualités ordinaires contien-nent toujours une petite proportion de fer, très nuisibledans quelques applications; on peut, il est vrai, enlevercomplètement ce métal, mais le procédé est assez coû-teux, et nous ne croyons pas qu’il soit encore applicableaux qualités à bas prix.

Les restrictions que nous venons de poser prouventque la fabrication qui va nous occuper a encore des pro-grès à faire; mais il n’en est pas moins certain que lesulfate d’alumine, préparé avec soin, est un produit quiremplace l’alun avec avantage dans plusieurs circon-stances.

En principe, la préparation du sulfate d’alumine con-siste à traiter une argile par l’acide sulfurique, à lessi-ver ie produit de manière à séparer les substances inso-lubles, à précipiter le fer, enfin à évaporer la dissolution«le sulfato jusqu’au degré nécessaire pour qu’il puisse scprendre en masse, par le refroidissement.

L’argile que l’on emploie doit être riche en alumineet très pauvre en fer; à Dans, on fait généralement

usage de l’argile de Vanvres. La première opérationqu’elle doit subir est un lavage par décantation qui doitséparer lo sable, les cailloux et en général les substancesinutiles. L’argile est ensuite soumise à une dessiccationdans un four à réverbère; la température ne doit pusêtre trop élevée, parce que dans ce cas l’argile serait dif-ficilement attaquable par l’acide sulfurique ; 1,000 kilog.d’argile brute sont réduits, après ladessiccation,à 800kilog. L’argilo sèche et concassée est placée dans descuves ou bacs doublés de plomb ; on la délaie avec 1,125kilog. d’acide sulfurique à 53 u Baume, et on laisse sé-journer le mélange pendant vingt-quatre heures; uubout de ce temps, on lo porte dans une chaudière oubastringue en plomb, où l’on termine l’attaque en éle-vant la température jusqu’à l’ébullition. La chaudièreen plomb n’a que 30 à 40 centimètres de profondeursur une grande surface; on peut la fermer au moyend’un couvercle doublé de plomb, que l’on lute toutautour.

La flamme du foyer s’introduit d’abord sous le cou-vercle de la chaudière, de manière à lécher la surface dela matière; puis on fait revenir en dessous de la chau-dière les produits de la combustion, qui entraînent aveceux toutes les vapeurs acides développées pendant l’at-taque.

On emploie du bois pour chauffer la bastringue; ilsalit moins la matière et il donne une chaleur plus uni-forme.

L’attaque dure de huit à dix heures, et on obtient en-viron 1,004 kilog. de sulfate d’alumine brut pour les800 kilog. d’argile sèche employée, soit 100 kilog. pour42 kilog. de glaise sèche; l’attaque ne se termine pasentièrement dans la bastringue : au sortir de celle-ci, lesulfate brut est porté dans un four à réverbère, où l’onélève la température plus qu’on ne peut le faire dansune chaudière en plomb, mais cependant pas assez pourle décomposer.

Il s’agit maintenant de dissoudre le sulfate brut, pourle séparer de toutes les matières insolubles; le lessivagese fait méthodiquement dans un système de quatre cu-viers doublés de plomb, et on amène ainsi la dissolutionà 2!" Baume, si on ne veut pas précipiter le fer. Si, aucontraire, on veut obtenir du sulfate parfaitement pur,la dissolution n’a pas besoin d’être aussi concentrée,dans ce cas, on traite la liqueur par une dissolution deprussiate de potasse, qui précipite tout lo fer à l’état debleu de Prusse . Cette précipitation sc fait dans degrands bacs doublés de plomb ; si la dissolution de sul-fate d'alumine était trop concentrée, le bleu de Prusse so déposerait difficilement.

Au bout de huit à dix heures de repos, on décante leliquide clair, qui ne contient plus alors que du sulfated’alumine et quelques sels incolores en minime quan-tité; il ne reste plus qu’à l’évaporer pour l’amener àl’état solide.

L'évaporation de la liqueur sc fait dans des chau-dières en plomb ordinaires, si ce n’est qu’à l’une deleurs extrémités elles sont munies d’une large soupape,qui sert à en évacuer le contenu. L’évaporation doit êtrepoussée jusqu’au moment où un échantillon pris avecune spatule sc prend en masse par le refroidissement;à ce point de concentration, la liqueur marque 32°Baume; on la retire immédiatement en enlevant la sou-pape placée à l’extrémité de la chaudière. Le sulfate li-quide est reçu sur une aire dallée ou sur une feuille deplomb très épaisse, disposée bien horizontalement sur lesol de l’atelier. Par le refroidissement, le sulfate seprend en masse ; on le découpe en morceaux et on l’em-balle immédiatement dans des tonneaux.

Le bleu de Prusse qui est resté pour résidu est purgédu sulfate d’alumine par des lavages successifs, et endéfinitive par la filtration, qui l’amène à l’état de pâte.Si l’on n’a pas le débouché de cc bleu, il est nécessaire