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ALUN.

ALUN.

l’alan les pierres se délitent, et finissent pur se changeren une masse pâteuse qu’on lessive avec de l’eau chaude;on laisse les eaux de lavage s’éclaircir dans un grandréservoir; le liquide clarifié qui surnage est décanté,puis on le fait évaporer et cristalliser; enfin on purifieles premiers cristaux en les dissolvant dans de l’eauchaude et les faisant cristalliser de nouveau ; on ob-tient ainsi un alun propre à être livré au commerce.C’est ainsi qu’on fabrique l’alun de Rome qui est recou-vert d’une légère couche rouge de peroxyde do fer. Onretirerait de l'alunite une quantité notablement plusconsidérable d’alun, en la traitant par une quantitéd’acide sulfurique suffisante pour transformer tout l’hy-drate d'alumine en sulfate; l’attaque se fait avec la plusgrande facilité, et il est certain que dans un grand nom-bre de cas on trouverait beaucoup d’économie à em-ployer ce procédé.

2° Fabrication de l’alun au moyen des schistes alumi-neux. — La plus grande partie de l’alun que l’on trouvedans le commerce, en Angleterre et en Allemagne , s’ex-trait d’un schiste ardoisier, et alumineux et d’autresminéraux du même genre, contenant plus ou moins depyrites de fer et de matières charbonneuses ou bitumi-neuses. Celles-ci sont parfois si abondantes qu’elles ren-dent le minerai jusqu’à un certain point combustible.Dans les couches de lignite et de bois bitumineux, leslits supérieurs immédiatement recouverts par des cou-ches d’argile, sont composés de matières charbonneuses,mélangées avec de l’argile et des pyrites. On les inci-nère en tas et on lessive les cendres pour en retirer del’alun comme nous l’avons vu pratiquer en grand danstout le nord-ouest de la Bohême. Si l’on y trouve des ro-gnons isolés de pyrites on met celles-ci de coté et onles emploie pour la fabrication de l’acide sulfurique fu-mant ( voyez acide suLFUitiguE). Ce triple mélangeconstitue le caractère de tous les bons schistes alumi-neux, le charbon sert à économiser le combustible,rend la texture poreuse, et facilite ainsi la sulfatisation.En calcinant ces schistes, les pyrites de fer qu’ils reu -ferment perdent la moitié environ de leur soufre sousforme de soufre sublimé et passent à l’état de sulfurenoir magnétique qui exposé à l’action de l’air humide,en attire promptement l’oxygène et l’eau et se changeen sulfate de protoxyde de fer hydraté, ou vitriol vert.Les lignites terreux contiennent souvent des cristauxde vitriol vert qui se sont formés spontanément au mi-lieu d’eux. Le sulfate de fer transmet peu à peu souacide à l’argile, tandis que le fer se peroxyde, par l’ac-tion de l’air sous une faible élévation de température,et c’est ainsi que le sulfate d’alumine se produit. Uneportion du vitriol vert reste toutefois indécomposëe, et ily en a d’autant plus qu’il peut se trouver moins desautres bases salifiables dans l’ardoise alumineuse, pourpeu qu'il s’y trouve de magnésie ou de chaux, le vitriolse décompose plus complètement, et il se produit alorsune certaine quantité de sel d’epsom et de gypse.

La fabrication de l’alun au moyen des schistes alu-mineux peut se diviser en six opérations principalesqui sont les suivantes : 1° Préparation des schistesalumineux; 2" lessivage; 3" concentration des eauxde lessivage; brevetage; 5° lavage des cristaux; et0° purification de l’alun.

1 U Préparation des schistes alumirieux. Quelques-unsde ces schistes sont d’une nature telle qu’étant mis entas en plein air, et humectés de temps à autre, ilss’échauffent spontanément, et s’affaissent par degrésen une masse pulvérulente propre à être lessivée.Mais généralement, il y a beaucoup d’avantage à cal-ciner ou à griller les schistes alumineux ; la cohésion setrouve par ce moyen tellement diminuée, que leur dé-composition en devient beaucoup plus rapide; les pyri-tes ayant perdu une portion de leur soufre, se sonttransformées en un sulfure qui se sulfatisc avec une

grande facilité, et les vapeurs sulfureuses qui se déga-gent pendant le grillage attaquent une certaine quan-tité d’argile, et produisent du sulfate d’alumine.

lorsque le schiste contient trop peu de matière bitu-mineuse ou de charbon pour suffire au grillage, on doitle stratifier avec de la houille menue, du bois de fagotsou des branchages, de manière à en former des tastrès étendus en surface, et avant 4 m ,0ü à l'*',50 dehauteur; on met le feu sur différents points de lacouche inférieure de combustible, et lorsque la masseest bien embrasée, on ajoute successivement des lits deschistes, et au besoin de combustible, au-dessus dutas. A Whitby , ce mode d’empilement successif secontinue jusqu’à ce que le tas ait atteint une hauteurde 30 à 33 mètres, et l’aire horizontale est augmentéeen même temps jusqu’à ce qu’elle offre une surfaceà la hase d’environ 60 mètres de côté, de sortc«quc lamasse totale offre un solide d’environ 100,000 mè-tres cubes. On modère la rapidité de la combustion entassant sur les crevasses, du schiste en petits mor-ceaux humectés. Lorsqu’une masse aussi prodigieusese trouve embrasée, la chaleur est assurément tropforte, et il doit s’en dégager une immense quantité desoufre et d’acide sulfurique. Cette perte a été remar-quée aux fabriques de Whitby . A Ilurlett la hauteur àlaquelle on élève les tas est seulement de quelques pieds,tandis que l’aire horizontale est très étendue, ce qui estune. disposition beaucoup plus judicieuse. A Whitby , ilfaut 130 tonnes de schiste calciné pour produire unetonne d’alun. Sous le climat humide de l’Angleterre, ilserait convenable de recouvrir les strates formées debroussailles ou de houille menue et de schiste, d’unchapeau de schiste menu tassé, dont la surface seraitunie et n’offrirait que quelques soupiraux pour faciliterla circulation de l’air; une pareille masse ainsi disposéeprotégerait le tas entier contre la pluie, et empêcheraiteu même temps la combustion de devenir trop active.Si une pluie trop forte survenait, on creuserait unegouttière autour du tas pour recevoir la lessive alumi-neuse, et la conduire dans un réservoir.

On doit chercher à produire une chaleur continue,mais lente, et un feu égal; lorsque le feu est trop vif,le sulfate de fer peut former avec les matières terreusesune espèce de scorie, ou le soufre s’échapper à l’étatde vapeur; ce sont là deux accidents qui diminuentnotablement le produit en alun. Les schistes bitumi-neux qui ont été employés comme combustible sous leschaudières à vapeur, y éprouvent une combustion siviolente que leurs cendres ne contiennent presque plusd’alun. Les tas mêmes qui sont les plus régulièrementconduits sont susceptibles de brûler trop vivement lors-que le vent est fort; on doit, en pareille circonstance,tenir les carneaux bouchés avec soin. On peut admettrecomme une règle générale, que plus la combustion seralente, plus le minerai calciné sera riche en sulfated’alumine. Lorsque la calcination est complète, le tasà diminué de la moitié de son volume primitif ; il estrecouvert d’une cendre fine rougeâtre, et est devenu trèsporeux à l’intérieur, de sorte que* l’air peut circulerlibrement à travers la masse; pour en favoriser l’accès,les tas ne doivent pas être trop élevés, et par un tempssec, on doit parfois les arroser avec une petite quantitéd’eau, laquelle dissout et entraîne un peu de matièresaline, et rend par ce moyen l’intérieur de la masseplus accessible à l’atmosphère.

Lorsque le minerai calciné s’est entièrement refroidi,on doit procéder au lessivage. Mais comme depuis l’éta-blissement des premières assises des tas jusqu’à leurcalcination complète, il peut s’écouler plusieurs semai-nes et même des mois entiers,, on doit avoir soin d’enconstruire un nombre suffisant ou de les étendre assez,pour être en état de continuer le lessivage et les opérations subséquentes pendant tout le cours de l’année,