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A-F.
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ARGENT.

ARGENT.

le milieu entre l’or et le cuivre. Il fond au roupie vif,ou d’après Danieil, a iü22“ centigrades. Lorsqu’on lesoumet à une température extrêmement élevée, soit àl’aide d'une forte lentille, soit à l’aide du chalumeau àgaz oxygène ou d’une forte batterie électrique, il se vo-latilise rapidement et brûle avec une flamme verdâtre.Un fil d’argent de I millimètre carré de section, se romptsous un poids de 24 kilogr. Il est inattaquable par l'ac-tion des agents atmosphériques. Fondu il absorbel’oxygène de l’air, environ 22 lois son volume, qu’il dé-gage de nouveau en se solidifiant, ce qui donne lieu aurochage, singulier phénomène que MM. Gay-Lussac etLucas ont étudié avec soin, et dont ils ont fait connaîtreles circonstances aussi curieuses que remarquables. Cephénomène est surtout très intéressant à observer, sur degrandes masses d’argent fondu, 20 à 25 kilogr. parexemple. Lorsqifaprès avoir maintenu pendant long-temps à l’état de fusion une pareille quantité d'argentlin, on la laisse refroidir spontanément, la partie supé-rieure commence par se solidifier. Bientôt la voûte ainsiformée se fendille, et de l’argent très fluide s'échappepar les fissures et déborde sur la croûte en couche mince;cette première période du phénomène paraît due, nonpas à un dégagement gazeux, mais bien à l'expansionqui résulte d'un commencement de cristallisation. Bien-tôt après, et à mesure que le refroidissement continue, ledégagement gazeux commence en soulevant sur plu-sieurs points la croûte solidifiée, et donne lieu à la for-mation de véritables petits cratères volcaniques, parl’ouverture desquels sc dégage un courant d’oxygène,tandis que des laves d’argent fondu sc répandent pardessus leurs bords. Au milieu de chaque cratère on aper-çoit l’argent fondu qui bouillonne avec violence. A me-sure que le dégagement gazeux continue, la hauteur deces cratères augmente par suite de la solidification dumétal qui s’écoule par dessus leurs bords ; la plupartd’entre eux s’obstruent peu à peu, tandis que le gaz s’é-chappe avec une force constamment croissante en entraî-nant avec lui de petites gouttes d’argent fondu qu’ilprojette au loin, et en donnant lieu à chaque éruption àde petites explosions qui se succèdent par intervallestrès rapprochés. Les cônes d'éruption peuvent atteindrejusqu’à 2 ou 3 centim. de hauteur et 6 à 8 centim. dediamètre à la base; et pour une quantité de 25 kilogr.d’argent, la durée totale du rochage varie de 30 à 45minutes. Ce phénomène n’a plus lieu dès que l’argentest allié à quelques centièmes de cuivre, d’or, ou deplomb, qui empêchent l’absorption de l’oxygène.

J/argent présente trois degrés d'oxydation.

L'oxyde d'argent, qui s’obtient en décomposant le ni-trate d’argent par de la potasse caustique en excès, lavanta grande eau et desséchant avec précaution ; il a une cou-leur gris brunâtre, et est complètement réduit à l’étatmétallique par l’action d’une chaleur rouge ou mêmeseulement par l’action prolongée de la lumière solaire.C’est une des bases métalliques les plus puissantes, et ildonne des sels parfaitement neutres. En le faisant digé-rer dans de l’ammoniaque caustique, on obtient unepoudre noire extrêmement détonnante, dite argent ful-minant, qui paraît être de l’azoture d’argent, suivant lesobservations de MM. Gay-Lussac et Sérullas. Ce com-posé qu’il ne faut pas confondre avec le fulminated’augent (voyez ce mot), n’a pu recevoir aucune appli-cation, à cause des dangers imminents que présente sonmaniement.

2° L'oxydule d’argent, découvert par M'oehler , qui seprépare en décomposant le mcllitate d’argent par l’hy-drogène.

3° Le peroxyde d’argent , que l’on obtient sous la forme«l’une poudre noire, en décomposant par la pile une dis-solution de nitrate d’argent ; il se rassemble au pôle po-shif, et contient d’après M. llitter deux fois autant j«l'oxygène que l’oxyde. I

L’argent s’allie très aisément au soufre, et se couvrede suite d’une couche brune de sulfure d’argent, au sim-ple contact de l’hydrogène sulfuré. Pour nettoyer lesobjets ainsi attaqués, le moyen le plus simple est de lesplonger pendant quelque temps dans une dissolution decaméléon mmera/(manganatc «le potasse) que l’on obtienten chauffant au rouge, un mélange à parties égales depotasse et de peroxyde de manganèse et reprenant parune petite quantité d’eau ; dans cette opération le man-gauate se décompose et réagit sur le soufre du sulfured’argent qu’il oxyde et dissout ensuite. On pourraitaussi employer de l’eau oxygénée, si l’on en avait à sadisposition. L’argent est très soluble dans l’acide nitri-que et ses dissolutions se reconnaissent en ce qu’ellesdonnent lieu, par l’addition d’acide hydrochlorique oud’un chlorure soluble, à un précipité blanc, cailleboté, dechlorure d’argent, qui se colore promptement en bleuviolacé sale, lorsqu’on l’expose à l’action des rayons so-laires. Beaucoup de métaux (le cuivre et le mercure nonen excès, par exemple) le précipitent à l’état métalliquede ses dissolutions.

Les minerais d’argent sont les suivants :

A rgent natif. L'argent natif présente les propriétés del’argent pur, quoique moins prononcées, ce qui tient àce qu’il est toujours allié à une petite quantité de mé-taux étrangers, il est presque toujours terne àla surface:mais il prend le blanc d’argent par la raclure. On letfouvetantôt cristallisé en cubes ou en octaèdres, tan-tôt en feuilles, en filets tortueux, en fils déliés ou endendrites, et tantôt en masses amorphes.

On le rencontre principalement en filons dans les ter-rains primitifs, c’est-à-dire dans le granit et le gneiss,plus rarement dans les schistes argileux et la grauwackc«les terrains de transition, accompagné de quartz, dediaux carbonatée, de baryte sulfatée, de chaux fluatée,do fer carbonate et oxydé, de galène, etc... Les localitésprincipales où on trouve l’argent natif sont : Kongsberg ,en Norwége; le Schlangenberg en Sibérie; Freiberg ,Sclineeberg et Jobanngcorgcnstadt en Saxe ; Joachims-tbal ; Przibram et Ilatiborzitz en Bohême ; Schemnitz enHongrie; Kapnîket Fclsœbanya en Transylvanie , An-dreasberg au Hartz ; Allemont en France; enfin le Mexi-que et le Pérou en Amérique . On en a parfois trouvé-dans quelques-unes de ces localités des masses considé-rables, ainsi : Kongsberg a fourni des masses de 25 à.2/5 kilogr.; en Amérique , à la fin du siècle dernier, ona trouvé des masses de 1 00 à 400 kilogr.; et on a extrait,une fois de la mine de Johanngeorgenstadt un bloc d’ar-gent massif qui pesait, dit-on, 4000 à 5000 kilogr.

A rgent sulfuré (ail. glaserz ou silbergîanz). Renferme85 p. 100 d’argent métallique. 11 est d’un gris foncénoirâtre terne à l’extérieur et éclatant dans la coupure;il cristallise en cubes ou en octaèdres, mais il est le plussouvent amorphe ou filiforme; il est un peu malléable,presqu’aussi mou que le plomb, et se laisse couper aucouteau. Il fond aisément au chalumeau et même à lasimple flamme d’une bougie, en dégageant une légèreodeur sulfureuse et finit par se réduire sur le charbon,en argent métallique. On le rencontre dans les mêmesgisements que l’argent natif, rarement à l'état de pureté,en quantité assez considérable ; il se présente dans lanature presque toujours combiné avec d’autres sulfures,tels que ceux de cuivre, de plomb, etc.

Argent rouge (ail. rothgîiltigerz). Il y a trois espècesd’argent rouge : -1° L 'argent antimonié sulfuré ou sul-fure double d’argent et d’antimoine, d'un rouge foncé,tirant sur le noir, presque opaque, ordinairement cris-tallisé en prismes hexaèdres , présente un éclat à la foisadamantin et métalloïde et renferme 60 p. \ 00 diargentpur. On le trouve surtout à Andréasberg (Hartz), Joa-chimsthal (Bohême), Freiberg (Saxe), Kongsberg (Nor-j wége), Schemnitz et Kremnitz (Hongrie ); 2" le sulfurel double d'argent et d’arsenic (Proustite) , qui est d'ui>