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ARGENT.

ARGENT.

mercure pour réunir l'amalgame et les petites goutte-lettes de mercure, et après avoir fait piétiner le mélangependant quelques heures, on retire les terres amalga-mées pour les soumettre au lavage. L’amalgamateur sesert, pour juger des progrès de l’amalgamation, d’unepetite assiette noire, plate et ronde, faite en argile cuite;

11 met sur cette assiette un peu de pâte qui est en trainde s’amalgamer, et tenant l’assiette inclinée et à moitiésubmergée dans l’eau, il lui imprime un mouvementrotatoire tel que , tous les points du bord de l'assiettesortant successivement l’un après l’autre de l’eau, lesautres s’y replongent, et que l’axe de l’assiette subisse unerévolution conique, par suite de laquelle il se forme tincourant d’eau circulaire qui retient au centre le sableet les parties métalliques, et les y arrange suivant leurspesanteurs spécifiques : de manière à ce que le sable dela gangue, occupant le milieu, la partie pesante, gre-nue, métallique ou Hz, se porte à la circonférence, etl’amalgame en paillettes glisse par-dessus. C’est surtoutl’aspect de la Us qui indique la marche de l’opération.On ajoute ordinairement 8 parties de mercure pour uneen poids d’argent contenu dans le minerai ; ainsi àZacatecas , pour un minerai ayant une teneur argenti-fère présumée de 0,001625 (ce qui est le cas le plusordinaire), on ajoutera à chaque tas, qu’on estime ren-fermer 97 k ,50 d’argent, la première fois 480 k de mer-cure, la seconde ISO 1 , et enfin la dernière 210 k , en tout840 kilogv. La durée totale de l’amalgamation est de

12 à 15 jours en été, et de 20 à 25 en hiver; c’est moinsdu tiers du temps employé dans plusieurs autres usinesmexicaines, ce qui tient évidemment à ce que l’on donnetrès peu d’élévation aux tas, et qu’ils offrent ainsi unegrande surface à l’action des rayons solaires.

Le lavage des terres amalgamées se fait dans descuves circulaires en maçonnerie de 2 W ,50 de profondeursur 3 U ‘ de diamètre. Une roue horizontale dentée, montéesur l’arbre d’un manège mû par 4 mules, communique,par l’intermédiaire d’une seconde roue dentée, un mou-vement de rotation à un arbre vertical placé au milieudo la cuve, et armé à sa partie inférieure de 4 agita-teurs formés chacun par la réunion d’un certain nombrede tiges en bois de 1 m ,50 de long, parallèles et verti-cales; il arrive continuellement un petit filet d’eau parla partie supérieure. L’amalgame gagne le fond de lacuve, on laisse écouler de temps en temps les bouesdans un second appareil tout à fait semblable, danslequel on les relave de nouveau, puis on les jette decôté. On peut en 12 heures de travail laver, dans unecuve, un tas entier de minerai amalgamé. L’amalgameliquide ainsi obtenu est pressé dans un sac en peau dontle fond est formé d’une sorte de flanelle très serrée ettrès forte. Il s’écoule du mercure renfermant encore unepetite quantité d’argent, et qui sert à amalgamer denouveau minerai, tandis qu’il reste dans le sac unamalgame grenu assez solide, que l’on distille pour ob-tenir l’argent qu’il renferme; à cet effet on le divise eupains de 15 k environ chaque, que l’on dispose en cercleau nombre de 11 sur une plaque en fonte ou en fortetôle de fer, percée en son centre d’un trou; on super-pose de nouvelles rangées de pains, et enfin on recouvrele tout d’une cloche également en fonte ou en tôle defer, que l’on lute aussi bien que possible contre laplaque de fond, avec un mélange de cendres, de selmarin, et de boues de lavages; on construit ensuite,tout autour de la cloche et à une distance de U , ",3U, unpetit mur en bjyques, et l’on maintient l’intervalle com-pris entre ce mur et les parois de la cloche continuelle-ment rempli de charbons ardents pendant 20 heures ;on laisse alors tomber le leu et on enlève la cloche. Lemercure s’est échappé par un tuyau fixé à l’ouverturede la plaque de fond, et s’est rendu dans un réservoirinférieur en terre cuite rempli d’eau, où il s’est condensépresque en totalité. L’argent qui reste sous la cloche a

conservé la forme des pains d’amalgame, et après avoiretc pesé, est ordinairement refondu dans des fours à.réverbère et coulé en lingots du poids de 70 à 80 kilogr-On emploie depuis peu dans quelques usines, pour distiller l’amalgaine, des cornues cylindriques en fonteplacées dans un fourneau à galère. La perte en mercureest de 1 k ,50 par kilogr. d’argent obtenu.

Voici ce qui se passe dans le procédé d’amalgamationtel que nous venons de le décrire : en Amérique l’ar-gent se trouve dans les minerais, partie à l’état natif,partie à l’état de chlorure, partie à l’état de sulfuresimple ou multiple. Le magistral que l’on y ajouteréagit sur le sel marin, en donnant du sulfate de soudeet du deutochlorure de cuivre, lequel agit comme chlc-rurant énergique sur le sulfure d’argent, qu’il changeen chlorure d’argent, en passant lui-même à l’état deprotochlorure ; le chlorure d’argent est à son tour ré-duit par une partie du mercure ajouté, en formant duprotochlorurc de mercure, et s’amalgame avec l’autrepartie; c’est cette formation de protochlorure de mer-cure, lequel sc trouve entraîné par les eaux de lavage,qui forme la presque totalité de la grande perte enmercure que l’on éprouve. Le sel marin sert non seule-ment à transformer le sulfate de cuivre en deutochlo-rure, mais encore à dissoudre le chlorure d’argent et àen faciliter ainsi considérablement la réduction par lemercure.

En moyenne , les minerais d’Amérique sont trèspauvres et ne renferment guère que 0,00150 ii0,00160 d’argent; leur immense quantité fait seuloconcevoir la grande production des mines d’argent del’Amérique . Les principales sont celles de Pasco, Cerrode Bambon, Chota et liuantajmja (Pérou ); de ZacalcctGuanajuato, Valenciana et Vetagrandc , au Mexique .Pasco produit annuellement de 50 à 75,000 kilogr.d’argent; lîuantajaya, 20,U00 k ; Zacatccas, 135,00O k ;Guanajuato , 85,00U L , et Valenciana, 75,000 k . On es-time que les 5/7 de l’argent produit en Amérique pro-viennent des ateliers d’amalgamation, et que 2/7 seu-lement viennent de la fonte des minerais.

A malyamation saxonne. Ce n’est qu’à la fin du siècledernier que l’on a commencé h traiter en Europe , paramalgamation, les minerais d’argent ; ici les cirCon -stances sont différentes, le combustible moins cher etla force motrice abondante; aussi le procédé européendevra-t-il différer notablement du procédé américain.Nous allons faire ressortir en peu de mots ces différences, en décrivant l’opération telle que nous l’avons vueexécuter à l’usine d'ilalsbrürke, près Freiberg, en Saxe ,la plus belle en ce genre qui existe en Europe .

La fig. 113 présente une coupe longitudinale de l’atôlier d’amalgamation, qui est divisé en 4 compartiments. Le l“, AB, sert au grillage et à la chlorurationdes minerais; le 2‘‘, BC, à la pulvérisation et au tami-sage du minerai grillé; le 3 e , CD, à l’amalgamationproprement dite et au lavage des résidus; et enfin, ledernier, DE, sert à la distillation de l’amalgame. On ydistingue :

T’Dans le compartiment AB : a, a, magasins de sel;è, b, aires pour le mélange des matières ; c, c, fourneauxde grillage, dont la flamme, après avoir passé sur lessoles 23,23, se rend dans les chambres de condensation45,45, et de là s’échappe par la cheminée e.

2° Dans le compartiment BC : g, moulins de pulvévisation ; d, tamis pour le minerai pulvérisé; f, roueshydrauliques mettant en activité les moulins de pulvérisation et les tonnes d’amalgamation.

3° Dans le compartiment CD ; fr, /», tonnes d’amalga-mation ; cuve qui sert à laver les résidus.

4° Dans le compartiment DE : m, fourneaux pour ladistillation de l’amalgame; q, magasin.

On ne soumet à l’amalgamation que les mineraisd’argent qui renferment moins de 7 k de plomb et do 1 k