ARTIFICE.
ARTIFICE.
sur les théâtres pour représenter les éclairs et lestorches des furies, par suite de la propriété qu’il pos-sède, étant répandu dans l’air, de s’enflammer par l’ap-proche d’une bougie.
Les feux d’artifice sont divisés en trois classes :l u ceux qui doivent Gtre posés sur le sol; 2° ceux quisont tirés dans l’air; 3° ceux qui agissent sur ou sousl’eau ; enfin ou divise la première classe en pièces immo-biles et en pièces mobiles.
Presque toutes les pièces d’artifice sont fonnées d’uneenveloppe extérieure ou cartouche en papier ou en car-ton, dans laquelle ou introduit le mélange combus-tible.
Les cartouches se font en enroulant du papier fort oudu carton mince enduit de colle suv des moules cylin-driques de diamètre convenable, et que l’on comprimedans cet état par un mouvement de va-et-vient, aumoyen d’une varlope semblable à celle des menuisiers,si ce n’est qu’elle n’a point de ciseau ni de cavité pour enrecevoir. On étrangle ensuite l’extrémité des cartouchesen l’entourant d’une ficelle savonnée que l’on tend avecle pied au moyen d’une pédale, puis on les lie au lieude l’étranglement au moyen d’une ficelle, en faisant lenœud dit de Y artificier (voyez nœuds), nœud qui est lememe que celui que l’on l'ait pour attacher les lanièresdes fouets après leur manche.
On étrangle aussi ordinairement, en partie, l’extré-mité supérieure des cartouches, afin d’augmenter la vi-tesse du jet de feu ; on ne laisse cette ouverture entière-ment ouverte que lorsque l’on veut obtenir un feu lentet sans bruit.
La charge, dont la composition est très différentesuivant le but qu’on veut atteindre, est, la plupart dutemps, aussi fortement comprimée que possible, afin demodérer la rapidité de la combustion, ce qui offre enoutre l’avantage de pouvoir en introduire une quantitéplus considérable dans un cartouche de dimensionsdonnées.
Passons maintenant à la description des diversespièces d’artifice :
La composition pour les fusées communes , au-des-sous de 2 centim. de diamètre, est de : poudre pulvé-risée 16 parties, charbon 3 p. ; pour celles d’un plusgrand diamètre, on emploie un mélange de 16 p. depoussier de poudre, et 4 p. de limaille de fer.
Houe tournante» Pour un tube de moins de 2 centim.
. de diamètre, on prend : poudre à canon 1 6 parties , li-maille d’acier 3 p.; pour de plus fortes dimensions :poudre à canon 16 p., limaille d’acier 4 p.
Feu chinois brûlant avec un bouquet d’étincelles cou-leur jasmin. Lorsque le diamètre de la fusée est moin-dre que 2 centim., on prend : poudre à canon 16 par-ties, nitre 8 p., charbon 3 p., soufre 3 p., tournure defonte 10 p. ; pour de plus fortes dimensions : poudreà canon 16 p., nitre 12 p., charbon 3 p., soufre 3 p.,tournure de fonte 12 p.
Brillant fixe. Diamètre au-dessous de 2 centim. :poudre à canon 16 parties, limaille d’acier 4 p.; ou,poudre à canon 16 p., tournure fine de fonte 6 p.
Soleils fixes. Us sont composés d’un certain nombrede fusées, distribuées comme les rayons d’une roue, etdont les extrémités ignivûmes sont divergentes. Toutesles fusées prennent feu à la fois.
Lorsque, comme dans le cas précédent, on doit mettrele feu à plusieurs pièces à la fois, on se sert d’étoupillesou mèches en coton, trempées dans une pâte faite avecde la poudre pulvérisée, un peu d’eau-de-vio et degomme arabique, que l’on fait sécher, puis que l’on en-roule dans une feuille de papier mince; ces feuilles sontenroulées, un peu coniques, de sorte que l’on peut aisé-ment les enfiler par leurs extrémités les unes dans lesautres, et obtenir une conduite aussi longue que l’onveut.
Les gloires se font comme les soleils fixes, seulement,au lieu de fixer les ouvertures des fusées sur le memecercle, on les dispose de manière à former des figurestriangulaires ou étoilées, qui sont souvent composées deplusieurs rangs de fusées.
Les éventails sont composés de 5 à 7 fusées disposéessuivant les rayons d’un quart de cercle, ou d’un demi-cercle. La patte-d’oie est un éventail composé seulementde trois fusées.
La mosaïque consiste en un échiquier de poteaux es-pacés à 1 met. environ de distance, et portant des fuséesdisposées de telle sorte qu’elles produisent des jets defeu qui se croisent quatre par quatre au centre de chaquecompartiment; il en résulte que, lorsqu’il y a un nombresuffisant de poteaux, le tout forme en brûlant une sortede mosaïque.
Palmiers. Ruggieri a inventé un nouveau genre d’ar-tifice destiné à représenter toutes sortes d’arbres et par-ticulièrement le palmier. La composition suivante estcelle de ce magnifique feu d’artifice vert : vert-de-griscristallisé 4 parties, sulfate de cuivre 2 p., sel ammo-niac 1 p. Ces ingrédients sont pulvérisés et humectésavec de l’alcool. Un arbre artificiel de chaque genreétant érigé, on festonne autour du tronc, des brancheset parmi les feuilles, des mèches grossières en cotond’environ 5 centim. de diamètre, imprégnées de cettecomposition, et on les allume immédiatement avant quel’alcool ait eu le temps de s’évaporer.
Cascades. S’obtiennent par un grand nombre de fu-sées horizontales juxtaposées. Elles imitent des nappesou des jets d’eau. Le feu chinois est le mieux appro-prié à ces décorations. Les pluies d’or se font de meme,seulement on dispose les fusées presque verticale-ment.
F.toiles fixes. Les fusées ont une construction parti-culière. On les ferme par les deux bouts, et on perce,près de l’une des extrémités et dans le même plan,cinq trous dans l’enveloppe, de telle sorte que la fuséeétant fixée horizontalement, produit on brûlant, vuedans le sens de son axe, cinq jets lumineux divergentsqui représentent une étoile fixe.
COMPOSITION D’ÉTOIIŒS FIXES.
Ordinaires, brillâmes
Nitre. . . . 16 parties. 12
Soufre. ... 4 — 6
Poudre à canon
pulvérisée. 4 — 12
Antimoine. . . 2 — 1
Lances. Ce sont de longues fusées, de petit diamè-tre, faites avec des cartouches de papier. Celles quibrûlent le plus vivement doivent être les plus lon-gues. Elles sont chargées à la main sans aucun moule,avec des baguettes de différentes longueurs, et ne sontpas étranglées à la bouche, mais simplement muniesde mèches. Ces lances forment les figures des grandesdécorations ; elles sont fixées avec des pointes sur degrandes charpentes en bois, représentant des temples,des palais, des pagodes, etc. La communication entreles diverses pièces s'établit à l’aide d’étoupilles, con-duits ou mèches dont nous avons décrit plus liant lapréparation.
La composition pour des lances blanches est : nitre16 parties, soufre 8 p., poudre à canon 4 ou 3 p.; pourîles lances blanc-bleuâtres ; nitre 16 p., soufre 8 p.,antimoine 4 p. ; lances bleues : nitre 16p., antimoine8 p.; lances jaunes : nitre 16 p., poudre à canon 16 p.,soufre 8 p., succin 8 p.; lances plus jaunes : nitre 16 p.,poudre à canon 16 p., soufre 4 p., colophane 3 p.,sucçin 4 p.; lances verdâtres : nitre 16 p., soufre 6 p.*antimoine 6 p., vert-de-gris 6 p.; lances œillets : nitre16 p., poudre àcanon 3 p., noir de fumée 1 p.; d’autre?
. Colorées.06
16