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ARTIFICE.

ARTIFICE.

lances moins \ivcs sont faites avec : nitrc -IG p., coio-[iltane 3 p., succin 3 p., poudre de lycopode 3 p.

Outre les compositions ci-dessus pour les lances co-lorées indiquées par Ruggicri, nous ferons connaître icicelles indiquées par Meyer, qui reposent sur Remploi du chlorure de potassium, mais qui à cause du prixassez élevé de ce sel, ne sont pus généralement em-ployées dans les feux d’artilices ordinaires. Des mélangesîle chlorure de potassium et de soufre brûlent avec unevivacité extraordinaire, et un degré de chaleur blanche,que l’on ne peut pas produire avec le nitre. A cettechaleur élevée, un grand nombre de substances don-nent lieu par leur combustion, à des colorations parti-culières très vives, dont on remarquait à peine des traceseu sc servant de nitre. Parmi ces substances, nous cite-rons particulièrement les nitrates de strontiane et debaryte, qui donnent avec un mélange de chlorure depotassium et de soufre ; le premier un magnifique rougepourpre, le second'un admirable feu vert. Les bases deces compositions sont : T' Un mélange de 80 parties dechlorure de potassium et de 20 parties de soufre; et2" un mélange de 73 parties de nitre et de 23 partiesde soufre. On ajoute à 100 parties du mélange n° I,pour produire une couleur :

Bouge, 30 parties de carbonate de strontiane;

Base foncé, 40 p. de craie (carbonate de chaux) ;

liose clair, 30 p. de spath fluor (chaux fluatée);

Jaune, 30 p. de carbonate de soude fondu;

illeu, foncé, 30 p. de sulfate ammoniacal de cuivre,et 30 p. de sulfate de potasse.

Bleu clair, 20 p. de sulfate dépotasse;

Vert, 20 p. de carbonate de baryte ;

Vert clair, 20 p. d’acide borique ;

Violet, 20 p. de sulfate de potasse et 20 p. de carbo-nate de chaux (craie ) ;

Orange, 30 p. de carbonate de soude et 10 p. de car-bonate de chaux.

Dans les feux de théâtre, les feux colorés doiventêtre accompagnés d’une lumière blanche très vive, pourles faire ressortir et détruire la teinte jaunâtre due à lalumière des lampes ; il faut dans ce cas employer lemélange n w 2 ; voici à cet égard les compositions indi-quées par Meyer : *

Bouge clair , 50 p. du mélange n” 1 ; 50 p. du mé-lange n° 2; 20 p. de craie et 10 p. de pulvérin oupoudre à canon pulvérisée.

Pourpre foncé, 50 p. du mélange n” 1,76 p. de ni-trate desséché de strontiane et 24 p. de soufre.

Bleu, 50 p. du mélange n" 1, 5U p. du mélange n° 2,40 p. de sulfate de cuivre ammoniacal et 20 p. de sul-fate de potasse.

Vert, 3o p. du mélange n" 1, 80 p. de nitrate de ba-ryte desséché et 20 p. de soufre.

Jaune, 50 p. du mélange n° 1,50 p. du mélange n° 2et 40 p. de carbonate de soude fondu.

Violet et orange, mélange de bleu et de rouge, derouge et de jaune.

Cordes de couleur. Elles servent à faire les dessins,les emblèmes, les courtes inscriptions. On emploie dela torsade de coton, d’une grosseur proportionnée àl’effet qu’on veut produire, et l’on passe au milieu unlil de fer, afin de le soutenir et de pouvoir lui donnerexactement les formes voulues. Cette torsade, ou câble,c’est ainsi qu’on la nomme dans le commerce, doit êtreun peu torse et bien velue ; on la pénètre bien de lacomposition suivante : nitre 2 parties, soufre IG p.,antimoine l p., gomme de genièvre 1 p. ; on peutremplacer la gomme de genièvre par de la gomme ara-bique.

Feux de Bengale. Ces feux dont l’éclat rivalise aveccelui du soleil, se font avec 7 parties de nitre, 2 de sou-fre, et 1 d’antimoine; ce mélange est fortement tassédans des écuclles en terre, et on jette quelques mor-

ceaux de mcches surla surface. Ces flammes produisentun bel effet théâtral pour représenter les embrasements.

Soleils tournants. Ce sont des roues mobiles autourd’un axe horizontal, sur la circonférence desquelles onfixe des fusées de différents diamètres, communiquantentre elles par des conduits, en sorte qu’elles s’allumentsuccessivement l’une après l'autre. La composition deces fusées lorsqu’elles ont moins de 2 centimètres dediamètre est : poudre à canon pulvérisée 'IG parties,charbon grossièrement pulvérisé 3 p. Pour déplus gran-des dimensions : poudre à canon 20 p., charbon gros-sièrement pulvérisé 4 p. Pour soleils radiés : poudre àcanon 16 p., sable micacé jaune, 2 ou 3 p., ou :poudre à canon IG p., cliarbon 1 p., sable micacé jaune,I ou 2 p. Pour les petits soleils, on fait un long car-touche que l’on enroule en spirale sur lui-même et quel’ou enfile par le centre dans un clou qui sert à le fixerà un poteau vertical.'Lorsqu’on met le feu à l’extrémitéde la fusée le soleil se inet à tourner plus ou moins ra-pidement par suite du recul dû à la combustion de lacharge.

Doubles roues tournantes. Ce sont deux soleils-tournantautour du même axe, dans des directions opposées. Lesfusées sont fixées obliquement et non tangentiellementà leurs circonférences. Les rayons des roues sont char-gés d’un grand nombre de fusées ; deux des quatreailes tournent dans une direction, et les autres dans ladirection opposée, mais toujours dans un plan vertical.

Les girandoles, caprices, spirales et quelques autrespièces ont, au contraire, une rotation horizontale. Lesartificiers peuvent diversifier grandement leurs effets,par l’arrangement et la couleur de leurs jets de feu.Nous prendrons pour exemple le globe de lumière. Qu’onimagine une grande sphère tournant librement sur sonaxe, avec un hémisphère creux qui tourne aussi sur unaxe vertical passant à travers son pôle inférieur. 8i lesdeux pièces sont couvertes de lances colorées ou de cor-dages, on obtient un globe fixe, lumineux, mais si onplace des fusées horizontales sur l’hémisphère, et desfusées verticales sur la sphère, le premier doit avoir unmouvement horizontal relatif, le second, un mouve-ment vertical qui, étant combiné avec le premier, l’o-blige à décrire une espèce de courbe dont l’effet formeun contraste agréable avec le mouvement régulier del’hémisphère. On peut également placer de petits soleilssur la ■surface d’un grand soleil tournant, dont ils ontl’air d’être les satellites.

Ruggieri a exécuté entre autres un serpent lumineux,poursuivant avec un tournoiement rapide un papillonqui volait continuellement devant lui. Cet effet extraor-dinaire était produit par le moyen suivant : sur le som-met d’un octogone, il fixait huit roues égales tournantlibrement sur leurs axes, dans les plans des faces verti-cales de l’octogone. Une chaîne sans fin, passée autourde leur circonférence, allant de l’intérieur à l’extérieur rcouvrait la demi-circonférence extérieure de la pre-mière, l’intérieure de la seconde, et ainsi de suite ; d’oùprovenait l’apparence d’une grande ligne sinueuse cir-culaire. La chaîne, pareille à celle d’une montre, por-tait sur une portion de sa longueur des espèces d’écaillespercées de trous, pour recevoir des lances colorées, demanière à représenter un serpent enflammé. A peu dedistance de celui-ci, était un papillon construit avec deslances blanches. La pièce était allumée ordinairementpar d’autres feux d’artifice, qui semblaient se terminer,en projetant un serpent du sein des flammes. Le mou-vement était communiqué à la chaîne par l’une desroues, qui le recevait comme une horloge le reçoit del’action d’un poids. Ce mécanisme curieux et remar-quable a reçu de l’auteur le nom de Salamandre.

Les fusées volantes qui s’élèvent dans l’air, nvec uneprodigieuse vélocité, sont l’une des pièces les plus com-munes, mais non les moins intéressantes des feux d’aiv