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ARTIFICES DE GUERRE.

ARTIFICES DE GUERRE.

serpenteaux. On recouvre le tout d’un fort papier, percépour laisser passer la fusée centrale.

Les girandoles ou bouquets, sont ces belles pièces quiterminent ordinairement un feu d’artifice et dans les-quelles une multitude de jets semblent embraser le cieldans chaque direction, et tomber ensuite en pluie d’or.Cet effet se produit en distribuant un certain nombredo pots à feu au sommet des échafaudages; chacun deces pots contient 140 fusées volantes et communiqueavec les autres par des mèches ou étoupilles convena-blement disposées; de cette manière ils prennent tousleu simultanément et produisent une sorte d’éruptionvolcanique.

Les fcxix d’artifice sur Veau sont préparés do la mememanière que les précédents, à cette différence seulequ’on les ajuste sur des pièces de bois qui puissent flot-ter sur l’eau.

Le feu bleu pour lances se compose de 16 parties denitre, 8 p. d’antimoine et 4 p. de limaille très fine dezinc. La pâte chinoise pour les étoiles de chandellesromaines, bombes, etc., se compose de : soufre 16p.,nitre 4 p., poudre à canon pulvérisée 12 p., camphre1 p., huile de graine de lin 1 p., et un peu d’alcool.

Le feu grégeois de Huggieri le fils se fait avec • nitre4 p., soufre 2 p., naphtc 1 p.

La composition du feu rouge se fait en mélangeant40 parties de nitrate de strontiane, 13 p. de soufre enfleurs, 5 p. de chlorate de potasse, et 4 p. de sulfured’antimoine. Les feux blancs sont produits par un mé-lange de 48 parties de nitre, 13 \ p. de soufre; 7 - p.de sulfure d’antimoine; ou, 24 p. de nitre, 7 p. desoufre et 2 p. de réalgar (sulfure rouge d’arsenic); ou,75 p. de nitre, 24 p. de soufre et 1 p. de charbon; ouenfin, 100 p. de poudre à canon pulvérisée et 25 p. detournure fine de fonte. La composition du feu bleu est de4 parties de poudre à canon pulvérisée, 2 p. de nitre,3 p. de soufre et 3 p.de zinc en limaille. L...

ARTIFICES DE GUERRE. Les artifices propre-ment dits, c’est-à-dire les appareils dont les effets repo-sent sur une combustion lente de la poudre résultant deson état pulvérulent (voyez poudre a canqn l’expli-cation de la vitesse de la combustion), sont employésdans l’art militaire. Les lances à feu, tuyaux de cartonremplis de pulvérin, lançant une flamme vive sont fré-quemment employés pour mettre le feu aux bouches àfeu dans l’artillerie de terre. L’artifice le plus importantsans contredit c’est la fusée de guerre qui a acquis tantde célébrité sous le nom de fusée à la congrève et dontnous allons donner lu description.

Les fusées de guerre consistent en un cylindre entôle, renfermant une composition d’artifice, fermé à sapartie antérieure qui est terminée par un cône, la paroipostérieure étant au contraire percée de trous.

C’est en analysant ce qui se passe quand on met le feuà la partie postérieure, qu’on peut déterminer les diffé-rentes conditions qu’on doit remplir dans la fabricationdes fusées.

Quand la composition prend feu, il se produit un dé-gagement de gaz qui s’échappent par les orifices avec lavitesse due à la pression qui peut se former à l’intérieur ;et la fusée se meut, en vertu de la quantité de mou-vement que possède une partie du gaz dans un sens,et de la résistance de l’air qu’elle .éprouve dans l’autresens. Cet effet est très grand pendant les premiers instantsdu mouvement qui est alors peu rapide ; mais à mesureque la vitesse de la fusée augmente, l’effet dû à cetteréaction diminue, tandis que la résistance de l’air croîtrapidement. Il tendra donc à s’établir une vitesseet une pression constante à l’intérieur de la fusée, carla vitesse d’inflammation sera constante si la com-position est homogène et que la surface d'inflam-mation reste à peu près la meme, ce qui arrive sensi-

blement dans les fusées actuelles. L'observation du tiîde ces fusées montre d’ailleurs que leur vitesse est sen-siblement constante, et que par conséquent on doit tout•proportionner au cas de cette tension maximum.

Il est d’abord évident que le cartouche doit être plusrésistant que cette pression maximum, sans quoi ilcrèverait dès le commencement de sa course. Or, la ré-sistance de la tôle, qui est la matière la plus résistantequ’on puisse employer pour la fabrication du cartouche, n’est pas assez grande pour que la petitessedes orifices dépasse une certaine limite. Mais de plus ilfaut tenir compte d’un résultat remarquable : c’est quesi on remplit complètement de composition un cartou-che, on n’obtient qu’une portée de quelques mètres etune vitesse très faible.

L’expérience a prouvé qu’on devait pratiquer un videintérieur dans l’axe du cartouche, qui est de suiterempli par les premiers gaz qui se forment, et qui serten quelque sorte de régulateur aux diverses pressionsqui tendent à s’établir, lesquelles suffisent pour pro-duire une grande vitesse ; dans ce cas, on peut admettrequ’il y a régularité d’émission pendant la plus grandepartie du mouvement. Cela admis, on peut, connais-sant la vitesse d’inflammation de la composition et lesdimensions de la fusée, déterminer les pressions pro-duites à chaque instant, en admettant toutefois quecette composition donnerait les mêmes pressions, à den-sité égale, que la poudre, d’après les expériences deRumford, et en effet elle ne consiste guère qu’en poudreécrasée. On voit en faisant ce calcul, que les fuséesactuelles donnent le maximum de vitesse d’écoulementaprès 3/4 de seconde; elle, est d’environ 760 mètres, cequi correspond à une pression inférieure à soixante-dixatmosphères, qui est à peu près celle que peuvent sup-porter les enveloppes soudées, à la température de 250°.

Quand on veut augmenter la portée des fusées, il fautaugmenter leur diamètre ; mais alors les résistancescroissent très rapidement, et on atteint bientôt la limiteau-delà de laquelle on n’obtient plus que des accroisse-ments d’effets peu sensibles. Quant à la longueur, il ya peu d’avantage à dépasser celle qui permet un déga-gement de gaz assez considérable pour obtenir la por-tée convenable, avec des orifices de dimensions tellesque la fusée prenne une vitesse déterminée, au-delà delaquelle des accroissements de vitesse, même très pe-tits, exigeraient de grands accroissements de force, àcause de la rapidité avec laquelle augmentent les rési-stances.

Pour chaque fusée de diamètre donné, il y a ainsi uncertain rapport entre les diverses dimensions, qui estle plus convenable, et qu’on doit déterminer par expé-rience. Quant au choix de la composition à employer,il est évident qu’une composition vive dure moins longtemps, qu’une composition lente donne des gaz quiproduisent une tension plus faible ; de sorte que lenuvdmum de vitesse se trouvera dans ce dernier cas pluséloigné du point de départ que dans le premier.

On s’est arrêté, par expérience, à une compoeition intermédiaire. On se servait en 1810 de la composition :6 p. de nitre, I p. de soufre et 3 p. de charbon; on adepuis augmenté la quantité de soufre et diminué celle decharbon, et on s’est rapproché de la composition em-ployée à Berlin , où l’on a fait des fusées avec 9 partiesde nitre, 4 p. de soufre et 3 p. de charbon

Pour diminuer les déviations qui se produisent dansle tir de ces fusées, on adapte à leur extrémité une ba-guette assez longue, qui établit le centre de gravité dusystème à la partie postérieure de la fusée, et qui em-pêche qu’elle ne tombe à terre ou s’incline dès qu’ellecommence son mouvement avec une faible vitesse,comme cela arriverait si le centre de gravité était versla partie antérieure. De plus, la résistance de l’airagissant sur des portions de cette baguette assez éloi-