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ARTIFICES DK GUERRE.

ARTILLERIE.

gnées de co centre de gravité, s’oppose aux déviationslatérales que peuvent produire des causes accidentelles.On a placé longtemps la baguette sur le coté, la résis-tance de l’air se trouvait’ moindre d’un côté de d’axe dela fusée que de l’autre ; il y avait donc cause de dévia-tion ; il est vrai qu’elle n’avait guère lieu qu’au bout dela course, parce que les gaz en s’échappant venaientpresser le côté de la baguette qui l’était le moins. Con-grève plaça cette baguette au centre; on aurait pu enplacer deux symétriquement.

Les fusées doivent être employées, en campagne,surtout contre la cavalerie, pour porter le désordre dansses rangs. On les termine quelquefois par un petitobus contenant de la poudre et deux ou trois balles ;niais celles-ci sont trop petites pour avoir un grand ef-fet. On les tire dans des tubes assez longs qui donnentun tir qui n’est pas trop inexact, ou simplement en lesposant à terre, et alors elles sont très propres pour laguerre des montagnes; mais de l’avis des ofliciers quien ont vu l’efTet, il ne peut se comparer à celui desboulets, des obus, des boites à balles.

Le véritable emploi des fusées à la guerre est d’in-cendier, et alors elles peuvent produire de grands effets.On les termine dans ce cas par un cône qui vient se fi-cher dans l’objet qu’on veut incendier. Celui-ci estcreux et rempli de matières incendiaires; sa surface estpercée de trous par lesquels le feu se communique àl’objet en contact. Voici une composition d’une matièreincendiaire, dite à Schumacker, qui a fait un grandnombre d’essais : nitre, 384 parties; soufre, '120 p. ;charbon, 5 p.; antimoine, 36 p. Ces matières, mélan-gées et pulvérisées, sont versées dans une compositionde : cire, 64 parties; poix, 8 p. ; térébenthine, 32 p.Ce mélange prq^luit des flammes extrêmement vives,très propres à incendier.

L’emploi le plus remarquable de ces fusées est celuiqu’on pourra en faire dans une guerre maritime; il estévident qu’alors les plus petits vaisseaux pourront don-ner un nombre de feux énorme et détruire les plusforts en les incendiant. L’attention publique est puis-samment fixée en ce moment sur l'invention du capi-taine anglais H’arner, destinée à détruire les vaisseauxde ligne à de grandes distances; il paraît, dit M. Jo-bard, qu’il se sert de fusées à la congrèvc, dont le côneest rempli de fulminate de mercure et donne lieu, en sefichant, à fleur d’eau, dans le flanc du vaisseau, à uneexplosion terrible, qui détermine une large voie, parsuite de laquelle le navire sombre presque immédia-tement. Ce qui contribue à rendre les fusées peu re-doutables, c’est que leur tir est incertain, inconvénientque l’emploi des tubes a beaucoup diminué, et qu’on di-minuera encore en améliorant la méthode de mettre lefeu et en perfectionnant leur fabrication. Leur tir, quin’a lieu que sous un angle très petit, et pour ainsi direrasant, leur faible densité, qui leur permet de ricocheraisément, doivent les rendre très propres aux combatssur mer, où leur effet est si dangereux. Enfin, ilfaudrait employer un système de tubes fermés à lu-mière, qui empêchât les inconvénients résultant de lagerbe de feu dans l’intérieur de la batterie. La supério-rité sera alors au batiment qui aura les fusées de la pluslongue portée, comme aujourd’hui elle appartient aubâtiment qui a les plus gros calibres. Il faudrait doncchercher à augmenter celle-ci. Or, voici celles qu’onobtient avec les fusées anglaises, qui sont les pjus cé-lèbres : 51 miilimètresdediamètre, portée : 1520 mètres ;62 millimètres, 1890 mètres; 88 millimètres, 1980 mè-tres. Durée de la combustion : 19”.

On voit que l’accroissement n’est nullement propor-tionnel aux diamètres, et il n’est pas probable qu’on pûtobtenir avec les plus grosses fusées qu’on pût fabriquer,une portée de plus de 2,500 à 3,000 mètres. Il est vraiqu’à de pareilles distances le tir serait bien incertain,

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mais le but qu’offre un vaisseau en largeur est déjà con-sidérable et la hauteur est toujours bonne. D’ailleurs,les chances augmenteraient beaucoup par le grand nom-bre de fusées qu’on pourrait tirer, et U pourrait suffired’un petit nombre qui porteraient pour détruire un bâ-timent.

Si la portée ne peut dépasser ces limites, par uneaugmentation de diamètre, pourrait-on l’obtenir parune augmentation de longueur ? Nous avons vu que celaétait impossible dans le système actuel de constructiondes fusées; cet allongement suffirait dans le cas où onpourrait employer les fusées complètement remplies depoudre, en laissant un vide entre l’extrémité de celle-ciet la paroi postérieure, moyen qui paraît avoir réussidans l’emploi des poudres fulminantes, et les obstaclesici nous paraissent de même nature; mais en tous cas ilest un moyen plus certain, c’est de mettre une deuxièmefusée à la suite de la première, c’est-à-dire de donnerau cylindre de tôle une longueur double, et de le dix iseren deux par une paroi placée au milieu. La fusée posté-rieure ferait d’abord son effet, puis à la limite de sacourse, quand le système ne se mouvrait plus que parla vitesse acquise, la deuxièmepartirait et fournirait une nou-velle course.

La disposition à suivre pourréaliser cet effet est assez simple ;il suffit de faire clans la paroi deséparation (fig. 166) des trousqu’on fermera par des bouclionsconiques en bois, qu’une pressionpar le petit côté fera aisémentsortir. Au centre on établirait untube on cuivre effilé au bout inté-rieur, afin que la compositionne puisse être chassée dans ladeuxième cavité; il aurait auplus la longueur de la premièrefusée, et serait rempli d’une com-position telle que la deuxièmepartit à l’instant voulu. Il noussemble qu’on pourrait obtenirainsi des portées de 4à5,000 mè-tres, puisqu’on a déjà obtenu desportées de 2,600 mètres avec desfusées ordinaires de 89 millimè-tres de diamètre.

On pourrait donc ainsi agirbien au-delà de la portée de touteartillerie. Cil. la boulaye.

ARTILLERIE. L’artillerie est, à proprement parler,l'application de l’industrie à l’art de la guerre. L’éta-blissement et l’emploi des machines de guerre, tels sontle but de la science et de l’art renfermés sous la déno-mination d’artillerie. La possibilité de créer ces ma-chines, de. les amener à un haut degré de perfection, deles multiplier avec rapidité, n’appartient qu'à un peupleavancé dans la carrière industrielle ; c’est surtout àl’aide de l’artillerie que les nations riches et civiliséespeuvent se considérer comme certaines de résister auxhordes barbares les plus nombreuses.

On concevra facilement, d’après ce qui précède, pour-quoi . dans une publication technologique, nous avonscru devoir comprendre l’artillerie. L’établissement desarmes, les règles qu’il faut suivre dans leur fabrication,constituent un problème industriel semblable à tous lesautres; car, avec la condition accessoire de l’instanta-néité nécessaire de l’action, la poudre à canon, comme lavapeur, n’est employée que pour produire le travail utile,qui ici consiste à lancer un corps avec une vitesse déter-minée, suffisante pour renverser les obstacles éloignés»

Depuis les beaux travaux de M. Piobert, que nousaurons occasion d’analvser aux articles bouches a

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