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AYANTE DU TIROIR.

AVANCE DU TIROIR.

ration, peuvent être conçues, quant à leur ensemble, îlece point de vue :

Un mouvement de rotation continu étant imprimé àun ou plusieurs axes par une manivelle ou tout autremoyen, des excentriques montées sur ces arbres im-priment des mouvements alternatifs à des pièces gui-dées daus leur course rectiligne ou à des leviers coudésoscillant autour de leur axe, do manière à répéterleurs opérations. Le problème se réduit donc à unesimple transformation mécanique de mouvement, et onpeut établir comme démontré aujourd’hui par l’expé-rience des machines à bouter les cardes, à faire lespointes, etc., qu’il est toujours possible de créer par ceprocédé entièrement automatique les produits similaires,pourvu toutefois, en général , que la matière puisse êtrefournie d’une manière continue, ce qui est facile pourle iil de fer, par exemple, dans les machines que nousavons prises pour exemple.

En se plaçant à un point de vue un peu élevé et netenant pas compte delà répartition des bénéfices, ce quiest une question d’économie socialcet non de technologie,on ne saurait disconvenir que c’est un admirable progrèsqnede parvenir presque entièrement à faire accomplir, parles forces naturelles ou mécaniques, les travaux les pluscompliqués et les plus délicats ; et on conçoit aisémentla part immense que peut avoir l’industrie, dans lapuissance des nations, et le bien-être du genre humain,lorsqu’elle proportionne ses résultats non plus à l’effortmusculaire des hommes, mais qu’elle réduit leur rôle àsurveiller le travail de doigts mécaniques mis en mouve-ment par un moteur hydraulique ou une machine à va-peur, agissant avec précision et régularité, et dont1 exactitude, pour ainsi dire mathématique, frappe d’é-tonuement et d’admiration, celui qui, par exemple, vi-site pour la première fois un grand atelier de filaturemécanique.

Cette grande ère qui fait époque dans l’industrie, estprincipalement due ail génie mécanique de Arlnvright,qui le premier eut la gloire de combiner le système au-tomatique de la filature du coton. Lors de l’introductionde son système en 1770, les manufactures anglaises neconsommaient pas annuellement en coton 2,000,000 k , etl’Europe entière 5,000,000 k ; tandis qu’en 4838, cetteconsommation est montée en Europe à 2i0,00Ü,000 k ,et pour les îles Britanniques seulement, à 1 35,000,000 k .Dans ces manufactures spacieuses, la puissance de lavapeur fait mouvoir des myriades d’ouvriers mécani-ques, à chacun desquels est assignée une tâche régulière,substituant ainsi à de pénibles efforts musculaires l’éner-gie de scs bras gigantesques, et ne demandant seule-ment, en retour, qu’un peu d’attention et de dextéritéde la part du surveillant pour corriger les petits acci-dents qui se présentent accidentellement pendant le tra-vail. De magnifiques établissements surpassant parleurnombre, leur valeur, leur utilité et l’habileté de leurconstruction tous les vains monuments de l’antiquité,élevés dans le court espace d’un demi-siècle, viennentnous montrer jusqu’à quel point, les capitaux, l’indus-trie ct / les sciences peuvent augmenter les ressourcesd’un Etat, tout en améliorant le bien-être matériel despopulations. Tel est le système automatique, si. pleinde prodiges en mécanique et en économie politique, etqui promet d’être dans son accroissement à venir, l’élé-ment le plus puissant des progrès de la civilisation.

AVANCE DU TIROIR DANS LES LOCOMOTI-VES. Cette question a été fort bien traitée dansces dernières années par M. Clapeyron , dans un mé-moire présenté en mai 1842, à l’Académie des scien-ces ot intitulé : Mémoire sur le règlement des tiroirs dansles machines locomotives et sur remploi de la détente. Lais-sons parler à ce sujet M. Lamé, le savant rapporteur dela commission nommée pour examiner ce travail.

« On pourrait croire, au premier abord, qu’il s’agit

uniquement ici de cette disposition connue sous le nomd’avance du tiroir } et dont les avantages ont été analy-sés dans diverses publications; mais, comme on va levoir, le problème pratique que s’est proposé M. Cla-peyron, et qu’il a résolu., est plus général et plusimportant. Pour faire concevoir en quoi consiste ceproblème, quelques détails préliminaires sont indispen-sables. *

Dans toute machine à vapeur, une des faces du pis-ton, dans une double oscillation qui conespond à unerévolution complète du volant, traverse quatre périodesdistinctes dont les durées relatives ont une influencesur le travail transmis. Lors de la première, la face dupiston est en communication avec la vapeur dans hichaudière, et marche en général dans le sens de la pres-sion qu’exerce cette vapeur. Plus tard, la communica-tion avec la chaudière est interrompue; la vapeur ren-fermée entre le piston et l’appareil distributeur agit pardétente; c’est la deuxième période. La troisième com-mence à l’instant où la communication s’ouvre, soitavec le condenseur, soit avec l’atmosphère, et finit aumoment où cette communication est interrompue; lemouvement du piston est alors ordinairement rétro-grade. Enfin, la quatrième période s’étend depuis le mo-ment où la communication se ferme avec le condenseurjusqu’à celui où la communication s’ouvre avec la chau-dière; pendant cet intervalle de temps, la vapeur, d’a-bord à la pression du condenseur, reste emprisonnéeentre le piston et l’appareil de distribution, et peutmême éprouver une certaine compression. Pour simplhfier, nous appellerons ces quatre périodes : période d'ad-mission , période de détente, période d'échappement ou d'evacuation, enfin période de compression.

Si l’on représente par une ligne droite considéréecomme axe des abscisses, l’espace décrit par le piston ;si l’on élève des ordonnées représentant chacune lapression éprouvée en .son lieu par la face du piston quel’on considère, tant lors du mouvcincntdircctquelors dumouvement rétrograde, les extrémités de ces ordonnéesdécriront une courbe rentrante ou un polygone fermé,et le travail transmis par la vapeur sera représenté parl’aire de ce polygone.

Cela posé, le meilleur règlement du tiroir ou la meil-leure distribution sera réalisée, si l’on peut rendre l’airedont il s’agit un maximum pour une même quantité devapeur fournie par la chaudière. C’est le but que M. Cla-peyron s’est proposé d’atteindre par de nombreuses re-cherches théoriques et pratiques. Attaché depuis long-temps comme ingénieur en chef aux chemins de fer deSaint-Germain et de Versailles (rive droite), son atten-tion s’est particulièrement fixée sur les machines loco-motives. Mais avant d’exposer le résultat de ses tra-vaux, il importe de rappeler à quel point en était laquestion quand il l’aborda à son tour.

Il y a huit ou dix ans, la plupart des constructeursde machines locomotives étaient dans l’habitude dedonner à la partie de la paroi du tiroir qui forme unesorte de soupape glissante, et que l’on désigne dans lesateliers par l’expression singulière de iride du tiroir ,une largeur ou épaisseur précisément égale à la lumièrede communication avec le cylindre. Par cette disposi-tion primitive, lorsque le piston est à l’extrémité de sacourse, le tiroir est au milieu de la sienne, et sa briderecouvre exactement la lumière. La période d'admissiondure alors tout le temps du trajet direct du piston; iupériode de détente est nulle; la période d’échappementdure autant que le mouvement rétrograde du piston ;enfin la période de compression est nulle.

Le polygone fermé, dont l’aire représente le travailtransmis quand on néglige la contre-pression reconnueplus tard, se réduit alors à un rectangle dont les côtéshorizontaux sont la course même du piston, et dont lescôtés verticaux représentent la différence entre la ton-