acide BORIQUE.
lore en vert émeraude 5 l’oxyde de cobalt, en un bleuintense ; l’oxyde de cuivre, en vert pille; l’oxyde de fer,en vert de bouteille ou en jaune; l’oxyde de manga-nèse, en violet; l’oxyde de nickel, en vert émeraudepâle. Les oxydes blancs ne le colorent pas.
Cette propriété remarquable, mise à profit dans lesessais au chalumeau, est d'ailleurs la base de l'emploiprincipal que le borax trouve dans l’industrie. Tout lemonde sait en effet que ce produit est indispensabledans quelques soudures, et pour les brasures il préservede l’oxydation les parties que l’on veut réunir.
Depuis quelques années, on fait entrer le borax dansla composition des verres lins et des glaces, dont il fa-cilite la bonne fabrication ; d’ailleurs il est employédepuis longtemps comme fondant dans la préparationdes couvertes pour porcelaine anglaise.
Dans ces dernières applications le borax, pourvuqu’il soit pur, n’a pas besoin d’être cristallisé, il seraitmeme préférable qu’il fût anhydre; c’est à cette inten-tion, et pour rendra en même temps la fabricationmoins coûteuse, que l’on a proposé divers procédés ;nous citerons entre autres celui qui consiste à épurerpréalablement l’acide borique, puis a le combiner à secavec la soude, en le mélangeant avec la proportion né-cessaire de carbonate de soude cristallisé et en soumet-tant le mélange intime à une température convenabledans une étuve. Il paraît que dans ces circonstances laréaction se fait aussi bien qu’avec des dissolutions, etqu’on obtient du premier coup du borax spongieux trèsblanc et privé d’eau. Si l’acide borique arrivait pur deToscane , nul doute que ce procédé 11e fût économique ;mais dans l’état actuel des choses il 11’en est pas ainsi,en sorte que l’expérience peut seule prononcer pour oucontre ce nouveau mode de travail.
acide BORIQUE. L’acide borique est composé debore et d’oxygène ; il peut se rencontrer ou se produiredans trois états différents. Il est formé de :
1° A l’état anhydre.
Oxygène. . . . (38,81
I0Ü,ÜU
2° Hydraté, mais desséché à la température de 100°.
Acide borique. j^. n ; ; | 72,1
E;uk. 27,9
100,0
3° Cristallisé dans des dissolutions aqueuses, tel dureste qu’il se trouve dans le commerce.
Acide borique, j Oxygène. 3M0 } 36 ’ 38
■I 00,00
Lorsque l’acide borique cristallisé est pur, et qu’onvient à le chauffer, il perd d’abord la moitié de sou eaude cristallisation à la température de 1 0ü u ; puis, à latempérature rouge , le reste de l’eau se dégage, iléprouve la fusion ignée, et il se transforme en un verretransparent et d’une grande limpidité; à cet état il at-tire fortement l’humidité et ne tarderait pas à perdre satransparence si on ne le conservait dans des vases her-métiquement fermés.
L’acide borique est peu soluble dans l’eau; à I0 Ü ,100 parties de ce liquide n’en dissolvent que 3 parties,et, à la température de l’ébullition, 8 parties, dont 5 sedéposent par le refroidissement en petits cristaux pris-matiques.
Découvert en 1702 par Ilomberg, cet acide s’ex-trayait autrefois exclusivement du borate de soude, outinkal (voyez l’article précédent buuax), }:>our les be-soins de la médecine; rien n’est plus simple que cette
préparation; il suffit de dissoudre à chaud le borax etde traiter la dissolution par de l’acide sulfurique con-centré; il se forme du sulfate de soude qui reste en dis-solution, et l’acide borique très peu soluble se précipiteen larges écailles nacrées au fur et à mesure que laliqueur se refroidit. Préparé de cette manière, l’acideborique, connu sous le nom de sel sédatif de Hombvry ,retient toujours, malgré des lavages, un peu d'acidesulfurique.
Aujourd’hui, non seulement l’acide borique ne seprépare plus avec le borax pour les besoins des arts,mais encore les lagoni de Toscane en fournissent natu-rellement en telle quantité, que la plus grande partiedu borax, livré au commerce, se prépare, comme nousl’avons vu dans le précédent article, en combinant di-rectement l’acide borique avec la soude.
Sous le nom de lagoni on désigne les localités de laToscane où se recueille l’acide borique; ce sont de vas-tes bassins que l’on maintient toujours remplis d’eau, etsous lesquels viennent déboucher des petits cratères ousaffioni, qui dégagent continuellement des vapeurs sor-tant du sein de la terre ; ces vapeurs entraînent avecelles une certaine quantité d’acide borique qui se dissoutdans l’eau des lacs; lorsque cette dissolution est arrivéeà un certain degré de concentration, il suffit, pour enextraire l’acide borique, de concentrer et de faire cris-talliser la liqueur.
Dans l’extraction en grand de l’acide borique, on asuperposé plusieurs vastes bassins dans l squels abou-tissent le plus grand nombre possible de saffioni, et dis-posés de telle manière qu’on fait arriver de l’eau pureseulement dans le bassin le plus élevé, et qu’on la faitensuite circuler successivement dans les bassins infé-rieurs, jusqu'à ce qu’elle soit suffisamment saturée d’a-cide borique. Les eaux* séjournent à peu près 24 heuresdans chaque bassin ; elles y sont agitées incessammentpur les courants de vapeurs souterraines, dont la forceest telle qu’elles lancent souvent l’eau des lagoni à unetrès grande hauteur.
Lorsque les eaux arrivées dans le bassin le plus basy ont également séjourné 24 heures, on les soutiredans un réservoir appelé rasrjuc, de G mètres carrés desuperficie sur 1 mètre de profondeur, où la plus grandepartie de la vase se dépose pendant un jour et une nuit,c’est-à dire pendant l'intervalle que l’on met entre deuxvidanges des bassins. On a toujours deux vasques pla-cées l’une à coté de l’autre ; pendant que les dépôts seforment dans l’une, l’autre sert à alimenter les chaudiè-res d’é\aporation.
Le liquide clair surnageant dans les vasques est dé-canté directement dans deux batteries de chacune septchaudières eu plomb, ayant 2 n ‘ î 9ü en carrésur ü u \35 deprofondeur, supportées par de forts chevrons en boisau-dessus d’une maçonnerie en gradins. Toutes leschaudières peuvent se vider successivement les unesdans les autres, la plus élevée est celle qui reçoit leliquide des vasques.
Pour évaporer la dissolution très étendue d'acideborique, on a profité de la chaleur produite par lu va-peur des saffioni ; cette vapeur, amenée par des galeriesen pierre, s’introduit sous la dernière chaudière duchaque batterie, et sèche successivement le fond detoutes les autres.
C’est à M. Larderelle, le créateur de cette industrieperfectionnée, que l’on doit cette heureuse et écono-mique application de la vapeur perdue à l’évaporation.Avant lui, on se servait de combustibles très chers, cequi augmentait le prix de revient de l'acide de manièreà le rendre inabordable.
J ai solution d’acide borique soutirée claire des vas-ques, marque ordinairement de l" à l°,ü à l’aréomètrede Baume; on en remplit les quatre premières chaudièresde chaque double batterie. Après 2i heures dYvapora-