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BORAX.

BORAX.

Renient d'acide carbonique, et le borax cristallise par lerefroidissement de la liqueur. Au premier abord cettepréparation paraît extrêmement simple, cependant ellea rencontré à l’origine des obstacles sérieux, qui prove-naient de la difficulté que l’on éprouvait à obtenir descristaux solides et d’un très gros volume , ainsi que le\eulent encore les exigences et quelquefois les besoinsdu commerce. MM. Payen et Cartier écartèrent cet ob-stacle, et parvinrent à préparer régulièrement le boraxen cristaux tenaces et volumineux en opérant la cristal-lisation sur de grandes masses, et en la rendant aussilente et aussi régulière que possible. Ce premier obsta-cle écarté il s’en présente un second auquel on ne s’at-tendait pas, et que nous signalons parce qu’il montrebien comment les préjugés parviennent souvent à faus-ser le jugement ; en effet le commerce, habitué à trou-ver dans le borax de Hollande une teinte grisâtre et descristaux à arêtes brisées par les secousses d’un longtransport, ne voulut pas du nouveau produit, il fallutpour renverser ces préjugés imiter Je borax de Hollande,et pour cela couronner les arêtes des cristaux en pla-çant ceux-ci dans des tonneaux que l’on faisait tournersur un axe. Aujourd’hui ces précautions ne sont plusnécessaires ; yoici comment on opère.

Dans une grande cuve en bois, doublée de plomb etchauffée à la vapeur, on fait dissoudre 1200 kilogr. decarbonate de soude cristallisé dans une quantité d’eautelle qu’ajoutée avec celle produite par la condensationde la vapeur, le tout forme 2000 kilogr. Lorsque la dis-solution estcomplète, on élève sa température à peu prèsa 100 degrés, puis on ajoute au liquide l’acidc boriquepar portions de 4 à o kilogr. seulement à la fois ; le car-bonate de soude est immédiatement décomposé, l’acidecarbonique se dégage avec grande effervescence etil reste du borate de soude en dissolution ; si l’on met-tait trop d’acide borique à la fois, le dégagement d’a-cide carbonique pourrait être assez violent pour projeterhors delà cuve une partie de la dissolution. Avec l’a-cide carbonique, il se dégage toujours entre autres gazun peu d’ammoniaque qui provient de la décompositionde sels étrangers ; on pourrait le recueillir en fermanthermétiquement la cuve et en conduisant les gaz déga-gés, par un tube de plomb, dans de l’acide sulfurique;il se produirait du sulfate d’ammoniaque qui a uneassez grande valeur.

Pour saturer les T200 kilogr. de carbonate de sondecristallisé, on emploie environ 1000 kilogr. d’acideborique de Toscane , contenant à peu près 10 p. 100 desubstances étrangères. Lorsque la saturation est com-plète, la solution doit marquer environ 21" Baume; onarrête alors la vapeur, et on laisse déposer le liquide pen-dant'! 0 ou 12 heures, puis on soutire la solution claire aumoyen d’un robinet placé à 2 ou 3 décimètres du fond,c’est-à-dire au-dessus du dépôt.

La solution de borax est reçue dans des vases dou-blés de plomb, très peu profonds, 20 à 30 centimètresau plus, dans lesquels elle ne tarde pas à se refroidir eta cristalliser; les cristaux détachés sont mis à l’égout-tage sur un plan incliné. Les eaux mères passent dansune nouvelle opération, et les dépôts qui se sont formésdans la cuve de décomposition sont vidangés par unslarge cannelle.

Les cristaux de petite dimension, provenant de cettepremière cristallisation, doivent être soumis à une nou-velle opération qui consiste à les épurer et à les trans-former en cristaux volumineux, tels que le commerce c6l’industrie le réclament.

liaffinage du borax. Dans une cuve semblable à la pré-cédente, et d’une grande dimension, on fait dissoudre àla fois 9000 kilugr. de borax brut ; cette dissolutions’opère à chaud, et on l’active singulièrement en pla-çant le borax dans un panier en tôle élevé par une grue,et que l'un suspend au sein du liquide contenu dans ;

la cuve. Après dissolution complète, on ajoute à la li-queur quelques centièmes de carbonate de soude. Lasolution bouillante doit marquer 21" à l’aréomètre deBaume; après un repos de une heure ou deux, on lasoutire dans un grand cristallisoir doublé de plombépais, et ayant à peu près l“\50 de profondeur sur 2 à3 mètres de côté. Ce cristallisoir est placé dans unepièce isolée, bien fermée, à l’abri des changements brus-ques de température, des chocs et ébranlements, et detoutes les causes, en un mot, qui pourraient troubler lacristallisation. Le refroidissement de la solution doitêtre extrêmement lent, et à cet effet, le cristallisoirdoit être couvert, et environné de corps mauvais con-ducteurs de la chaleur. C’est en prenant toutes ces pré-cautions, et surtout en adoptant les grands cristallisoirsque nous avons indiqués, que l’on parvient à obtenir lesgros cristaux recherchés pour plusieurs applications.Suivant la température extérieure, la cristallisation doitdurer de 2o à 30 jours, elle est terminée lorsque la li-queur ne marque plus que 28 à 30° de température ; àce moment il faut enlever l’eau mère au moyen d’unsiphon, puis un homme essuie vivement les arêtes descristaux au moyen d’une éponge ; cela fait, on replacele couvercle et on laisse refroidir pendant quelquesheures, afin que les cristaux surpris par le froid ne de-viennent pas friables.

Les cristaux fortement adhérents aux parois du cris-tallisoir sont détachés au moyen d’un ciseau, et àgrands coups de maillet, après leur dessiccation; onles sépare les uns des autres avec une petite hachette,on en élimine les menus cristaux, puis on les emballedans des caisses imitant les anciens emballages desHollandais.

Le borax prismatique, obtenu comme nous venonsde le diic, contient 47 p. 100 d’eau ; il a un goût dou-ceâtre, il affecte les couleurs végétales comme un alcali,il est soluble dans 12 fois son poids d’eau froide et dans2 parties d’eau bouillante. Exposé à l’air sec, il s’ef-fleurit rapidement et perd sa transparence, il fond àune clwüeur au-dessous de 100“ et peut perdre touteson eau de cristallisation, il forme alors une massespongieuse, qui par une plus haute température se fonden une masse transparente comme le cristal ; c’est leborax anhydre.

Le borax octaédrique , découvert par M. Payen, offrecela d’avantageux que cristallisé, il contient cependantmoitié moins d’eau que le précédent. 11 cristallise ausein d’une solution plus concentrée que celle qui produitle borax octaédrique, et dans des limites de températuresupérieures ; l’opération est donc la même que celleque nous venons de décrire, seulement la solution deborax brut doit marquer 30 à 32"àraréomètredeBaumé,et à 100" centigrades, lorsqu’on la soutire dans lesgrands cristallisoirs ; la cristallisation commence à 79"de température et le borax octoaédrique cesse de scformer à ofi", on doit donc à ce moment enlever vive-ment les eaux mères qui ne donnent plus par le refroi-dissement que du borax prismatique.

Les cristaux de borax octaédrique adhérent forte-ment entre eux, ils forment des plaques peu épaisses,très dures et sonores ; à l’opposé du borax prismatique,ils s’effleurissent dans un air très humide, ou même lors-qu’on les plonge dans l’eau, ils tendent dans ces cir-constances à absorber une quantité d’eau égale à cellequ’ils renferment déjà, et à passer à la composition duborax prismatique. Du reste les deux borax ont lesmêmes propriétés, et agissent de la même manière danstoutes les applications, puisqu’ils commencent toujourspar perdre leur eau de cristallisation.

Le borax fondu a la propriété, à une haute tempéra-ture, de dissoudre les oxydes métalliques et de lestransformer en verres transparents et colorés, suivantleur nature; c’est ainsi que l’oxyde de chrome le co