BRODERIE.
BRODERIE.
L’on place ensuite à angle droit, sur le canevas lui -même, deux autres guides de compte semblables, dontles divisions sont espacées, suivant le numéro du cane-vas ; mais le compte des carreaux du canevas est arrêténécessairement de dix en dix par un fil coloré lacé surle canevas, ou simplement par un fil en reprise à lamain, cela fait il est facile de fixer de suite, sur le ca-nevas, un point déterminé du dessin,comme s’il s’agis-sait de trouver un produit quelconque dans la table demultiplication de Rythagore.
Disons aussi que ce métier tel qu’il est construitn’est pas applicable à la broderie tics grands ouvragessur mousseline, gaze ou autres étoffes légères en soie oucoton ; car les pointes troueraient et déchireraient peut-être ces tissus. Cependant on pourrait s’en servir nubesoin en supprimant les pointes et en comprimantsuffisamment les deux largeurs du tissu sur les cn-souples, dont les faces plates seraient recouvertes depapier de verre, par des tringles de bois fort, dont leslaces en contact avec l’étoffe seraient légèrement con-vexes sur le milieu et recouvertes aussi de papier doverre.
Il y a encore un métier à broder assez incommode,du reste, et qui est généralement employé par lesbrodeuses sur gaze, mousseline, et autres étoffes lé-gères de grandes dimensions ; nous voulons parler dutambour. C’est un instrument de forme circulaire faitavec du bois d’éclisses, et recouvert d’une lisière dedrap ou de flanelle. Ou tend l’étoffe dessus comme unepeau de tambour par le moyen d’une courroie et d'uneboucle, ou d’un ou de plusieurs cerceaux recouvertsd’une lisière (le drap, qui s’emboîtent les uns dans lesautres ; de la le nom de tambour qu’on a donné à cemétier, qui est plutôt un outil qu’uh métier propre-ment dit.
Rufin nous terminerons par la description du métiermécanique à broder, inventé par M. .losué lleilmann,de Mulhouse ; métier qui présente des combinaisonsfort ingénieuses sans doute, mais qui n’offre pas encoretoute la perfection désirable dans les produits manu-facturés. Du reste , le battant-brocheur inventé parMM. (iodemnrt et Meynicr, de Lyon , remplit le mêmebut d’une manière encore plus heureuse et surtout pluséconomique pour la fabrication des tissus recherchéspar les consommateurs. Voyez iîàttant-hkociielji.
ROUGET HE LISLK.
MACHINE A BRODE» de JL Josué lleilmann , deMulhouse . Lu machine à broder de M. lleilmann estsans contredit, de toutes les machines de l’expositionde 1834, celle qui a obtenu au plus haut degré la faveurdu publie : soit qu’elle fût en repos, soit qu’elle fut enmouvement, on était sûr de la trouver environnée d'unefoule de curieux, les uns portant leur attention sur lesbroderies qu’elle avait exécutées, les autres essayantd’en suivre tous les mouvements et d’en deviner le mé-canisme; on ne se lassait pas de voir, dans un petitespace, 130 aiguilles brodeuses occupées chacune àcopier le même dessin et accomplissant leur tâche avecune régularité parfaite ; un seul homme suffisait àmettre en action toutes ccs aiguilles, et l’on était sur-tout émerveillé de voir avec quelle exactitude chacuned’elles venait d’elle-meme piquer l’étoffe au pointprécis où elle aurait été conduite par la main la plusexercée.
On peut dire que M. lleilmann a résolu, dans la con-struction de sa machine, un problème tellement com-pliqué et tellement délicat, que de très habiles méca-niciens n’auraient sans doute pas osé se le proposer;mais il n’y a pas seulement dans cette invention unegrande difficulté vaincue, il y a de plus une utilitéréelle et déjà constatée : en France, en Allemagne , onSuisse et eu Angleterre, plusieurs fabricants ont sentil’avantage qu’ils en pouvaient tirer; on compte, dès à
présent, six machines à Lyon qui travaillent sans re-lâche, on en compte quatre en Saxe, quinze à Saint-Gall, et douze ou quinze, je crois, à Manchester , etdans d’autres villes de l’Kcoase et de l’Angleterre.
On conçoit aisément qu’un mécanisme qui répète enmême tunps cent trente fois le même dessin en brode-rie, ne doive pas être d’une exécution facile, surtoutquand il le répète avec toute l’exactitude que ce genrede travail exige pour être très parfait. Cependant lamaison Kœchlin de Mulhouse , construit ces machinesavec une solidité et une précision (pii semblent ne rienlaisser à désirer; elle a été imitée à Manchester, où l’ona construit sur les modèles qu’elle avait envoyés, maisil ne parait pas qu’elle ait été surpassée.
Le prix d’une machine portant 130 aiguilles et parconséquent 200 pinces est de 3,000 francs, et l’onestime qu’elle fait journellement l’ouvrage de vingtbrodeuses fort habiles, travaillant sur le métier ordi-naire ; elle n'exige cependant pour être mise en actionpendant toute la journée, qu’un seul ouvrier et deuxjeunes filles. L’ouvrier doit être exercé à ce genre detravail, car il remplit à lafois des fonctions nombreuses :d’une main, il suit le dessin avec la pointe du panto-graphe ; de l’autre, il tourne une manivelle pour planteret- tirer toutes les aiguilles qui sont tenues dans despinces, et portées par des chariots qui s’approchent ets’éloignent en roulant sur des chemins de fer; enfin,au moyen de deux pédales sur lesquelles il appuie alter-nativement d’un pied et de l’autre, il ouvre les 130pinces du premier chariot qui doivent donner les ai-guilles après les avoir plantées dans l’étoffe, et il fermedu même coup les *130 pinces du second chariot, (piidoivent les recevoir et les tirer de l’autre coté pour lesramener ensuite. Les jeunes filles n’ont autre chose àfaire qu’à changer les aiguilles quand les aiguillées sontfinies, et à surveiller les pinces pour qu’aucune aiguillene s’en échappe.
Nous allons essayer de faire comprendre tous les dé-tails do cette machine, parce qu’elle n’est pas moinsremarquable par l’heureuse disposition des parties quila composent que par les effets qu’elle produit. Nousdécrirons successivement :
1" La disposition du bâti ;
2" La disposition de l'étoffe;
3° La disposition des chariots ;
4" La disposition des pinces ;
I. — Disposition du bâti. Le bâti est eu fonte de 1er ;il doit être solidement assemblé et établi sur un sol assezferme pour n’éprouver aucun ébranlement sensible, soitparle mouvement de la machine elle-même, soit pur lodéplacement des ouvrières qui vont d’une pince à l’autrepour changer ou rajuster les aiguilles. La fig. 307 enprésente, une élévation prise de lace. Le. bout du bâtiforme deux rectangles égaux A B B A, Al>BA, symé-triquement placés, l’un à droite, l’autre à gauche, etréunis au milieu par un troisième rectangle plus étroitet plus élevé, A DCA. Cet assemblage des trois rec-tangles est coulé d’une seule pièce, a, sont six piedsqui portent chacun un trou destiné à recevoir une viscalante, par laquelle ils reposent sur le sol. L’autrebout du bâti est en tout pareil nu premier; nous eudésignerons les parties analogues par les mêmes lettresavec un accent: ainsi, A’B’B’A’, A’B’B’A’, serontles deux rectangles symétriques du second bout dubâti ; A’ I)’ C” A’, sera le rectangle du milieu analogue àAI) CA, et a’ représentera les 0 pieds correspondants aceux a. Entre chaque pied a et son correspondant a’, ily a une traverse en fonte A’’, dont on voit la forme etl’assemblage dans la figure. Ainsi, à leur partie in-férieure, les deux bouts du bâti sont assemblés par sixtraverses pareilles à la traverse A” ; eu outre, aux deuxextrémités de chacune de ces traverses, il y a des arcs-boutants a’’, destinés à consolider le système ; on \oit