BRODERIE.
BRODERIE.
trop élevé. Aussi les ouvrières brodeuses préfèrent-ellesgénéralement les métiers à vis ou à latte, qui se vendentà meilleur marché, et qui sont d’ailleurs plus faciles àloger et à transporter. Toutefois on monte et démontel’étoffe sur le métier à latte, plus facilement et pluspromptement que sur le métier à vis ; mais on la tendsouvent beaucoup trop ou trop peu, et on a beaucoupde peine et de fatigue. Avec le métier à vis, au con-traire , on tend l’étoile aussi peu qu’on veut, sans peineet sans fatigue; sous ce dernier rapport, du moins, lemétier à vis est bien préférable au métier à latte.
Au résumé, tous les métiers actuellement en usageont tous le grave inconvénient d’obliger ia brodeuseà coudre les deux largeurs du canevas sur les galonscloués sur les deux rouleaux, à enrouler ensuite lecanevas en le pressant, et à le tendre sur les cotés, aumoyen de ficelles qui le tiraillent et le déchirent tou-jours. Nous indiquerons donc ici les additions ou per-fectionnements que l’expérience et la pratique de labroderie nous ont suggérés, afin de faire cesser tous lesinconvénients que présentent les métiers déjà connus.Nous avertirons cependant le lecteur qu’un fabricant deParis a le droit exclusif d’exploiter à son profit cesperfectionnements pour lesquels un brevet d'inventionnous a été délivré le 19 juin 1844.
Les perfectionnements comprennent plusieurs parties,qui s’adaptent également à tous les métiers à broder.
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Ainsi, le périmètre des deux rouleaux ou ensouplesprésente au-dessus une surface plate de I centimètrede largeur, sur laquelle sont plantées des pointes émousnées et destinées à accrocher les deux largeurs du ca-nevas, ce qui dispense de les coudre sur des galons.Ensuite on recouvre les pointes avec une tringle enbois dite de recouvrement , taillée en demi-rond, et por-tant dans touto sa longueur une fente ou rainure d’unelargeur égale à la grosseur des pointes ; les pointes durouleau de derrière sont recouvertes aussi par une trin-gle dont la face en dessus est taillée en plan incliné.Les deux tringles sont attachées par leurs extrémitéssur les deux rouleaux, à l’aide de deux cordons, pouréviter tout déplacement.
Les deux vis en fer à triples filets, dont les écrousen cuivre sont fixés à demeure sur le milieu des deuxvis ou traverses du métier, servent à tendre le canevassur les deux côtés opposés, quand on tourne les deuxboutons qui y sont adaptés. A cet effet, chaque vis porteà son extrémité une platine en cuivre, tournant sur son
milieu, et dont les bouts sont coudés en équerre ettroués La platine reçoit et supporte une tringle enfer, qui est fixée sur le canevas avec quatre aiguilles àbroder, plus ou moins distantes l’une de l’autre.
Le rouleau en bois tourné, qui est placé sur IV»-souple de derrière, est destiné à enrouler le canevasbrodé ou le modèle à exécuter. Ce rouleau est forméde deux segments ou portions de cylindre joints parleurs extrémités au moyen do doux vis à bois àtète plate, et entre lesquels on engage et pince le ca-nevas ou le modèle. L \ixe de droite du rouleau esten fer rond, et tourne librement dans une platine oufourchette fixée à vis sur l’ensouple; Y axe de gauche ,qui est à vis, forme pivot; il est fixe dans un écrou,lequel est engagé dans la fourchette de droite, et mo-bile à volonté de bas en haut, et réciproquement, dehaut en bas, suivant la grosseur ou l’épaisseur du ca-nevas ou du modèle enroulé. C’est à l’aide de cette visqu’on fait reculer à volonté le rouleau de gauche àdroite ou de droite à gauche, en tournant le boutonqui y est adapté.
Résumons les avantages que présente le métier àbroder ainsi perfectionné.
Avec ce métier d’un prix d’achat aussi bas qu’onpeut le désirer, la brodeuse n’a pas l’embarras de cou-dre les deux largeurs du canevas sur les galons qui sontainsi supprimés, et de les enrouler ensuite sur les en-souples ; elle roule seulement le canevas sur lui-méme, sans le presser, jusqu’à ce qu’il n’en resteque la grandeur que peut embrasser commo-dément la main ; elle fixe plus promptement etplus facilement le canevas en l'accrochant sur lespointes; enfin le surplus des canevas est attachéet suspendu au-dehors des ensouples de manièrequ’on puisse le voir et le couper au besoin.
La brodeuse peut travailler sur le métier sansgène, sans fatigue, et sans que son bras quittela position verticale; et, eu effet, elle peut ten-dre le canevas sur une longueur aussi petite quepossible; ce qui lui évite de tendre le bras.
Ce métier, enfin, présente plusieurs avantagesincontestables :
T’ De dispenser d’enrouler et de presser labroderie faite sur les ensouples, méthode quiaplatit et écrase toujours les points, le relief desfigures, et qui fait goder le canevas ou l’étoffequi n’a pas encore été brodée;
2° De dispenser d’étendre sur le canevas unmodèle qu’on froisse sans cesse en travaillant,et qui est très souvent altéré ou perdu aprèsavoir été copié ;
3 U De laisser voir la tapisserie faite, afin d’enimiter toutes les nuances;
4° De permettre de confectionner une grande lon-gueur de broderie en tapisserie sans enlever les rou-leaux, et sans avoir l’embarras de tendre le canevassur les côtés au moyen de ficelles ou de crochets quitiraillent et déchirent les mailles du canevas.
De plus, à l’aide de ce métier, on peut compter lescarreaux ou points colorés du modèle, sans peine etsans tâtonnement, avec une précision et une rapiditéque la brodeuse la plus habile ne pourrait atteindre parles procédés ordinaires. Il suffit, pour cela, de placer unerègle dite guide de compte (1 ) sur la tringle de recouvre-ment de derrière, de manière à ce que les divisions decette règle, espacées convenablement, correspondentavec les divisions numérotées sur le modèle de dix endix carreaux ou points.
(I) Ccitc règle sc compose d’un ruban étroit en soie ou encoton sur lequel glissent librement dos curseurs en cuutcgratte très mince ue S millim.de largeur au plus, et numérotésdo dix en dix.
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