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CHAUDRONNERIE.

CHAUDRONNERIE.

calottes sphériques qui terminent les chaudières cylin-driques ; cette opération demande â être exécutée avecbeaucoup de précaution, parce qu’elle a presque tou-jours pour résultat de produire des pièces d'inégaleépaisseur, attendu que la matière se refoule du centre àla circonférence. Il existe des machines à emboutir, maisen général elles sont peu employées, et ce travail s’exé-cute presque toujours à la main. Les machines de cegenre, que nous avons vues en Angleterre, se com-posent :

1“ D’une matrice concave en fonte, fixée entre deuxmontants en fonte, reliés à leur partie supérieure par unetraverse horizontale de meme nature.

2” La traverse supérieure, ou chapeau, est traverséepar une forte vis en fer portant à son extrémité infé-rieure un mandrin en fonte ou en fer d’une formeconvexe semblable à celle de la matrice.

Cette vis pouvant être mise en mouvement an moyend’une machine, on présente la feuille de tôle convena-blement chauffée entre la matrice, et le mandrin, onfait descendre ce dernier, et la tôle est obligée de secourber suivant la forme affectée par la matrice.

Ces memes machines servent également à donner auxpièces de tôle toutes les formes réclamées par les be-soins de la construction ; pour cintrer des tôles à chau-dières cylindriques, par exemple, on conçoit qu’il suffitde donner à la matrice la forme d’un demi-cylindrecreux, tandis que le mandrin est disposé de manière às’y emboîter exactement. Au lieu de courber les tôlesdans des formes concaves, il est préférable, suivantbeaucoup de praticiens, de les plier sur des formes con-vexes, ou en d’autres termes de les rélreindre; en opé-rant ainsi, on peut conserver à la feuille une épaisseuruniforme sur tous les points, et on altère beaucoupmoins la texture du métal. Ce procédé est d’ailleurs trèsfréquemment employé dansla chaudronnerie.

Dans toutes ces opéra-tions, il est indispensableque la tôle soit convenable-ment chauffée avant d’êtresoumise à l’action mécani-que qui doit modifier saforme ; ce réchauffage sepratique dans des espèces defours dormants chauffés à lahouille, et doit être d’autantplus énergiqueque l’on opèresur des tôles plus épaissesou de moindre qualité ; lestôles très douces peuvent eneffet se travailler à un faibledegré de chaleur, tandis queles autres ne peuvent êtretraitées qu’au rouge cerise,sous peine de les voir se ger-cer et se fendre, ce qui lesmet hors d’emploi.

Nous donnons ici (fig. 436et 437) le croquis de la ma-chine à cintrer, employéechez M. Lemaître; elle fonc-tionne parfaitement bien ; lestôles que l’on soumet à sonaction sont chauffées aufour, quand elles sont épais-ses; lorsqu’elles sont min-ces, on les échauffe légèrement dans une boite en fonteou l’on fait arriver un jet de vapeur.

Cette machine se compose comme il suit :

1° Deux bâtis en fonte portant des paliers dans les-quels se meuvent les tourillons du cylindre, sur lequeldoivent s’enrouler les feuilles de tôle. L’un de ces

bâtis sert en même temps de point d’appui aux en-grenages qui communiquent le mouvement à l’appa -reil.

2” Un cylindre en fonte un peu plus long que lesfeuilles à courber, et d’un diamètre égal à celui ducercle suivant lequel elles doivent être pliées.

3" Une barre de fer rectangulaire placée sous le cy-lindre, et rattachée à ses extrémités par deux chapesqui la rendent solidaire de la première pièce. C’est en-tre cettebarre et le cylindre que l’on engage les feuilles,et qu’on les fixe solidement au moyen des chapes àcoins et h vis que nous venons de mentionner.

4° Un autre cylindre en fonte parallèle au premierest soutenu un peu à l’arrière, au moyen de deux cré-maillères verticales situées près des bâtis.

Ces crémaillères sont susceptibles de se mouvoirverticalement au moyen d’un levier denté qui se ma-nœuvre à la main : cette disposition sert à rapprocherou à écarter à volonté le cylindre inférieur du cylindremobile dans les différentes périodes de l’opération ; voicid’ailleurs comment on procède .

La feuille de tôle est enlevée par son milieu aumoyen d’une potence, et le bord en est engagé entrele cylindre plieur et la barre de fer inférieure, en ayantsoin de le placer bien parallèlement à l’axe de la ma-chine. On serre alors les chapes avec force, et on fixesolidement la feuille de tôle entre le cylindre et labarre. Au moyen des leviers dentés qui agissent surles supports du rouleau, on relève ce dernier de ma-nière à l’appuyer fortement sous la feuille pour le for-cer à se coller contre le cylindre. On fixe les levierspour qu’ils ne se dérangent plus, et on donne le mou-vement à la machine : la tôle, entraînée par le mouve-ment du cylindre et constamment serrée contre sacirconférence par l’action du rouleau, s’applique parlai •

tement contre sa surface, eu prend exactement la formeet la conserve.

Quand l’autre bord de la feuille, par suite du mou-vement du cylindre, a échappé le rouleau, ou ar-rête la machine, on baisse le rouleau, on desserre leschapes et la barre qu’elles maintiennent ; puis on en-