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CHAUDRONNERIE.

CHAUDRONNERIE.

supports courbes, dans la semelle duquel est solidementemmanché l’arbre en fer qui porte la boutcrolle fixe surlaquelle se place la tête inférieure du rivet. La fourchettedu support reçoit un clou qui sert d’axe de rotation à deuxleviers distincts correspondants chacun à un cylindre àvapeur. L’un de ces leviers fait agir le mandrin qui serreles deux tôles, l’autre porte la bouterolle mobile qui faitensuite la tête du rivet.

Lorsque la machine travaille comme machine à per-cer, on adapte au mandrin du premier levier un poinçonqui correspond à une matrice placée à l’extrémité del’arbre en fer.

En supposant que l’on veuille river un corps de chau-dière ou de bouilleur, on commence par l'emmanchersur l’arbre qui porte laboutcrolle en le soutenant par sonextrémité au moyen d’une grue ou d’un palan; un en-fant apporte le rivet convenablement chauffé, l’introduitavec sa tenaille dans l’intérieur de la chaudière que l’onsoulève un peu, de manière à pouvoir placer le rivet dededans en dehors dans le trou qui lui est destiné, puison donne un ou deux coups de vapeur par le premierlevier pour serrer les tôles, et enfin on fait agir le levierqui porte la bouterolle pour faire la tête dutivet. Cetteopération s’exécute avec une grande rapidité : deuxhommes et un enfant qui chauffe et présente les rivets,suffisent, au service de la machine.

D’après la disposition de cet appareil, il est clairque l’on ne peut pas y river des pièces d’une longueurplus grande que le double de celle de l’arbre qui porte labouterolle fixe ; que de plus, si ce sont des corps cylin-driques que l’on assemble, il faut que leur diamètre soitassez grand pour que l’on puisse venir placer le rivetdans l’intérieur du cylindre : cette dernière nécessité li-mite évidemment l’emploi de cette machine Pour as-sembler des cylindres d’une plus grande longueur etd’un faible diamètre, il faudrait : l ü que le support fûtbeaucoup plus long ; 2° que le rivet se plaçât de dehorsen dedans et que la machine exécutât la tête intérieure.

Ce problème présentait évidemment de grandes diffi-cultés , mais il a été résolu avec un grand succès parl’habile mécanicien dont nous avons déjà parlé, et il ya peu de temps que nous avons vu river ainsi des tubescylindriques de 0,25 a 0,30 de diamètre et de 7 à 8 mè-tres de long : nous allons essayer de donner une idée del’npparcil que M. Lemaître a récemment imaginé pourcet objet.

La pièce principale est un tuyau conique en fonte,fixé horizontalement par son extrémité la plus large surun massif, et présentant une longueur d’environ 3 1U ,60 àA"‘,00 en porte à faux. Le tube est percé perpendicu-lairement à son axe vers le sommet du cône et reçoiten ce point une bouterolle en acier qui s’appuie sur deuxcoins placés dans l’intérieur du tube; l’un de ces coinsfait suite à une tige en fer qui passe dans l’intérieur dela pièce et se termine à l’autre extrémité ( côté du mas-sif), parune crémaillère qui engrène avec un levier denté.En relevant ou en abaissant le levier, on fait donc des-cendre ou monter la bouterolle. Si l’on imagine mainte-nant qu’au dessus de cette bouterolle, on ait disposé àl’extrémité d’une tige verticale une autre boutcrolle dontl’axe correspond exactement à celui de la première, etqui soit susceptible de se mouvoir suivant ce même axe,au moyen d’un levier convenablement disposé ( voirfig. 443), on aura une idée à peu près complète de l’en-semble de l’appareil. Quant à la manière de le fairefonctionner, elle est fort simple : on emmanche le tubeà river sur le tuyau de fonte, en le tenant suspendu parune chaîne dont l’extrémité s’attache à un chariot mobile,et on amène le trou à remplir au droit des deux bouterol-les ; un enfant place le rivet de dehors en dedans, et l’onfait aussitôt agir la bouterolle supérieure sur la tête déjàfaite, de sorte que l’extrémité inférieure du rivet pé-nètre dans le vide où doit se mouvoir la bouterolle infe-

rieure. Celle-ci est à son tour subitement relevée parl’action du levier qui agit sur le coin qui la porte, et latête intérieure du rivet se trouve immédiatement for-mée.

Au moyen de cet ingénieux appareil, qui fonctionned’ailleurs avec une extrême régularité, on exécute dansle même temps et avec le même nombre d’ouvriers en-viron quatre fois autant de travail que par les procédésordinaires.

On conçoit que ces différentes machines ne peuventêtre employées que pour l’assemblage partiel des feuillesdetôle, et qu’un grand appareil ne peut pas être entière-ment terminé de cette manière; mais c’est déjà beau-coup que d’avoir pu diminuer de moitié, ou des troisquarts, le travail manuel, et de n’y recourir que pourl’assemblage définitif des différentes parties entre elles.

Pour river au marteau, le rivet est introduit jLins letrou qu’il doit occuper par l’intérieur du corps de lachaudière, et maintenu dans cette position au moyend’un levier en fer dont l’extrémité serre la tête intérieuredu rivet, tandis que deux hommes placés en dehors for-ment à coups de marteau sa tête extérieure. Cette der-nière opération se fait généralement avec des marteauxordinaires que les deux viveurs font fonctionner avec laplus grande rapidité possible; mais M. Lemaître exé-cute aujourd’hui toutes ses rivures à la bouterolle.

Le principal ouvrier commence seulement à former latête du rivet en quelques coups, puis il y applique labouterolle sur laquelle son frappeur frappe à coups demasse. L’opération se fait ainsi avec beaucoup de rapi-dité, et les têtes de rivet présentent une régularité deforme que l’on n’obtient que fort difficilement par l’an-cienne méthode.

Nous avons présenté avec tous les développementsnécessaires le détail des opérations qui so succèdent dansles ateliers de chaudronnerie ; nous parlerons pas icide l’essai des appareils dont il sera traité à l’articlechaudière a vapeur. 11 nous reste à parler de lachaudronnerie en'cuivre.

Le travail du cuivre a pris en ces dernières années unassez grand développement par suite des nombreux ap-pareils que l’on exécute pour les sucreries indigènes ouexotiques ; mais son prix élevé réduira toujours sesusages aux cas où la tôle de fer ne peut pas lui être sub-stituée.

La chaudronnerie de cuivre présente beaucoup moinsde difficultés que celle de fer, parce que la ductibilitéde ce métal permet de le travailler sans peine à la tem -pérature ordinaire. On conçoit d’ailleurs que tous lesoutils et appareils que nous avons décrits pour la tôlede fer s’appliquent parfaitement au traitement des feuil-les de cuivre.

Le cuivre s’emploie généralement.à l’état de feuilleslaminées ; dans quelques cas seulement on se sert deplaques coulées que l’on traite ensuite au marteau pourresserrer la matière et lui donner du corps. Les fonds dechaudière sont travaillés au martinet dans les usines àcuivre, et seulement achevés dans les ateliers.

Toutes les pièces sont généralement travaillées aumarteau à main, sur la bigorne ou le tas, et l’on con-çoit facilement la lenteur de cette manière de procéder.MM. Dcrôsnc etCail, dont la chaudronnerie est exécuté»:avec une perfection qui ne laisse rien à désirer, ont ré-cemment imaginé un appareil fort simple pour substi-tuer l’action mécanique au travail manuel dans ce genred’opérations. Il consiste en un marteau - piion a têted’acier, soulevé par l’action d’une came placée sur unarbre qui reçoit son mouvement d’une machine à va-peur; son poids est d’environ 60 à 90 kilogr , sa levéede 0“,24 à 0“,30; l’enclume est également en acier etprésente une superficie de 60 à 80 centimètres entré*.C’est sous cet appareil, auquel on a donné lo nom demarteau-planeur , que l’on traite aujourd’hui les fonds de