CHAUFFAGE.
CHAUFFAGE.
gés de plus par le bois, sont désagréables et dangereuxpour l’économie animale, et peuvent dans de certaius casoccasionner la mort.
Ces accidents n’arrivent cependant jamais dans lespays chauds, où l’usage des brazeros est général : là,en effet, ils servent à chauffer légèrement de vastessalles pendant la moins bonne saison. Les croisées etfenêtres ne sont pour ainsi dire jamais fermées, et laquantité de charbon ainsi brûlée ùfeu découvert, est ex-cessivement faible.
Quant aux huttes des sauvages, où le feu plus actif,qui sert h se chauffer et à cuire les aliments, se fait aumilieu de la salle, et au dessous d’un trou percé au toit,il se produit là un courant ascendant qui force l’air àaffluer de tous côtés de la circonférence au centre, parles portes et les fissures des murs en terre, de sorteque les individus qui sont assis sur la terre, ou couchésautour du feu, se trouvent enveloppés dans un courantd’air pur et garantis de l’acide carbonique.
L’emploi de la combustion directe pour se chauffer,serait bien plus dangereux dans les pays civilisés etfroids; là tout doit être disposé pour des appareils quiemportent au dehors la fumée et les gaz brûlés, carles portes et fenêtres sont bien jointes et toujours fer-mées avec soin. Du reste ce procédé, employé il y avingt ans encore dans quelques industries, est remplacécomplètement par des poêles ou des calorifères. J’en aicependant encore trouvé récemment un exemple remar-quable dans le séchage des crins frisés, où pourtant rienne s’oppose à sa suppression immédiate.
II. — Cheminées.
La France et l’Angleterre sont presque entièrementchauffées par des foyers ouverts, chargés d’un combusti-ble qui n’échauffe la salle que par son rayonnement. Cemode de chauffage est éminemment agréable, puisqu’ilpermet devoir lefeuetde se chauffera volonté, les pieds,et c’est là sans doute une des causes qui font conserveren Angleterre ces foyers ouverts à la houille, de préfé-rence aux poêles, parce que dans un climat humide et aveodes pluies fréquentes, il y a un grand avantageàtrouver,a l’arrivée, un foyer ouvert pour s’y sécher les pieds.
Les autres avantages de ces foyers sont de tenir lespieds chauds, et de conserver le reste du corps à unetempérature moindre, condition nécessaire d’un bon tra-vail et d’une bonne santé, qui manque dans les bureauxdes administrations publiques où le chauffage s’opèrepar les bouches de chaleur d’un calorifère ; car alors lesemployés ne peuvent pas travailler dans des salles au-dessous de -19 à 20°, et ils y puisent des douleurs detête : ce qui n’a pas lieu avec des cheminées.
Par ce procédé, l’air des salles habitées est aussi puis-samment renouvelé, et par conséquent toujours salu-bre; car une cheminée ouverte agit comme un foyerd’appel, où le combustible n’a pas seulement pour effetde chauffer la salle, comme dans les poêles, et d’em-porter dans le tuyau de cheminée la quantité d’air in-dispensable à sa combustion, mais encore un excédantd’air considérable qui, par la disposition du foyer, s’é-coule librement à l’entour du combustible, par l’ouver-ture extérieure, ouverte pour iivrer passage à la cha-leur rayonnante.
Ces avantages cependant sont compensés par des in-convénients graves.
La chaleur rayonnante n’est pour le bois que 25 etpour la houille et le coke que 55 p. 400 de la chaleurtotale dégagée par le combustible brûlé, et la meilleurecheminée ouverte n’en utilise que 1/4. Ainsi avec lebois, une cheminée ouverte n’utilise que 6 p. 100 envi -ron de la chaleur totale donnée par le combustible, et43 p. 100 avec le coke et la houille ; ce chauffage estdonc le plus coûteux de tous, aussi on ne l’emploie quedans les maisons aisées, ou avec du combustible à bonmarché.
Un second inconvénient vient encore ajouter à cetexcès de dépense : le grand courant d’air qui passe con-stamment par une cheminée ouverte, et qui, dans lesmieux construites s’élève au minimum à CO mètrescubes par kilogr. de bois brûlé, exige l’introductiondans la salle à chauffer d’un égal volume d’air, soit pardes ventouses disposées à cet effet dans le coffre de lacheminée, sous sa plaque de fondation, ou dans les an-gles opposés de la salle, soit par les joints des portes etdes fenêtres. Ce courant d’air froid rayonnant de tousles points accessibles de la circonférence pour se dirigervers le foyer, refroidit tout sur son passage, et emportoainsi dans la cheminée une nouvelle portion de la cha-leur dégagée par le combustible.
Il est d’ailleurs très désagréable de se trouver plongésans cesse dans un courant d’air froid, qui gèle toutesles parties postérieures du corps, pendant que la partieantérieure est brûlée par l’action directe du foyer.
Le but des bons constructeurs a donc été, pour con-server la gaieté du feu et la salubrité de l’air:
4° De disposer les foyers de manière à renvoyerdans la salle la plus grande proportion possible de cha-leur rayonnante ;
2° De réduire à son minimum la quantité d’air ap-pelé par la cheminée pour une quantité de combustibledonné,
3° De fournir au lieu d’air froid à la salle de l’airpréalablement chauffé, pour la ventilation et l’alimenta-tion de la cheminée ;
4° Enfin d’utiliser pour chauffer la salle même unepartie de la chaleur emportée par la flamme et la fuméedu combustible, et l’air chaud qu’elles entraînent avecelles.
Depuis les travaux si remarquables de Rumford, surles formes et les proportions des foyers ouverts, biendes essais de tout genre ont été tentés pour résoudre lapremière question, et l’on est presque toujours rentrédans les principes qu’il a posés.
liamener le feu en avant pour réduire la profondeurdu foyer , et augmenter le champ circulaire de dégage-ment du calorique rayonnant, en inclinant au-dehors,évasant les deux parois, et les construisant en matériauxblancs et polis, comme la faïence ou la brique vernis-sée, ce qui augmente leur pouvoir réfléchissant.
Sur la seconde question on a, comme Rumford, étran-glé la partie inférieure du tuyau de cheminée à l’endroitoù la fumée du foyer y pénètre, et on y a placé un regis-tre à coulisses pour régler à volonté l’affluence de l’air,en proportion du feu que l’on fait, et aussi pour lafermer complètement, et s’opposer au refroidissementde la chambre après l’extinction du feu.
Quant au troisième point, on l’atteint très bien enchauffant par des poêles ou des calorifères les piècescontiguës à la salle à chauffer, et celles où elle s’ouvre,comme les escaliers, corridors, antichambres, de sortequ’au lieu de puiser de l’air froid à l’extérieur, elleprend de l’air chaud dans les salles ^usines au moyende larges bouches réservées dans les murs sur des pointsopposés à la cheminée.
On obtient alors tous les avantages d’un feu découvertet d’une bonne ventilation, en conservant une doucetempérature dans toute l’étendue de la pièce ; c’est ainsique sont chauffés les bureaux des chefs de service àl’Hôtel-de-Ville, par des cheminées ouvertes et des bou-ches grillagées puisant l’air chaud dans un corridor,auquel il est fourni par des calorifères.
Souvent aussi on amène directement l’air chaud desconduits et bouches de calorifères dans la chambre àcheminée ; il faut alors donner de grandes dimensionsaux tuyaux et bouches d’arrivée, pour que la cheminéene manque pas d’air, et ne soit pas forcée d’en prendre al'extérieur ou exposée à fumer, et pour que cet air n’ar-rive pas aune température tr^p élevée dont on pour-