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CHAUFFAGE.

CHAUFFAGE.

bouches, qui s’installent tout montés «luns la cheminéemôme, et versent leur air dans la salle par une largebouche à grillage métallique réservée au-dessus du ta-blier et au-dessous de la tablette de la cheminée.

11 nous reste maintenant à examiner les causes quifont fumer les cheminées et les moyens d’y remédier.

La fumée, c’est-à-dire un mélange d’air non brûlé,d'acide carbonique, et de divers produits carbonés,chauffés à un certain nombre de degrés au-dessus dela température extérieure, s’élève dans un tuyau decheminée, en vertu de sa densité, inférieure à celle del’atmosphère par la température que lui a communi-quée le combustible.

Dans un fourneau d’usine, l’air traversant la grilleest brûlé à moitié, et comme il n’en passe que 16 à*20 mètres cubes, chauffés à 350 ou 400" par kilogr. dehouille, ou 8 ou 10 mètres cubes pour 1 kilogr. debois, et que, dans les cheminées d’appartements, il enpasse plus de 60 mètres cubes par kilogr. de bois;il en résulte que la température de cet air est très mo-dérée, et en moyenne de 40 à 50°, et que, par consé-quent, la vitesse ascendante est également faible.

Dans ces conditions, il suffît de circonstances exté-rieures peu puissantes pour agir sur cette colonne,arrêter tout mouvement ascendant, la faire refluerdans la salle où le tuyau débouche pareil bas, et où sefait le feu.

Ces causes sont toujours, ou un obstacle qui s’établitet gêne la sortie de la fumée par le haut de la che-minée, et la force à refluer par le bas dans la salle;ou une action inférieure plus énergique que la puissancemotrice (le la fumée, et qui vient par en bas arrêter lemouvement de la colonne montante en faisant le videdans la chambre, et qui, par conséquent, y fait redes-cendre la fumée, qui a perdu sa force ascensionnelle parun refroidissement trop considérable quand elle passeen trop petite quantité dans un large tuyau.

Parmi les premières de ces causes est l’action desvents qui, quelquefois, par leur vitesse, coupent la fu-mée à sa sortie de la cheminée, et ferment celle-cicomme avec un obturateur ; ils refoulent alors la fuméeen dedans, quand leur direction est un peu inclinée versla terre.

Dans tous les cas, pour éviter que la fumée ainsirefoulée par les vents ne redescende dans la salle, ilfaut :

1* Rétrécir au degré exactement nécessaire l’issuede la fumée, et la faire sortir par des buses un peu co-niques qui dépassent la cheminée pour qu’elle re-prenne là une vitesse qui lui permette de résisterà l’action des vents. Il faut aussi la garantir de l’entréedes vents par un chapeau composé de deux feuillesinclinées l’une sur l’autre ; on peut enfin installer surces cheminées les appareils les plus simples et les plusefficaces; soit les capuchons tournants, avec une gi-rouette, qui jettent toujours la fumée du côté opposéau vent et dans sa direction, condition qui favorise lasortie de la fumée ; soit la bascule chinoise que le ventfait retomber, de manière à fermer la cheminée du côtéoù il vient, et à l’ouvrir du côté opposé; soit un sim-ple écran en tôle placé du côté du vent le plus fré-quemment régnant, c’est-à-dire en France du côté del’ouest et du sud-ouest ; soit des capuchons fixes entôle qui couvrent le tuyau en descendant en contre-basde son ouverture, et peuvent être disposés de vingtmanières ; soit un tuyau de tôle assez élevé et cou-ronné de chapeaux de diverses formes, toutes desti-nées à empêcher l’action du vent sur le courant defumée.

Disons en passant que toutes les dispositions com-pliquées inventées par les fumistes n’ont aucun ré-sultat de plus : les plus simples sont les meilleures.L’action du soleil est encore une grande cause de fu-

mée pour les cheminées , par les courants d’air chaudmontants et d’air frais descendants qu’il développe surles toits. Le seul remède est dans les appareils que nousvenons d’indiquer contre le vent, ou le surhaussementde la cheminée.

Le soleil a une autre manière d’agir sur les chemi-nées pour les faire fumer; nous y reviendrons plusloin. Parmi les causes qui font fumer les cheminées,en gênant par le haut la sortie de la fumée, il fautplacer la rencontre de deux courants de fumée dans unseul coffre; presque toujours il y a un courant pluspuissant ou plus favorablement placé que l’autre,qui domine, et lui ferme le passage en forçant la fuméeà redescendre d’un autre côté. Si un seul des loyersest allumé, la cheminée construite pour deux foyerssc trouve trop grande pour un seul ; la fumée sc mêlealors au courant d’air froid avec une température etune vitesse très faibles. Elle cède à la moindre influenceet rentre dans les appartements ; souvent même setrouvant presque refroidie, et ayant acquis par consé-quent, en vertu de l’acide carbonique qu’elle contient,une densité supérieure a celle de l’air atmosphérique,elle redescend dans les tuyaux non échauffés et va serépandre dans les appartements voisins où l’on ne faitpas de feu. La séparation de la cheminée en. plusieurstuyaux par des languettes est le seul remède dans cecas.

Un tuyau de cheminée trop court est encore unecause de fumée, parce que la puissance ascensionnelledu courant de fumée est trop faible. On y remédie enplaçant un long tuyau en tôle sur le sommet de lacheminée.

Les causes principales qui font fumer les chemi-nées, en agissant sur leur partie inférieure, sont d’a-bord, et dans le plus grand nombre de cas, l'insuffi-sance de l’arrivée de l’air dans la salle, pour répondreà l’appel de la cheminée, parce que lorsque les portes et| fenêtres sont bien fermées et les ventouses trop petites,l’appel n’étant pas satisfait, aspire l’air de la chambre,et y produit un vide qui y fait rentrer la fumée par les‘ angles de la cheminée, où le courant ascendant est leplus faible. Le même effet est produit par l’actiondes cheminées plus puissantes allumées dans dessalles voisines, et qui, manquant d’air pour s’ali-menter, aspirent par les portes et les joints desportes l’air de la salle dont nous parlons, et y fontrentrer la fumée. Cet effet se produit quelquefois debien loin dans un appartement, à travers plusieurspièces successives. Enfin le même effet a encore lieupar le tirage d’une cage d’escalier voisine de la sallechauffée parla cheminée, et qui, en vertu de son largodiamètre et de sa hauteur, surtout si elle est chauffée parun poêle ou un calorifère, et même sans être chauffée,produit l’effet d’une puissante cheminée d’appel, où ils’établit un courant ascendant si fort qu’il agit suitoutes les salles contiguës, et va chercher au loin l’airde ces salles pour satisfaire à son tirage, ce qui y faitrentrer la fumée de la cheminée; c’est là une cause dofumée bien commune et souvent méconnue.

Dans tous les cas de ce genre, il faut, quand unecheminée fume dans une salle, chercher d’abord parexpérience quelle en est la cause, afin d'y porter re-mède.

Four cela, quand le feu est allumé, on ferme toutesles portes et fenêtres, et avec une bougie allumée quel’on présente aux joints des fenêtres et de la porte, enentrebâillant même légèrement les portes pour y présen-ter la bougie, on reconnaît, par la direction de la flamme,la direction des courants d’air. Si les courants viennenttous du dehors au-dedans de la chambre, et qu’en ou-vrant légèrement une fenêtre ou une porte, la cheminéeno fume plus, il est évident que les ouvertures d’arrivéed’air sont trop petites : il faut alors, ou les augmenter,