CHAUFFAGE.
CHAUFFAGE.
ou établir d’antres bouches d'air froid, ou mieux d’airchaud comme nous l’avons dit.
Si c’est au contraire par une des portes que le cou-rant sorte de la salle en expérience, on suit ce courantavec la bougie de salle en salle, et de porte en porte,pour savoir si c’est une autre cheminée ou une caged'escalier qui aspire l’air de cette salle.
Dans ce cas-là, il faut fournir encore par des bouchesplus puissantes à la salle susdite, et en même temps àl’autre salle, ou à la cage d’escalier, la quantité d’airdont chacune d’elles a besoin, pour satisfaire à sonappel, et en même temps garnir avec soin de bourreletslesjoints des portes intermédiaires, afin que cette actionne puisse plus se transmettre.
Il est toujours facile de reconnaître ainsi la cause dela fumée.
Le soleil, dans le milieu de la journée, a encore uneaction très puissante pour faire fumer les cheminées.
Je suppose qu’une des salles chauffées soit exposéeau midi, et ses fenêtres percées dans un grand mur; cemur, surtout s'il est blanchi, recevant en plein lesrayons du soleil, s’échauffe; il s’établit un puissantcourant d’air ascendant qui fait appel sur toutes lesfenêtres adjacentes, et qui, si l’on entr’ouvre une deces fenêtres, ou que les joints soient mal fermés, l’airle vide dans la chambre et par conséquent y ap-pelle la fumée. Si cette salle n’a pas assez d’air pour sacheminée, il faut lui en donner alors largement, en leprenant autant que possible au nord,puis laisser les fe-nêtres du midi fermées pendant les heures du soleil, etouvrir des communications avec le coté du nord.
Quelquefois, enfin, l’embouchure inférieure de lacheminée est trop large, et comme les courants de fu-mée, dans un foyer de ce genre, sont toujours assezfaibles, ils ne peuvent pas occuper toute la sectiond'une large entrée; l'air froid afflue autour du courantchaud, et il se produit des remous qui font redescendrela fumée plus lourde que la colonne atmosphérique,parce qu’elle est refroidie, et la ramènent ainsi dans lachambre par un double courant.
Le rétrécissement de cette entrée peut corriger sanspeine ce défaut.
Telles sont les principales causes de fumée et les re-mèdes à y apporter ; je répète, en terminant, qu’il fauttoujours étudier les circonstances locales une bougieallumée à la main, pour bien savoir ce qui se passe,avant de vouloir chercher des remèdes au mal. C’estainsi au reste que doivent se traiter toutes les questionsde ventilation.
III. — TOÊLES.
Un poêle est un appareil de chauffage clos, placé dansla masse d’air d’une salle à échauffer, où l’on ren-ferme le combustible, et dont les gaz, produits de lacombustion, sont évacués au dehors par un tuyau, soitapparent dans la salle, soit caché dans un mur ou sousle sol.
Tantôt la chaleur, dégagée par ie combustible, passedirectement dans la salle à travers l’enveloppe simpledu poêle et son tuyau do fumée, tantôt l’air de la salleest chauffé par le rayonnement du foyer à travers sonenveloppe, et en même temps en circulant à l'intérieurdu poêle dans des conduits et passages aurifères quimultiplient les surfaces de chauffe.
Ce mode de chauffage est le plus simple et le plus éco-nomique, car la presque totalité de la chaleur dégagéeest utilisée dans la salle, et on peut refroidir la fuméejusqu’à 100° avant de la laisser échapper au dehors.
Ces avantages sont compensés par des inconvénients.
Quand les salles sont longues, on n’obtient de chauf-fage complet que sur un point. C’est de plus un moyende chauffage moins salubre que les cheminées ouvertes ;la ventilation est presque supprimée, ainsi dans le ;
poêles allemands et suédois, et dans ceux de beaucoupde salles à manger de France , où la bouche se trouveen dehors de la salle, elle l’est entièrement ; en mêmetemps les poêles ne laissent pas jouir de la vue du feucomme les cheminées ouvertes, et souvent, quand ilssont en métal, en fonte ou en tôle, ils donnent uneodeur désagréable et malsaine. Leur plus grand défautest, en chauffant fortement l’air d’une salle, non pas dole dessécher, comme on le dit souvent à tort, mais, enélevant sa température, d’accroître considérablement sapuissance absorbante pour l’eau, puissance qui se sa-tisfait aux dépens de tous les corps humides qu’il enve-loppe, et notamment des organes extérieurs et des pou-mons des personnes avec lesquelles il est en contact,d’où ü résulte toujours un grand malaise, des maux detête, etc. On évite cet inconvénient en donnant artifi-ciellement à l’air, à mesure qu’il s’échauffe, toute l’eaudont il a besoin pour le ramener à un degré de satura-tion convenable, et ne plus affecter péniblement lesorganes.
Sur les poêles des petits ménages, on place un vaseplein d’eau, que leur chaleur réduit peu à peu en vapeur.Avec les poêles à système, comme ceux des salles à man-ger, qui y versent de l’air chaud, il faut placer dans lorécipient supérieur d’air chaud, dit repos de chahur , unvase plat, où on renouvelle tous les jours l’eau, en enréglant convenablement la quantité.
Les poêles proprement dits sont construits en diffé-rentes matières.
Avec les poêles simples en terre cuite vernissée ounon, réchauffement est plus lent, mais le refroidisse-ment est plus lent aussi, et jamais l’air extérieur ne setrouve altéré, ni chauffé trop fortement; ce sont despoêles commodes et agréables; seulement ils se gercent,se fondent et se détruisent assez facilement, et on nepeut y brûler que du bois. En effet, quand on y brûlede la houille, ou du coke, la température de la combus-tion est si élevée qu’elle brise rapidement leur enveloppede terre cuite.
Il faut dans ce dernier cas garnir le foyer en briquesréfractaires, en y ajoutant une petite grille de fer ou defonte, et ménager l’intensité du feu.
Les poêles à système sont en partie construitsen briques ou en terre cuite, ils reçoivent très bien lesfoyers à la houille ou au coke, parce que les épaisseurset cloisons successives de terre qui enveloppent le foyer,ne transmettent à l’enveloppe extérieure qu’une chaleurmodérée et égale dont la terre vernissée ne souffre pas.
Les poêles en tôle et encore plus ceux en fonte ayantavec ce mode de chauffage, un pouvoir d’absorption,et d’émission beaucoup plus grand que ceux en terrecuite, utilisent mieux le combustible avec moins desurface de chauffe; ils refroidissent plus complète-ment la fumée, et sont beaucoup plus solides et plusdurables que ceux de terre cuite ; ils sont plus écono-miques et d’un service meilleur, sauf les inconvé-nients de l’odeur et de l’altération de l’air.
Ces poêles, auxquels on donne sans difficulté et àtrès peu de frais les formes les plus commodes pour lesbesoins à la fois du chauffage et de la cuisson des ali-ments, et qui 6e fabriquent aujourd’hui par milliersdans nos forges, au plus bas prix, se sont répandusdans tous les petits ménages, où ils rendent d’immensesservices.
On en rencontre tous les jours chez les marchands defonte de plus ou moins heureusement disposés. Beau-coup de poêles destinés aux maisons bourgeoises, auxmagasins ou aux bureaux , sont d’une constructionbeaucoup plus compliquée. En terre cuite ou en métal-ils sont toujours composés d’un foyer destiné à utiliserplus ou moins bien la chaleur rayonnante en la trans-mettant à travers les parois à une partie de l’air de lasalle, on à <ic l’air extérieur, que l’on y \erse chaud,