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CHAUFFAGE.

CHAUFFAGE.

pour envoyer de l’air chaud à plusieurs pièces placéessur une même direction, on fera partir les embranche-ments de culottes, prises de loin et coniques, avec clefsd’arrêt. On donnera au tuyau commun à deux bouches,des dimensions qui seront la somme de celles des tuyaux,partiels.

Quant aux longues lignes horizontales de tuyaux, iln'en faut pas admettre : l’air chaud y rencontre trop defrottements et trop peu de différence de niveau pourpouvoir y monter avec quelque vitesse , et la petitequantité qui passe alors arrive aux bouches complète-ment refroidie. Il faut dans ce cas-là établir deux caloriferes séparés sous des parties de bâtiment trop éloignées.

Four avoir une bonne distribution, il ne reste plusqu'une condition à remplir, c’est de s’assurer que danstoutes les salles où l’on envoie de l’air chaud il y auraun moyen d’appel. Sans appel, ou sans un moyen d’é-vacuation de l’air de la salle, pour qu’il puisse êtreremplacé par l’air chaud, celui-ci ne peut pas arriveret les bouches ne fonctionnent pas. Un appel peut êtredonné dans les salles où il y a une cheminée, par cettecheminée, quand on y fait du feu, et même sans feu, enlaissant la trappe qui la ferme légèrement ouverte ; parune cage d'escalier contiguë, que l’on met en communi-cation avec la salle à chauffer au moyen d’une boucheintermédiaire grillagée, et placée dans le mur de sépa-ration. Enfin, pour les salles à manger, anticham-bres, etc., en plaçant au plafond, ou près du plafond,une bouche grillagée qui communique, par un conduitde 15 à îti centimètres de diamètre, à un tuyau de tôlemontant de 2 mètres dans la cheminée de la cuisine, ouune cheminée constamment chauffée. On obtient ainsiun puissant appel, sans lequel il n’y a pas de chauffageà air chaud possible. Des vasistas aux carreaux les plusélevés d’une fenêtre donneront aussi un appel, maismoins sûr et moins bon.

Enfin, quand il est question de chauffer simultané-ment plusieurs étages avec un seul calorifère, c’est unequestion diflicilc, très difficile souvent dans certaineslocalités, parce que, inévitablement, les étages supé-rieurs ayant des colonnes d’air chacune plus haute et debeaucoup plus de vitesse, commandent les étages inférieurs et aspirent tout l’air du calorifère, sans rien laisser passer au rez-de-chaussée ; nous en avons vu denombreux exemples. Pour éviter ce défaut, il faut par-tager par une cloison la chambre à air en autant decapacités séparées qu’il y a d’étages à chauffer, oumême de fractions d’étages, et eu faire partir des tuyauxdistincts ; c’est l’étude des localités qui doit guider dansla disposition du calorifère et des tuyaux à adopter danstoutes les questions de ce genre.

VI. — CHAUFFAGE PAU LA VAPEUll.

Les appareils de chauffage dont nous avous parlésont simples, et quoiqu’ils présentent des difficultés decombinaison, et qu’ils soient trop rarement basés sur lesprincipes de la science, ils sont cependant chaque jourconstruits par les fumistes, parmi lesquels il n’en est pasuu qui ne croie devoir inventer son calorifère, son poêleet sa cheminée.

11 en est autrement pour les chauffages à vapeur ; leprix élevé de leur installation, la difficulté des détails àcombiner, les ont laissés jusqu’à présent à un très petitnombre d’ingénieurs, et bien peu ont eu occasion d’enconstruire sur une grande échelle.

C’est un avantage que nous avons dû aux conseils deM.d’Arcet, qui, avec diverses commissions de l’Acadé-mie des sciences , a présidé à l’établissement des grandschauffages de la Bourse et de l’Institut ; cette expé-rience ne doit pas être perdue

Les appareils à vapeur sont employés tous les joursau chauffage des ateliers, et c’est de là qu’ils ont péné-tré dans les édifices publics et particuliers, en prenant

des formes plus riches et plus compliquées, mais sanschanger leur caractère fondamental, qui se constitue :

D’un appareil à produire la vapeur ou générateur ;

De tuyaux de distribution et de transport. Enfinde récipients à grandes surfaces extérieures, destinés àcondenser lu vapeur et à transmettre au dehors, à tra-vers leur enveloppe, la chaleur dégagée dans cette non •densation.

On sait en effet que l’eau, quand elle se réduit en va-peur, absorbe et rend latente une quantité considérablede chaleur, et que la vapeur eu se condensant rend àpeu près 5üU calories par kilogramme, qui peuvent êtreutilisées à divers usages.

En vertu de cette propriété, la vapeur est un pnissanlmoyen de transmission de chaleur qui peut porter nuloin, sous un très petit volume, et diviser sur tous le»points, la quantité considérable de chaleur demandéesur chacun de ces points ; faculté précieuse que ne pos-sède aucun autve procédé de chauffage, dont on tire leplus grand parti dans les arts, et que nous avons appli-quée dans toute l’étendue du principe fondamental auxchauffages des édifices publics.

Tout ce qui concerne les générateurs a été développédans l’article chalimkke a vapeuk, car ccs appareilssont partout les mêmes, que la vapeur produite soit des-tinée au chauffage de l’air, à celui de l’eau, eu à l’ali-mentation des machines à vapeur.

Les générateurs destinés au chauffage sont ordinai-rement établis à basse pression, et fonctionnent avecune pression qui dépasse au plus de 25 centimètres demercure la pression atmosphérique. Au premier mo-ment de la mise en activité, on est obligé de monter aquelques centimètres de plus, pour chasser l’air des ap-pareils et porter rapidement la vapeur aux points lesplus éloignés du système ; mais aussitôt apiès, on réduitla pression au degré nécessaire pour le service : car il ya toujours avantage et économie à produire la vapeur ala plus basse température possible, quand il n’y a pasun intérêt spécial à l’employer à haute pression.

Dans les manufacture', l’on emploie souvent au chauf-fage des ateliers la vapeur produite à haute pression,mais utilisée d’abord directement et détendue dans lecylindre d’une machine à vapeur de manière à la fairetravailler deux fuis.

La matière et la forme des générateurs employéspour le chauffage peuvent varier, bien que l’on emploieaujourd’hui presque exclusivement les générateurs entôle et à bouilleurs. Nous avons placé deux chaudières,l’une en tôle, l’autre en cuivre, à fonds plats, dites àtombeau, au palais de l’Institut; et depuis douze ans,on n’a reconnu d f autre différence de service entre ellesqu’une légère adhérence des dépôts dans celle de tôle,tandis qu’ils sont complètement en boue dans celle decuivre ; la dépense de combustible est la même pendantle travail, et aucune des deux n’a éprouvé la moindredétérioration ; mais comme elles restent pendant cinqmois d’été inoccupées, il se produit alors une légère oxydation extérieure à la chaudière de tôle, ce qui n’a paslieu à celle de cuivre.

Les tuyaux de distribution qui portent la vapeur àdes distances quelquefois de plusieurs centaines de mè-tres doivent remplir deux conditions :

1° Avoir un diamètre largement nécessaire pour con-duire la vapeur à la plus grande distance sans donnerun excès de pression notable au générateur. Car il eu estde la vapeur comme de l’eau, plus les tuyaux de con-duite sont longs et plus la résistance passive opposée aumouvement est grande; afin de n’être pas obligé devaincre les résistances par des excès dépréssion consi-dérables, comme on surmonte celles des conduites d’eaupar un surhaussement dans la charge, il faut,à quantitéde vapeur égale,augmenter le diamètre des tuyaux avec| leur longueur. Sous ce rapport, l’augmentation du dia~