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CHAUFFAGE.

CHAUFFAGE.

autour de ln première boîte, et recouverts de plaques defonte chauffées indirectement à40 u , comme nous l'avonsdit. Un autre cours de plaques de fonte, avec des orne-ments h jour, introduit dans cette salle l’air chaud né-cessaire à sa ventilation. Fa salle des séances ordinairesest chauffée par quatre piédestaux tournés au dehors, etplacés dans les quatre angles, et par un cours detuyaux de cuivre placés dans une chaufferette recou-verte de tôle et d’un tapis, et placée sous les tablespour recevoir les pieds des membres de l’Académie .Les bureaux du président et des secrétaires en ont éga-lement; sous cette salle, et dans un corridor, sc trouveun coffre en maçonnerie où sont montés les tuyaux defonte sur lesquels arrive l'air frais pris à l’extérieur parune trappe à coulisses; cet air chauffé est de là versédans la salle par les chaufferettes percées d’un grandnombre de trous croissants à mesure queTon s’éloignedu point de départ, et par des cadres en toile métalliqueplacés sous les banquettes du public.

La Bibliothèque est chauffée par des tuyaux de fonteétablis sous des chaufferettes à jour et sous les tables,do manière-à recevoir les pieds des lecteurs (fig. 477).

lîu tuyau a été disposé, et les générateurs calculés pourporter la chaleur dans la Bibliothèque Mazarine adja-cente à celle de l’Institut de France . Mais les chefs decet établissement, à cette-époque, n’ont pas cru devoiry appliquer ce moyen de chauffage.

La Bibliothèque de l’Institut est donc à notre connais-sance, la seule à Paris qui soit chauffée avec sécuritéabsolue, et de la maniéré la plus agréable pour les bi-bliothécaires et les lecteurs. Espérons que cet exemplesera bientôt adopté dans les uutres bibliothèques publi-ques.

Nous reviendrons en traitant de la ventilation, surcelle do salles femalahles à celles d*s séances des Ara»démies.

VII et VIII. — CHAUFFAGE A CIRCULATION D’EAUCHAX)i)E.

Le chauffage des habitations par la simple circula-tion de l’eau , c’est-à-dire par le passage de l’eauchaude dans des tuyaux, est connu depuis les Romains,qui l’employaient dans les étuves et les thermes ; denos jours encore, dans quelques localités, comme àChaudesaigues, les eaux thermales sont envoyées dansdes tuyaux pour chauffer les maisons. Mais ce qu’onappelle aujourd’hui circulation d'eau , c’est-à-dire la dis-position d’appareil qui envoie, dans une série de tuyaux,de l’eau chauffée dans une chaudière, et la ramène, parune autre série de tuyaux faisant suite aux premiers,dans cette même chaudière, de manière à opérer unerotation continue, est de l’invention de Bonnemain,qui l’appliqua à son incubation artificielle de poulets,où la condition fondamentale était un chauffage lent,modéré, parfaitement égal, et avec lequel l’air del’étuve ne pût pas devenir trop sec.

Conçu avant 1777, ce procédé fut amené par son au-teur à une telle perfection, qu’un appareil, monté par

Bonnemain lui-même, fonctionne encore aujourd’huiau Pccq (voir incubation artificielle' . De France ,ce procédé passa en Angleterre, où il a reçu de -18301836 un immense développement,-et remplacé pres-que partout la vapeur pour le chauffage des lieux ha-bités. Seul ou combiné au chauffage de l’air, il a étéappliqué aux édifices publics, aux maisons particu-lières et aux serres, par les plus habiles ingénieurs,et Perkins lui a ouvert, en 1837, une route nouvelle,en inventant la circulation d’eau à haute pression.Plusieurs ingénieurs français enfin l’ont ramené à saterre natale ; mais, il faut le dire, il a reçu une grandeimpulsion d’un homme, M. Léon Duvoir, qui, quoiqu’iln’ait nullement inventé les appareils que l’on lui attri-bue, comme nous le montrerons plus loin, n’en a pasmoins su entraîner avec lui nos administrations troplentes, leur faire monter de grands appareils de chauf-fage, et les amener à en regarder aujourd’hui avec rai-son l’installation comme un objet de première nécessitédans tous les édifices que l’on élève. Nous reviendronsplus loin sur les appareils spéciaux de ce constructeur.

% 8i l’on suppose deux colon-

A-j nés de tuyaux de même hau •

teur verticale, entièrementremplies d’eau, et en commu-nication l’une avec l’autre parle bas et par le haut, de ma-nière à former un circuit com-plet, comme le représente lafig. 4784 si en outre les deuxcolonnes d’eau sont à la mê-me température, elles seronten équilibre et resteront im-mobiles, quel que soit leur dia-mètre et leur longueur respec-tive , en vertu des lois del’hydrostatique.

Si maintenant on échauffe^'8. d’une manière continue uno

de ces colonnes d’eau, et que de-l’autre on enlève àmesure à l’eau chaude passée dans le haut de la co-lonne. d’eau froide la chaleur qu’elle avait apportée, ilrésultera de la différence de densité de l’eau dans lesdeux colonnes une circulation continue, qui détermi-nera le passage non interrompu de l’eau froide dansle bas de la colonne chauffée et de l’eau chaude dansle haut de la colonne froide. C’est une question dethéorie hydraulique : et si on y applique les prin-cipes de calcul, oh reconnaît qu’une très légère diffé-rence de température, quand les tuyaux ont des dia-mètres assez grands, suffit, avec de petites hauteurs,pour produire des vitesses remarquables. Ainsi, à l’aidede la formule de Prony, qui donne la vitesse de l’eaudans une conduite d’un diamètre et d’une longueurdéterminée, en raison d’une légère charge d’eau surle réservoir supérieur, charge qui représente ici la diffé-rence de longueur des deux colonnes de même poids,mais de chaleurs et de densités inégales; à l’aide decette formule, on trouve qu’avec une colonne d’eau de1 mètre de hauteur, 50 mètres de longueur et 0,11 dediamètre, et une différence de température de 3 à 4 W ;la vitesse dans les tuyaux est de 0 m ,03 par seconde,ou 1"‘,80 par minute. En se servant donc de la pre-mière colonne ou colonne montante comme récepteur,et lui appliquant à son point le plus bas la chaleur quel’on veut distribuer, employant le Teste de cette colonnecomme moyen de transport de la chaleur, et la colonnedescendante comme appareil émisseur, on aura un sys-tème qui recevra toujours de la chaleur dans une descolonnes et en perdra toujours par l’autre, et où, parconséquent, il se fera une circulation continue.

Au reste, le mouvement circulatoire ne s’en produirapas moins, si au lieu d’employer exclusivement la co*