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CiniOXOMETiiE.

CHRONOMETRE .

part des montres, ces lames ont été pliées en volutedans un même plan.

Le balancier est formé de deux ares métalliques d’unpeu moins d’une demi*circonférence , fixés chacunpar une de leurs extrémités aux deux points extrêmesd’une pièce d’acier faisant diamètre ; le milieu de cediamètre est le centre des deux arcs métalliques. Cesystème est fixé par son centre sur un axe en acier,terminé par deux pivots disposés de manière à réduireautant que possible les frottements; il est porté surune platine et maintenu par un pont appelé coq, fixésur la platine. Les choses sont disposées de manièreque le poids soit reporté le plus possible près de la cir-conférence, et que le centre de figure coïncide exacte-ment avec le centre de gravité.

La suspension est la troisième partie du régulateur.Le ressort spiral ou ressort réglant est une lame d’a-cier (quelquefois d’or) pliée en hélice ou en vis (en res-sort à boudin), formant plusieurs tours qui représen-tent uu cylindre à jour, de 16 à 18 millhn. de dia-mètre, placé concentriquement à l’axe du balancier.

Si l’on imprimait au balancier, suspendu comme il aété dit, mais sans communication avec le ressort spi-ral, un mouvement de rotation, on sait qu’il obéirait àce mouvement en continuant de tourner dans le mêmesens, jusqu’à ce que le frottement et la résistance del’air eussent absorbé tonte la force communiquée; maissi le balancier est lié au ressort spiral, il ne peut con-tinuer à effectuer un pareil mouvement sans faire plieret fermer les tours de lames du spiral, jusqu’à ce quela force du mouvement imprimé au balancier se trouveen équilibre avec la résistance toujours croissante dece ressort; alors le mouvement du balancier cesse et lespiral le ramène vers le point commun de repos d’oùils étaient partis.

Ce mouvement rétrograde du balancier, lent dansles premiers degrés, devient de plus en plus rapide euraison composée de sa masse, de la forme du ressortspiral et de retendue de l'arc décrit, et la vitesse ac-quise est la plus vive lorsqu’il arrive à son point dedépart, c’est-à-dire où il était en repos avant le mou-vement imprimé. Le balancier dépasse donc ce pointpour décrire de l’autre côté un second arc de mêmeétendue, moins ce qui résulte de sa perte de mouve-ment par les frottements et les résistances qu’il éprouvedans sa marche ; uu second arc ne peut avoir lieu sansarmer le spiral dans un sens contraire (et pour suivrele même exemple), en ouvrant alors les tours de scslames. Lors donc que les forces opposées du balancieret du spiral se trouvent aussi en équilibre de ce côté,le mouvement du balancier cessant, le spiral le ramèneencore vers le point de repos qu’il dépasse une secondefois, par la même cause de son mouvement acquis.

Le balancier, joint au spiral, continue ainsi à effec-tuer plusieurs mouvements circulaires de va-et-vient,qu’on appelle oscillations; mais la perte d’une partiede son mouvement par les résistances dont nous avonsparlé ci-dessus, et de plus par le frottement des molé-cules du spiral qui s’oppose au changement de formede sa lame, diminuant progressivement l’étendue desarcs, ceux-ci se trouveraient, comme nous l’avons dit,peu à peu réduits à zéro, sans la réparation immédiatede l'échappement. Ainsi le balancier (composé lui-même d’ailleurs de plusieurs autres parties que nousexpliquerons plus loin), le spiral ou ressort réglant etla suspension, forment le premier système appelé régu-lateur.

Pour réparer la perte de mouvement du régulateuret maintenir l’étendue égale des oscillations, on établitprès de son axe un système de pièces que l’on nommel’échappement. Il se compose de la dernière roue dited’échappement, d’une détente à repos, et d’un cercled’échappement entaillé en un point de sa circonférence*

1 lequel se trouve placé sur l’axe même du balancier.II y a aussi tout près de co cercle une pièce fixée sur lemême axe, et appelée doigt de dégagement.

Le déplacement de la détente produit par le doigtpour dégager la roue, est proprement le rappel dela force motrice. L’action d’une dent de la roue d’é-chappement sur le cercle se nomme impulsion ou ré-paration.

On vient de voir comment la roue d’échappement,toujours sollicitée par la force motrice (lorsque celle-ciest armée), mais retenue par la détente, est tirée deson repos par le déplacement de cette même détente,opérée par le doigt de dégagement que porte l’axe dubalancier, agent le plus direct et le plus propre à cettefonction par la régularité de ses retours, et que c’estalors que, par l’impulsion, la roue restitue au régula-teur, déjà en mouvement, toute la force absorbéepar les frottements de la suspension, par les résistancesde l’air, du spiral, et même du dégagement.

Lorsqu’on aura bien saisi ces effets, rien ne paraîtrad’abord plus simple que l’action mutuelle de l’écliap-pement sur le régulateur dans l’impulsion, et du ré-gulateur sur l’échappement dans le rappel de la forcemotrice, et il semble que la vitesse, la durée des oscil-lations , la tension proportionnelle du spiral et saréaction dans les diverses étendues d’arc, les résis-tances de3 frottements et autres obstacles, peuvent fa-cilement être soumises à l’analyse. Mais il faut aussiconsidérer que les éléments dont nous venons de parlervarient par les effets insensibles de l’usure, qui changeles surfaces en contact, par l’état des huiles qui se dé-composent, parles irrégularités qui restent dans la forcemotrice, malgré tous les soins donnés au rouage, parles effets de la température sur les dimensions du ba-lancier, sur l’élasticité du spiral, et même sur toutesles parties du mécanisme ; que les moyens par lesquelson y remédie sont soumis eux-mêmes à d’autres causesperturbatrices; qu’enfin l'expérience semble indiquerque des propriétés encore inconnues, et probablementtrès variables de la matière, viennent se mêler à ceseffets; que toutes ces influences, quoique impercep-tibles, ne sont que trop amplifiées par le nombre pro-digieux des oscillations, et devraient être connues d’au-tant plus exactement que la régularité de chaqueoscillation,, et par suite la durée d’un grand nombred’oscillations consécutives, dépendent de l’intensitédes causes qui les entretiennent et de celles qui lesattirent.

On sentira facilement alors qu’il est peu d’étudesaussi compliquées, aussi conjecturales, que celle detoutes ces combinaisons, qui échappent trop souvent àl’analyse de l’esprit le plus observateur, le plus péné-trant et le plus méthodique, malgré la régularité queprocure au rouage l’emploi de machines très ingénieuseset qui donnent aux dentures une précision extraordi-naire. Le peu d’imperfection qui reste inévitablement àtout ce que produit la main de l’homme, fait encorechanger très sensiblement les rapports des leviers,dans les engrenages, outre les différences qui survien-nent dans le glissement des courbes par les adhésions,le? grippements, la présence de corpuscules étrangers,enfin par les changements de température. Il s’en suitque la force motrice transmise ne peut pas être toujoursabsolument la même, ot que les arcs changent néces-sairement d’étendue et de durée suivant les lois ordi-naires du mouvement. Cependant, sans la conditionrigoureuse de lYgalité absolue de durée dans les oscil-lations, il ne peut exister de bons garde-temps, devéritables chronomètres, et il est très probable que d’a-près les bases de construction qu’une longue expé-rience a fait adopter dans l’horlogerie civile, on ne.serait jamais parvenu à exécuter de3 instruments deprécision sans la découverte heureuse des moyens d’ob-