CHRONOMÈTRE.
CHRONOMÈTRE
causes devrait nécessairement altérer le ré-ultat ditcalcul des forces et des résistances que l'artiste avaiteu tant de peine à combiner. Cependant les succès onten quelque sorte surpassé l’espoir, et heureusementl'examen plus approfondi de toutes les difficultés, lapersévérance dans de nouveaux essais, l'expérience, ladécouverte heureuse de principes inconnus jusqu’alors,ont enfin procuré la régularité désirée, au point de pou-voir souvent déterminer la longitude d'un navire, aprèsplusieurs mois de traversée, à moins d’une demi-lieuesous l’équateur, et d’obtenir quelquefois des horlogesmarines une exactitude semblable à celle des meilleureshorloges astronomiques à pendule.
Il ne suffisait pas toutefois aux besoins de notre na-vigation que l’on fût parvenu a rendre les horloges ma-rines exactes et solides, il fallait encore les établir enfabrication comme les horloges et les montres ordi-naires, seul moyen d’en réduire le prix, d’en faciliter,d’en multiplier l’emploi et de couvrir ainsi les frais d’é-tablissement. Chaque ouvrage de ce genre avait tou-jours exigé l’étude spéciale de l’artiste Je plus habile,de longs tâtonnements, enfin des soins particuliers etdifférents pour chaque pièce, et ne pouvait consé-quemment être copie et multiplié en manufacture.
Cet avantage ne pouvait résulter que d’un concoursheureux de circonstances rarement réunies ; car, pourentreprendre un pareil établissement, il fallait d’abordbien connaître les règles générales de la compositionde cette sorte de machines, avoir vaincu les dégoûtsd’un tâtonnement sans bornes, et après avoir fourniaux frais qu’entraînent les épreuves nécessaires en tousgenres pour découvrir les principes, trouver encore lesmoyens de pourvoir aux dépenses des instrumentsd’une construction et d’une justesse particulières à cegenre de travail et exigés par une fabrication en grand.On voit qu’il n’est point de sacrifices de temps et defortune auxquels on ne doive se résigner, si l’on veutobtenir à la fois la sûreté et l’économie réclamées parla navigation ; aussi ne compte-t-on qu’un petit nombred’artistes en France qui se soient occupés avec succèsde l’horlogerie marine, et ce n’est que dans ces der-nières années que nous avons pu voir eu établir la fa-brication en manufacture.
Pénétrés do l’utilité d’une telle entreprise, ainsi quedesdifficultés qu’elle présc nte, nous avions depuis long-temps dirigé nos recherches \ers ce sujet, et comme,après l’étude des principes qui lui sont particuliers,l'expérience devait surtout nous guider dans leur ap-plication, nous avons recueilli en notes, depuis plus detrente années, toutes les causes de dérangement, d’al-tération, de destruction quelconque, d'arrêt ou d’autresaccidents que nous usons eu l’occasion d'observer danstoutes les horloges ou montres marines de divers au-teurs qui nous ont été adressées. En réunissant nosefforts a ceux de nos prédécesseurs, nous sommes enfinparvenu* à établir un modèle nouveau, plus régulier,de chronomètres que les navigateurs et les astronomesont trouvés exempts des défauts dont on avait eu si sou-vent a se plaindre. Lorsque nous avons cru pouvoirembrasser l’ensemble des principes et de leurs résultats,nous avons cherché les moyens de rendre l’applicationtout à fait directe, pour que le succès ne dépendît plusd’aucun tâtonnement, que l’on fut assuré de l’obtenirsûrement, et qu’un artiste en état de faire une bonne imontre à l’usage civil exécutât facilement et à coup isûr, dans un temps donné, des chronomètres réu- 'nis>ant toute la perfection et la sûreté permises parl’avancement de l’art. C’est dans l’espoir d’atteindre jplus généralement ce but important pour la navigation |ot l'a>tronoinie, c’est aussi pour l’utilité des artistes et !la satisfaction des savants et des amateurs que ce sujetintéresse, que nous offrons nos réllcxions ot les résul-tats de nos travaux.
Afin d’exposer plus clairement ici l’alnégé îles prin-cipes généraux de la matière que nous traitons, i>nous a paru convenable, pour l’ordre des idées, derésumer les principes qui doivent guider le construc-teur, travail qui pourra paraître de peu d’utilité a ceuxqui ont étudié cette partie de l’horlogerie, mais quipeut être désiré par ceux qui l’auraient perdu de vueet par les amateurs.
Le système général d’un chronomètre se composede quatre systèmes particuliers, qui sont : 1° le mo-teur; le rouage; 3° 1 échappement ; 4° le régula-teur.
Le régulateur est le véritable diviseur du temps.Dans les horloges marines et les montres à longitudes,c’est un corps dont Taxe est porté par deux pivots,dont toutes les parties sont en équilibre autour de soncentre et susceptible de recevoir un mouvement cir-culaire; mais ce corps étant hé à un ressort spiral nepeut plu* effectuer qu’un mouvement oscillatoire. Lors-qu'on le sort de son état de repos (ce qui arme néces-sairement le ressort spiral), et qu’on l’abandonne en-suite, il fait un certain nombre d’oscillations produitespar la réaction du spiral, mais dont l’étendue diminuepeu à peu, et qui cesseraient bientôt par la réMstancede l'air, celle des frottements des pivots et celle desmolécules du ressort, si le mouvement n’était entretenupar les impulsions régulières d’un mécanisme que l’onappelle échappement.
L’échappement est un système qui répare à chaqueoscillation, ou de deux eu deux oscillations, la pertede mouvement du régulateur.
L’échappement est réglé dans ses fonctions par lesoscillations elles-mêmes, et reçoit son action du rouage.
Le rouage, système de plusieurs roues dentées et de[lignons, transmet à l’échappement la force du moteur.
Ce système prolonge l’action de la force motrice enne la communiquant que par degrés ; il indique la di-vision du temps en heures, minutes et secondes, pardes aiguilles fixées aux axes de quelques-uns de cesmobiles.
Le moteur des chronomètres portatifs est un corpsélastique comprimé, dont la réaction ou la force estappliquée au rouage, qui la transmet par parties et purinstants au régulateur, pour entretenir son mouvementoscillatoire.
La mesure du temps par les horloges marines et lesmontres à longitudes, instruments portatifs, résultedonc des oscillations d’un corps tournant sur luimême, produites par l’élasticité d’un ressort qui estle spiral, et entretenus aussi par un moteur élastique(les ressorts contenus dans les barillets). Dans les hor-loges astronomiques à pendule et instruments tixesjles oscillations sont celles d’une verge métallique sus-pendue horizontalement; elle est supportée par unelame de ressort fixée à sa partie supérieure et porteà sa partie inférieure un poids assez lourd appelélentille, parce qu’il en a la forme, afin d’offrir moinsde résistance à l’air. Ce système, qu’on appelle unpendule, écarté une fois de la verticale et abandonnéix lui-même, oscille par l’effet de la gravité. Le mo-teur qui entretient ces oscillations, par les systèmesintermédiaires du rouage et de l’échappement, est or-dinairement un poids.
Ainsi, les principes du système régulateur dans leschronomètres et dans les régulateurs astronomiquessont l’élasticité dans les horloges murines et les autrès instruments portatifs de ce genre, et la gravitédans les horloges astronomiques à pendule.
Le régulateur des instruments portatifs est formé dotrois parties; les deux principales sont : h* le balan-cier; ^ le ressort réglant, contourné en hélico, maisque l’on appelle communément spiral, parce que dansson origine, et même actuellement encore dans la plu-