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COMBUSTIBLES.

COMBUSTIBLES.

do lu magnésie, des oxydes de fer et de manganèse, etde la silice. La proportion d’acide carbonique qui restedépend de la température à laquelle rincinératiou a eulieu, car on sait que le carbonate de chaux est décom-posé à une haute température. La proportion des sels al-calins est très variable. Pour certaines espèces elle at-teint la moitié du poids total des cendres (sapin deXorwégc), tandis que pour d’autres elle descend jus-qu’aux 8 centièmes du poids total des cendres. Il pa-raît également démontré que la composition des cendresn’est pas tout à fait constante pour la môme essence.Les circonstances de climat, la nature du sol ont del'influence sur la proportion et la nature des produitsminéraux que la sève entraîne avec elle.

M. Berthier a fait sur la composition des cendres desdiverses espèces de bois un travail très étendu, dont ila consigné les résultats dans son Traité îles essais par lavoie sèche, t. I, p. 259.

Propriétés du bois. Soumis à l’action de la chaleur,le bois commence à s’altérer vers 1 20"; il brunit, et àmesure que la température s’élève, il perd une fractionde plus en plus considérable de son poids. Les produitsde sa distillation en vases clos sont en partie liquides,en partie gazeux. Les produits liquides se composentd’eau, d’acide acétique combiné à des huiles empvrcu-matiques, et de goudron, qui apparaît surtout à la lin dela distillation. Les gaz renferment de l’acide carbonique,de l’oxyde de carbone, de l’hydrogène, et peut-être del’hydrogène carboné. Voici leur composition au com-mencement et à la fin de la distillation :

Au commencement. A la lin.

Acide carbonique. . 44,9 . . . 29,2

Oxyde de carbone. . 36,8 . . . 24,9

Hydrogène. . H),8 . 44.2

Azote et perte. . 1,5 . . 1,7

Le résidu de la distillation est du charbon qui con-serve la forme du bois employé. Le poids de ce charbonest très variable, suivant la manière dont la distillationa été conduite. Avec du bois ordinaire d’un an decoupe, on peut obtenir, en distillant le bois très lente-ment, jusqu’à 28 p. 100 de charbon. Par une distilla-tion rapide, le môme combustible n’en donnera que12 à *13 p. 100. Cette différence tient à ce que, dans ladistillation rapide, les produits de la distillation pro-venant du bois incomplètement carbonisé réagissent surle charbon déjà formé, qui se trouve porté par le rayon-nement des parois du vase à une température très éle-vée, et en entraînent une certaine quantité à l’état d’a-cide carbonique ou d’oxyde de carbone.

Les bois durs, comme le cliônc, le liêtre, le charme,ayant un tissu compacte et serré, se carbonisent tou-jours plus lentement que les bois tendres, et la propor-tion de charbon qu’ils laissent est plus considérable quecelle de ces derniers ; de là vient que ceux-ci brûlentbeaucoup plus vite, en donnant une plus grande quan-tité de flamme. Cette circonstance fait qu’on les préfèrepour certains usages.

Bois torréfié , charbon roux. On emploie au lieu decharbon, dans quelques -hauts fourneaux du départe-ment des Ardennes , un combustible intermédiaire entrele bois et le charbon, que l’on désigne sous le nom debois torréfié ou de charbon roux. On prépare ce com-bustible en plaçant le bois dans des cylindres en fontechauffés par la flamme perdue des hauts fourneaux, etlui faisant perdre par distillation une fraction de sonpoids, comprise entre 30 et 50 p. 100. Le bois qui n’aperdu que 30 p. 100 est simplement desséché. On a trouvédans l’emploi de ce combustible dans les hauts four-neaux, qu’il fallait notablement moins de bois pour ob-tenir 1 quintal de fonte, en le transformant en charbonroux plutôt qu’en charbon ordinaire par le procédé desforêts ; mais l’économie de combustible qui en résulte

est balancée par l’augmentation du prix des transports,puisque tout le bois doit être amené à l’usine à l’étatcru.

Charbon de bois. Le charbon de bois de bonne qua-lité est d’un noir brillant, cassant et sonore ; sa densitéà l’état do poussière est à peu près double de celle del’eau, mais la densité apparente est beaucoup moindreen raison des pores du charbon. Marcus-Bull l’a trouvéecomprise entre 0,625 et 0.845. On admet généralement,que le mètre cube de charbon de bois dur pèse 210 à230 kilogr., et celui de charbon de bois tendre de 180 à200 kilogr.

Le charbon de bois, tel qu’on le prépare pour les be-soin des arts (voyez carbonisation) n’est pas ducarbone pur; on peut encore lui faire perdre par uneforte calcination en vases clos une partie de son poidsqui varie ordinairement entre 8 et 15 p. 100. De làvient qu’il brûle, en produisant une légère flamme dansles premiers moments de sa combustion.

Voici la composition de deux variétés de charbonpréparé par le procédé des forêts et desséché préala-blement ii 100".

Charbon de jeune chêne. Charbon de tremble.

Carbone. . 87,68 . 87,22

Hydrogène. 2,83. 3,20

Oxygène. . 6,43. 8,72

Cendres. . 3,06. 0,86

100,00 100,00

Perte par calcina- J ,..

tionenvasesclos. ( ,J - 02 . 1/ ’ 07 '

Le pouvoir calorifique du charbon de bois est géné-ralement compris entre 6500 et 7000.

Le charbon de bois possède la propriété très singu-lière d’absorber un grand nombre de gaz, et quelques-uns en quantité considérable, comme l’ammoniaque etl’acide hvdrochlorique. Le charbon récemment fait etexposé à l’air, en absorbe huit ou dix fois son volume.Il condense également de la vapeur d’eau, ordinairementles 8 ou 10 p. 100 de son poids. Lu proportion de va-peur d’eau absorbée est d’autant plus considérable quele charbon a été plus fortement calciné.

Le charbon provenant des bois durs est préféré pourles usages où l’on veut obtenir une haute température.Le charbon de bois tendre est plus léger, et à volumeégal, il développe moins de chaleur que l’autre, bienqu’à poids égaux il n’y ait pas de différence dans leurpouvoir calorifique. Le charbon obtenu par distillationen vase clos, est léger, friable : il brûle facilement, maisil n’a pas la meme valeur que le charbon cuit en meules,et l’expérience a prouvé qu’en l’employant, on pouvaitdifficilement arriver à une température très élevée né-cessaire pour la plupart des opérations métallurgiques.

tourbe. Ce combustible est le produit de l’altéra-tion qu’éprouvent, dans des lieux bas et marécageux,certaines plantes aquatiques herbacées. On la trouvesurtout le long des rivières dont le cours est très lent,mais on en rencontre cependant des gisements considé-rables sur des plateaux élevés, dans les Vosges, le Jura ,les Alpes . Elle est partout en bancs horizontaux, quel-quefois fort épais, que l’on trouve très près de la surfacedu sol; on y a observé beaucoup de débris, comme despoteries, des médailles, des ustensiles qui prouvent sonorigine toute moderne, et la continuation de sa forma-tion à l’époque actuelle.

On peut distinguer deux variétés principales detourbe, qui correspondent à des états de décompositiondifférents : 1° la tourbe compacte qui est noire ou d’unbrun foncé ; on n’y distingue plus que çà et là de dé-bris reconnaissables de végétaux : 2° la tourbe herbacéequi est spongieuse et d’un brun clair; elle est entière-ment formée de débris reconnaissables de végétaux.

On exploite la tourbe au printemps, sous forme «le