CUiMliUSTIliI.ES.
COMBUSTIBLES.
Iriquettes, et un l’expose à l’air pendant l’été suivantpourladesséchcr. Cette dessiccation lui fait éprouver unretrait considérable qui varie «les 3/5 aux i/o.
La pesanteur spécifique de la tourbe est très variable,en raison de son état plus ou moins avancé de décom-position, de son état de siccité, et de la proportion decendres qu’elle renferme. Le poids du mètre cube estordinairement compris entre 250 et 400 kilogr.
La tourbe se rapproche beaucoup, par sa compositionet ses propriétés chimiques, du terreau. Elle renfermeordinairement une proportion considérable d 'ulmine,corps qui se dissout dans les alcalis caustiques, en lescolorant en brun foncé; les acides précipitent l’ulmiueen flocons noirs de cette dissolution.
AI. Régnault a trouvé la composition suivante à latourbe de Vulcaive, près Abbeville , qui est dans un étatd’altération très avancé. Ce combustible avait été préa-lablement desséché à 100°.
100,00
En comparant cette composition à celle des matièresligneuses non altérées ,• on voit que le carbone a beau-coup augmenté, et que l'hydrogène se trouve en excèstrès sensible par rapport à l’oxygène. Le pouvoir calo-rifique de cette tourbe, calculé d’après l’analyse précé-dente, serait égal à 4540. Mais il faut observer que latourbe perd le plus ordinairement de 15 à 30 p. 100 deson poids par dessiccation à 100", et que la proportiondes cendres est rarement aussi faible que dans la tourbeanalysée. On peut admettre que le pouvoir calorifiquede lu tourbe de bonne qualité est compris entre 3000 et3500.
Cendres. Les cendres que laisse la tourbe contiennentpresque toujours des sels alcalins, mais en proportionbeaucoup plus faible que celles du bois. Leur composi-tion, du reste, est variable en raison de la nature duterrain qui avoisine les gites tourbeux. Dans les payscalcaires, les cendres de la tourbe se composent presqueexclusivement de carbonate de chaux et d’argile, tandisqu’elles sont sableuses dans les contrées formées par desgrès ou des roches primitives. Quant à la proportion to-tale des cendres, elle est très variable, et elle atteintquelquefois 18 à 20 p. 100.
Les cendres de tourbe traitées par les acides donnentquelquefois une odeur d’hydrogène sulfuré. On y trouvesouvent du sulfate de chaux. C’est à la présence de lapyrite de fer dans les tourbes qu’il convient d’attribuerl’existence du soufre dans ces combustibles.
Les produits de la distillation de la tourbe sont assezanalogues à ceux du bois, mais on y trouve en outre del’ammoniaque. Leur odeur est beaucoup plus fétide quecelle produite par le bois, et cette circonstance diminuel’emploi de la tourbe pour les usages domestiques. Laproportion de charbon que laisse la tourbe à la distilla-tion est assez variable, mais elle est presque toujourssupérieure à celle que fournit le bois.
Charbon de tourbe. Le charbon que l’on fait avec latourbe est eu général tendre et friable, quand il ren-ferme peu de matières terreuses et compactes, et durquand il en contient beaucoup. Son poids est ordinaire-ment supérieur à celui du charbon de bois. Il brûle faci-lement eu produisant une légère flamme, mais sansodeur, ce qui permet de l’employer pour les usages do-mestiques. La proportion des cendres qu’il laisse est sou-vent très considérable, comme on pouvait s’y attendred’après la composition des tourbes.
La fabrication du charbon de tourbe par des procédéséconomiques, a présentéjusqu’à présent d’assez grandes
difficultés. Aussi, l’emploi de ce combustible est-ii en-core fort restreint.
comh uSTir.LES fossilks. On divise ordinairementles combustibles fossiles en trois grandes classes : le h*gyiite, la houille et Vnnthrarite. L’anthracite et la houilleappartiennent, par leur gisement, aux terrains de tran-sition et aux terrains secondaires; les lignites sont lescombustibles que l’on trouve dans les terrains tertiaires.
La majeure partie des houilles se trouve exploitéedans une formation qui forme la partie supérieure desterrains de transition, et qu’on appelle pour cette raison,la grande formationcarbonifère. Dans la partie inférieurede cette formation on n’a jamais rencontré qu’un com-bustible très sec, ne perdant que très peu de son poidspar la calcination, et qui porte le nom d.'anthracite. Lahouille proprement dite, se trouve dans l’étage supé-rieur qu’on désigne généralement sous le nom de ter-rain houillcr. Il y a aussi de l’anthracite dans le terrainhouiller, et meme dans les terrains secondaires, commecela se voit dans les Alpes .
Tous les combustibles fossiles, depuis les lignites jus-qu'à l'anthracite, sont évidemment le produit du dépôtet de l’altération de matières végétales. Dans les ligni-tes, dont la formation se rapproche le plus de l'époqueactuelle , on tvouve encore des parties qui présententdes traces d’organisation végétale, et qui lient ces com-bustibles au bois fossile et aux tourbes, tandis que d’au-tres lignites ont une grande analogie, par leur aspect,avec les houilles proprement dites. Dans cette sériede combustibles fossiles, il y a un passage graduel desmatières ligneuses à peine altérées jusqu’aux anthra-cites formées presque entièrement de carbone.
J’ai réuni dans le tableau suivant (voy. p. 891 ) les prin-cipaux résultats obtenus par AI. Régnault, dans un beautravail sur la composition des combustibles minéraux.
Tous les combustibles dont l’analyse se trouve dans cetableau avaient été desséchés préalablement à la tempéra-ture de !20 ü . L’anthracite et les houilles n’ont perdu ainsiqu’une quantité très peu notable d’eau hygrométrique. 11fautaussi faire remarquer que l’oxygèneetl’nzoteontétédosés ensemble dans les analyses précédentes. Or, il ré-sulte d’assez nombreuses expériences que la proportiond’azote des divers combustibles minéraux est toujoursà très peu près la même, et qu’elle se trouve compriseentre 1,50 et 2 p. 100 ; il est donc facile de faire la cor-rection.
L’examen de ce tableau conduit aux conséquencessuivantes :
On voit, comme on pouvait s’y attendre, que la pro-portion de charbon laissée par distillation est d’autantplus grande que le combustible renferme moins d'hy-drogène, d’oxygène et d’azote.
La propriété collante des houilles, c’est-à-dire la fa-culté qu’elles ont de se ramollir et de se coller sous l’ac-tion de la chaleur, dépend surtout du rapport entre l’hy-drogène et l’oxygène. Plus il y a d’hydrogène en excèssur l’oxygène, plus la houille est collante; quand la pro-portion d’hydrogène devient très considérable, commedans les bitumes, il ne reste presque pas de coke à ladistillation; presque tout le carbone sc volatilise à l’étatde carbure d’hydrogène.
Le pouvoir calorifique des combustibles désignéssous les noms d’anthracite, de houilles grasses et dures,et de houilles grasses maréchales est égal, sinon supé-rieur, à celui du carbone pur. A mesure qu’on se rappro-che des combustibles de l’époque actuelle, le pouvoircalorifique diminue rapidement; les lignites bitwnineu-qui font exception à cette règle, ne se trouvent qu’enpetite quantité par rapport aux autres combustibles.
Les usages auxquels on emploie les divers combusti-bles minéraux sont aussi en rapport avec leur composition chimique.
Les anthracites brûlent difficilement, avec une flamme